L’ancien Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a été entendu en audition libre mi-juillet dans le cadre d’une enquête du parquet national financier (PNF) relative à l’affaire des statuettes offertes alors qu’il occupait ses fonctions entre 2002 et 2004. Cette information a été confirmée à news247.fr par Franceinfo – Politique, qui précise que l’audition a eu lieu à une date non communiquée mais située au cours de la deuxième quinzaine de juillet 2026.

Selon les éléments recueillis par la rédaction, Dominique de Villepin a restitué fin avril au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, situé au Quai d’Orsay à Paris, deux statuettes représentant Napoléon. Ces objets avaient été offerts au diplomate par deux personnalités : Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. La restitution fait suite aux révélations publiées dans l’émission « Complément d’enquête » diffusée sur France 2.

Ce qu’il faut retenir

  • Dominique de Villepin a été entendu en audition libre mi-juillet 2026 par le parquet national financier dans le cadre de l’enquête sur les statuettes.
  • Les objets concernés sont une statuette et un buste de Napoléon offerts alors qu’il était ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004.
  • Les cadeaux provenaient de Blaise Compaoré (président du Burkina Faso à l’époque) et de Gian Angelo Perrucci, homme d’affaires italien.
  • Dominique de Villepin a restitué les statuettes au Quai d’Orsay fin avril 2026, après les révélations de l’émission « Complément d’enquête ».
  • Robert Bourgi, présenté comme intermédiaire dans cette affaire, a également été entendu mi-juillet par le PNF.

Une enquête ouverte pour soupçons de trafic d’influence

L’enquête du parquet national financier porte spécifiquement sur les conditions dans lesquelles Dominique de Villepin a reçu et conservé ces objets, alors qu’il était en fonction. Comme l’avait indiqué le procureur financier Pascal Prache lors du lancement des investigations, les investigations visent à déterminer si ces cadeaux, offerts en tant que ministre, pouvaient constituer des avantages illégitimes ou des actes de corruption passive.

Dans une déclaration rapportée par Franceinfo – Politique, le procureur avait précisé que l’enquête cherchait à établir « les conditions dans lesquelles une statuette et un buste auraient été offerts à Dominique de Villepin, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004, puis conservés par celui-ci ». Aucune accusation formelle n’a pour l’heure été retenue contre l’ancien ministre, qui a été entendu en qualité de témoin assisté.

Le rôle de Robert Bourgi, figure centrale de l’affaire

Robert Bourgi, avocat et personnalité controversée du milieu politique franco-africain, a été entendu à son tour mi-juillet 2026 dans le cadre de cette enquête. Selon Franceinfo – Politique, il aurait servi d’intermédiaire entre les donateurs et Dominique de Villepin lors de l’offre des statuettes. Bourgi, connu pour ses liens avec plusieurs chefs d’État africains, a déjà été impliqué dans d’autres affaires politico-financières, notamment celle dite des « diamants de Bokassa ».

Contacté par la rédaction, un proche du dossier a confirmé à Franceinfo – Politique que Robert Bourgi avait bien été convoqué par le PNF dans cette affaire. Ni Bourgi ni Villepin n’ont, à ce stade, fait l’objet de mise en examen. Leur statut respectif dans le cadre de l’enquête reste celui de témoin assisté ou de témoin libre.

Un contexte politique et médiatique marqué par les révélations

La restitution des statuettes par Dominique de Villepin fin avril 2026 intervient après la diffusion, le 16 avril, d’un reportage dans « Complément d’enquête ». L’émission avait révélé l’existence de ces cadeaux, mettant en lumière les liens entretenus par l’ancien ministre avec des dirigeants africains et des hommes d’affaires étrangers. Les images montraient notamment une statuette et un buste de Napoléon, objets d’une valeur symbolique et historique.

Selon des sources proches du dossier citées par Franceinfo – Politique, Dominique de Villepin aurait gardé ces objets pendant plusieurs années avant de les restituer, une fois les révélations médiatiques rendues publiques. Cette restitution intervient alors que l’ancien Premier ministre, pressenti comme candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2027, tente de préserver son image publique.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes de l’enquête dépendront des éléments recueillis lors des auditions de Dominique de Villepin et de Robert Bourgi. Le parquet national financier pourrait, dans les prochains mois, décider d’engager des poursuites ou de classer l’affaire sans suite. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon des sources judiciaires citées par Franceinfo – Politique.

Par ailleurs, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la carrière politique de Dominique de Villepin, dont la candidature potentielle à la présidentielle de 2027 reste un sujet de spéculation médiatique. Aucun calendrier n’a pour l’instant été officiellement annoncé.

Cette enquête s’inscrit dans une série d’affaires politico-financières récurrentes en France, qui ont conduit à la création du parquet national financier en 2013. Depuis son lancement, le PNF a instruit de nombreux dossiers impliquant d’anciens responsables politiques, hommes d’affaires et intermédiaires.

Rappelons que Dominique de Villepin, figure majeure de la droite française, a occupé plusieurs postes ministériels avant de devenir Premier ministre sous la présidence de Jacques Chirac entre 2005 et 2007. Son nom a souvent été associé à des affaires diplomatiques et judiciaires, bien qu’il n’ait jamais été condamné dans le cadre de procédures pénales.

À ce stade, Dominique de Villepin n’a fait l’objet ni de mise en examen ni de poursuite. Il a été entendu en qualité de témoin assisté, ce qui lui permet de bénéficier de droits renforcés dans le cadre de l’enquête. Si le parquet national financier estime qu’il existe des éléments suffisants, il pourrait décider d’engager des poursuites pour corruption passive, trafic d’influence ou recel d’abus de biens sociaux. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026.