Une affaire de violences sexuelles impliquant un entraîneur de natation nîmois a pris un nouveau tournant avec le décès de Maevi, l’une des plaignantes, survenu le 15 juin 2026. Son compagnon, Olivier Pailloux, a annoncé ce lundi 22 juin se constituer partie civile dans cette procédure judiciaire. Selon BFM - Faits Divers, Maevi, 41 ans, avait porté plainte en novembre 2024 contre son ancien entraîneur pour des faits de viol et agressions sexuelles commis alors qu’elle était mineure, entre 1995 et 1999. Son décès, qualifié d’accidentel par son entourage, serait directement lié à un état dépressif consécutif à cette affaire.
Ce qu'il faut retenir
- Maevi, 41 ans, est décédée le 15 juin 2026 dans son sommeil, après avoir porté plainte en novembre 2024 contre un entraîneur de natation nîmois pour viol et agressions sexuelles.
- Son compagnon, Olivier Pailloux, s’est constitué partie civile le 22 juin 2026 pour défendre sa mémoire et poursuivre la procédure judiciaire.
- L’entraîneur, mis en examen en novembre 2025 pour sept victimes mineures entre 1994 et 2009, conteste l’ensemble des faits et l’instruction est toujours en cours.
- Les signalements dans cette affaire remontent à 2021, avec une alerte interne au Nautic Club nîmois, puis à septembre 2024, où la Fédération française de natation a transmis un dossier au parquet de Nîmes.
Une procédure judiciaire déclenchée par le témoignage de Maevi
Maevi, dont la famille a choisi de l’identifier par son seul prénom, avait déposé plainte en novembre 2024 pour des violences sexuelles subies entre ses 11 et 15 ans. Son témoignage avait, selon BFM - Faits Divers, encouragé d’autres victimes à s’exprimer. L’une d’elles, sous couvert d’anonymat, avait expliqué : « Grâce à elle, j’ai pu raconter ce que j’ai subi. Ça m’a permis de comprendre des choses que j’avais vécues dans ma vie. » Maevi avait également témoigné en novembre 2025 devant la justice pour expliquer sa démarche, déclarant : « Je souhaiterais la condamnation, la reconnaissance de mon statut de victime. »
Son compagnon, Olivier Pailloux, a publié un message sur Facebook pour honorer sa mémoire : « Je souhaite que Maevi ne soit pas un fait divers, je veux que sa mémoire soit honorée, je veux que les institutions prennent la mesure de ce que représentent les VSS (violences sexistes et sexuelles), une mort à petit feu. » Il a souligné que son décès était lié à un épuisement moral progressif, bien qu’il s’agisse d’un accident.
Un entraîneur mis en examen et une instruction toujours en cours
L’entraîneur incriminé, dont l’identité n’a pas été révélée, a été mis en examen en novembre 2025 pour viol ou agression sexuelle sur sept anciennes élèves mineures, entre 1994 et 2009. Il conteste formellement l’ensemble des accusations portées contre lui, comme l’a indiqué la procureure de la République de Nîmes, Cécile Gensac. Cette dernière a confirmé que « l’instruction est toujours en cours » dans cette affaire complexe, où les faits remontent à plusieurs décennies.
Les signalements dans ce dossier ne sont pas récents. Dès 2021, un membre du comité de direction du Nautic Club nîmois avait alerté le parquet après qu’un père de famille s’était plaint des propos tenus par l’entraîneur envers sa fille. Par ailleurs, en septembre 2024, la Fédération française de natation avait transmis un signalement au procureur de Nîmes dans le cadre de l’article 40 du Code de procédure pénale, obligeant les autorités à agir.
Le rôle clé de Maevi dans la libération de la parole des victimes
Son combat judiciaire a permis à d’autres victimes de briser le silence. Me Léna Baro, avocate de Maevi puis d’Olivier Pailloux, a salué son engagement : « Maevi a mené un combat plus qu’actif et a notamment permis à d’autres victimes d’être entendues. J’ose espérer que la juge d’instruction fera le nécessaire pour que ce dossier soit traité dans des délais raisonnables. » Une attente partagée par la procureure, qui a rappelé que l’instruction suit son cours, sans préciser de calendrier précis.
Les obsèques de Maevi sont prévues ce mercredi 24 juin à Nîmes. Son décès survient à un moment où les violences sexuelles sur mineurs font l’objet d’une attention accrue dans le débat public, notamment après la publication de recommandations par la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants).
Cette affaire rappelle l’importance des signalements précoces et du rôle des institutions dans la protection des mineurs. Les clubs sportifs, comme les fédérations, sont désormais soumis à une vigilance accrue, avec des procédures de contrôle renforcées pour éviter que de telles situations ne se reproduisent.
L’instruction, menée par la juge d’instruction en charge du dossier, devrait se poursuivre dans les prochains mois. Si les charges sont confirmées, l’entraîneur pourrait être renvoyé devant le tribunal correctionnel. La date de ce renvoi n’a pas encore été communiquée par la procureure de Nîmes.
En se constituant partie civile, Olivier Pailloux permet de défendre la mémoire de Maevi et de demander réparation pour son préjudice moral. Cela peut également ouvrir la voie à des dommages et intérêts, bien que la procédure pénale reste l’objectif principal.