Réalisé par Anthony Benna, « André is an idiot » sort en salles ce 1er juillet 2026 après avoir remporté le prix du public au festival du film de Sundance. Selon Franceinfo - Culture, ce documentaire suit les trois dernières années de vie d’André Ricciardi, un publiciste californien excentrique et provocateur, diagnostiqué d’un cancer du côlon de stade IV après avoir négligé une coloscopie de contrôle à 50 ans. Produit par la société A24, le film mêle humour noir, autodérision et témoignages poignants, transformant l’agonie en une œuvre à la fois drôle et salutaire.

Ce qu'il faut retenir

  • Un documentaire primé : « André is an idiot » a reçu le prix du public à Sundance 2026, salué pour son ton unique.
  • Un diagnostic tardif : André Ricciardi, publiciste, a été diagnostiqué d’un cancer du côlon de stade IV après avoir reporté sa coloscopie.
  • Un récit hybride : entre autobiographie, humour et témoignage médical, le film aborde la maladie avec une franchise déconcertante.
  • Des anecdotes rocambolesques : mariage blanc pour une carte verte, tricherie à un jeu télévisé, achat d’un pantalon de Kim Kardashian aux enchères… autant de péripéties qui jalonnent sa vie.
  • Une sortie nationale : distribué par Originals Factory, le film est visible en France depuis le 1er juillet 2026.

Un film né d’un diagnostic et d’un défi personnel

André Ricciardi, publiciste californien réputé pour ses campagnes provocantes pour Nike, eBay ou Google, a appris en 2020 qu’il était atteint d’un cancer du côlon de stade IV. La cause ? Il avait repoussé sa coloscopie de contrôle, prévue à 50 ans, par négligence. Conscient que la maladie était désormais incurable, il a demandé à son ami, le réalisateur Anthony Benna, de documenter ses trois dernières années. « L’inspiration de ce film vient directement de son sujet, André. C’était un créatif brillant, aux goûts éclectiques et doté d’un sens de l’humour mordant », a déclaré Benna, cité par Franceinfo - Culture.

Le projet, initialement conçu comme un journal intime, a évolué en un portrait aussi drôle que déchirant. Le premier plan du film donne le ton : André, face caméra, raconte avec une franchise désarmante une anecdote d’adolescent où il s’était blessé lors d’une séance de masturbation chez ses grands-parents. « La plus grosse bêtise de [ma] vie », commente-t-il avec une autodérision qui résume son caractère. — Côté humour, le film oscille entre Woody Allen et Steve Carell, avec des apartés face caméra qui rappellent les monologues de « Annie Hall ».

Des anecdotes qui dessinent un personnage hors norme

Le documentaire regorge d’histoires invraisemblables, reflétant la personnalité fantasque d’André. À 25 ans, il avait accepté un mariage blanc avec une barmaid canadienne, Janice, pour l’aider à obtenir une carte verte. Le couple, déjà engagé dans d’autres relations, a triché à l’émission Newlyweds (version américaine des Z’amours) pour remporter un voyage aux Caraïbes… où ils sont tombés amoureux pour de bon. Janice deviendra plus tard sa femme et la mère de ses deux filles.

D’autres projets farfelus émaillent sa vie : lire l’intégrale des crimes de Charles Manson à ses filles pour « les éduquer », acheter aux enchères un pantalon de Kim Kardashian pour le cloner, ou encore consulter un « death yell advisor » — un conseiller censé l’aider à trouver ses derniers mots. Autant de facettes qui ont forgé sa légende, jusqu’à ce que la maladie ne remette tout en perspective. « Dans la vie, on n’a le temps de devenir vraiment bon que dans une ou deux choses. Moi, j’ai choisi la publicité. Mais qu’est-ce qui ne va pas chez moi, putain ? Quel gâchis ! », lance-t-il dans le film, lucide sur ses excès.

Un film à double visage : rire et prévention

Si « André is an idiot » se distingue par son humour grinçant, il aborde aussi la maladie avec une franchise rare. Le documentaire montre, sans fard, l’état de santé d’André se dégrader au fil des années. Sa femme Janice, héroïne discrète du film, y tient un rôle central en tant qu’aidante. Leurs filles, ses parents et son meilleur ami livrent également leur témoignage, révélant l’impact de sa disparition progressive.

Pourtant, le film dépasse le simple récit de maladie. Il devient un appel à la prévention. André, conscient de sa responsabilité, a participé à des campagnes de sensibilisation sur le dépistage du cancer du côlon. « Ce film peut vous sauver la vie », a d’ailleurs souligné Kyan Khojandi, qui double André dans la version française. Une affirmation qui résume l’ambition du projet : transformer une expérience personnelle en message universel.

Un hommage posthume à un homme inoubliable

André Ricciardi est décédé en décembre 2023, sans savoir que son histoire deviendrait un film acclamé. Son ami Anthony Benna en a tiré un documentaire qui a conquis la critique et le public de Sundance. « Je pense qu’André nous transmet une leçon dans le film, et l’un des enseignements que j’en ai tirés est le suivant : meurs comme tu veux mourir », a expliqué le réalisateur dans une interview à la radio NPR.

Le film, d’une durée de 1h27, est distribué en France par Originals Factory. Avec une sortie nationale le 1er juillet 2026, il s’impose déjà comme un rendez-vous culturel incontournable pour ceux qui cherchent à rire, réfléchir et, peut-être, se soigner.

Et maintenant ?

La sortie en salles de « André is an idiot » pourrait relancer les débats sur le dépistage du cancer du côlon, un sujet encore tabou malgré sa fréquence. Les associations de prévention espèrent que le film, salué pour son approche décomplexée, incitera davantage de personnes à effectuer leurs examens de contrôle. D’ici la fin de l’été, le documentaire pourrait également être proposé en VOD ou en replay sur les plateformes culturelles, une diffusion qui prolongerait son impact. Reste à voir si les salles maintiendront le film à l’affiche au-delà des premières semaines.

Avec son mélange d’autodérision et de gravité, « André is an idiot » laisse une impression durable. Le film rappelle que la vie, même dans ses excès, mérite d’être vécue avec passion — et que certains rendez-vous médicaux ne devraient jamais être reportés.

Le film est sorti en France le 1er juillet 2026. Il est projeté dans plusieurs salles, avec une diffusion par Originals Factory. Une sortie en VOD ou en replay pourrait intervenir d’ici la fin de l’été, selon les annonces du distributeur.