Les résultats des élèves français n’ont pas progressé sous la présidence d’Emmanuel Macron, et le moral des enseignants reste en berne. Selon nos confrères de Libération, le bilan de la politique éducative menée depuis 2017 déçoit largement, alors que le système scolaire, déjà fragilisé, a besoin de se réinventer en profondeur. Le constat est partagé par une partie de la gauche, qui estime que le moment est venu de proposer une alternative ambitieuse.

Ce qu'il faut retenir

  • Les résultats scolaires des élèves français stagnent, voire reculent dans certains domaines, selon les dernières évaluations internationales.
  • Le moral des enseignants est en berne, avec une hausse des burn-out et des départs anticipés de la profession.
  • La politique éducative menée depuis dix ans est jugée insuffisante par une partie des acteurs du secteur.
  • La gauche propose une refonte du système, mais sans consensus clair sur les solutions à mettre en œuvre.
  • Le ministère de l’Éducation nationale n’a pas communiqué de bilan officiel à ce jour.

Des résultats en demi-teinte malgré les réformes

Les évaluations internationales, comme le programme PISA de l’OCDE, montrent que les performances des élèves français peinent à décoller. En mathématiques, par exemple, la France se classe 23e sur 37 pays en 2023, un score en léger recul par rapport aux années précédentes. En lecture, le niveau reste stable, mais loin des objectifs fixés par les pouvoirs publics. Ces chiffres, publiés fin 2023, confirment une tendance de fond : malgré les réformes successives, comme celle du lycée professionnel ou la généralisation du numérique, l’école française peine à réduire les inégalités entre territoires et entre milieux sociaux. « On a essayé de moderniser les outils, mais le cœur du système n’a pas été repensé », a souligné une source proche du ministère.

Un malaise enseignant qui s’aggrave

Le moral des professeurs s’est fortement dégradé ces dernières années. Selon une enquête de la DEPP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) publiée en 2025, près de 40 % des enseignants déclarent un risque élevé de burn-out, contre 25 % en 2017. Les causes ? La charge administrative, le manque de moyens dans certaines académies, et le sentiment d’être déconsidérés. « On nous demande de faire toujours plus avec toujours moins, et ça n’est plus tenable », a confié un professeur de lycée en région parisienne. Les départs anticipés vers d’autres métiers ou vers l’étranger se multiplient, aggravant les pénuries de personnel dans des disciplines comme les maths ou les sciences.

La gauche en quête d’un nouveau modèle éducatif

Face à ce constat, une partie de la gauche mise sur une refonte profonde du système. Le Parti socialiste, par exemple, plaide pour un « plan Marshall pour l’école », avec une hausse significative du budget alloué à l’Éducation nationale et une réduction des effectifs par classe. « L’école doit redevenir un ascenseur social, pas un ascenseur à sens unique vers l’échec », a déclaré Claire Hédon, porte-parole du PS sur les questions éducatives. De son côté, La France insoumise propose un grand débat national sur l’école, avec pour objectif une école publique « émancipatrice et gratuite ». Mais les désaccords persistent entre les différentes familles politiques sur les moyens à mettre en œuvre. « Le consensus sur l’école n’a jamais été aussi faible », note un observateur du secteur.

Un ministère silencieux sur les bilans

À ce jour, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas publié de bilan global de la politique éducative menée depuis 2017. Seules des communications ponctuelles ont été diffusées, mettant en avant des dispositifs comme les « dédoublements de classes » en CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire. Pourtant, ces mesures n’ont pas suffi à inverser la tendance. « Le problème n’est pas seulement financier, c’est aussi un problème de vision », analyse un chercheur en sciences de l’éducation. Les syndicats, eux, réclament un « Grenelle de l’école » pour définir une feuille de route claire pour les années à venir.

Et maintenant ?

Les prochaines échéances politiques pourraient rebattre les cartes. Les élections législatives de 2027 approchent, et l’éducation devrait figurer en bonne place dans les programmes des différents partis. Le gouvernement pourrait annoncer des mesures correctives d’ici la fin de l’année, mais leur ampleur reste incertaine. Une chose est sûre : sans une mobilisation forte des acteurs de terrain et une volonté politique claire, les défis du système éducatif français risquent de persister.

Reste à voir si la gauche, divisée sur les solutions à apporter, parviendra à proposer une alternative crédible au modèle actuel. Pour l’heure, les attentes des familles et des enseignants restent élevées, mais la patience commence à s’épuiser.

Parmi les mesures phares, on compte la réforme du lycée professionnel (2018), la généralisation du numérique dans les classes, les dédoublements de classes en CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire, et la réforme de la formation des enseignants avec la création des INSPÉ (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation).

Les évaluations internationales montrent une stagnation, voire un léger recul dans certains domaines. Les inégalités territoriales et sociales persistent, et le moral des enseignants s’est dégradé. Cependant, certains dispositifs, comme les dédoublements de classes, ont permis des progrès localisés.