L'ancien ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a vivement critiqué, ce jeudi 18 juin 2026 sur les ondes de RTL, l'exploitation politique de la mort de Lyhanna par une partie des oppositions, qu'il accuse de « démagogie » et de « récupération électorale ». Selon BFM - Faits Divers, l'avocat pénaliste dénonce une instrumentalisation de la mort de cette fillette de quatre ans, dont le corps a été retrouvé en mars 2024 à Marseille après des violences sexuelles.
Interrogé sur les dysfonctionnements révélés dans cette affaire, Éric Dupond-Moretti estime que « l'État doit protéger tous ceux qui se trouvent sur le territoire national, mais on a entendu ces derniers jours beaucoup de choses, peut-être trop rapidement ». Il appelle à une réflexion « qui ne soit pas une réflexion démagogique », insistant sur la nécessité de ne pas céder à l'émotion. « Les cris sont légitimes quand ils viennent de la famille, mais pour le reste, les dirigeants politiques ont une obligation de regarder les choses dans le détail », a-t-il lancé.
Ce qu'il faut retenir
- L'ancien garde des Sceaux dénonce une « exploitation politicienne » de la mort de Lyhanna par l'opposition, évoquant une « démagogie » autour de ce drame.
- Il rappelle que la justice manque de moyens, mais souligne la nécessité d'une réflexion « objective et circonspecte » plutôt que émotionnelle.
- Dupond-Moretti critique spécifiquement La France insoumise, les socialistes, les Républicains et le Rassemblement national pour leur manque de propositions concrètes sur le budget de la justice.
- Il pointe du doigt la proposition de Marine Le Pen de recruter 18 000 magistrats, soulignant l'impossibilité de former autant de professionnels en sept ans.
- L'ancien ministre rappelle que son bilan à la Justice (2020-2024) a permis des avancées, malgré des moyens jugés insuffisants.
Une instrumentalisation politique condamnée
Éric Dupond-Moretti a fustigé ce jeudi « l'exploitation politique de la mort de cette petite fille », alors que plusieurs partis de l'opposition multiplient les critiques à l'encontre du gouvernement et des exécutifs précédents. Selon lui, « on aurait pu, comme le demandait la famille, ne pas instrumentaliser la mort de cette petite fille » et « respecter le temps de la compassion et du recueillement ». L'ancien ministre de la Justice, interrogé sur les responsabilités dans les dysfonctionnements révélés dans cette affaire, a appelé à une « réflexion qui ne soit pas sous l'empire de l'émotion ».
Pour l'avocat pénaliste, « les dirigeants politiques ont une obligation de regarder les choses dans le détail ». Il a ajouté : « Il y a un certain nombre de choses qu'il faut regarder objectivement, avec du temps et de la circonspection, en mettant tout le monde autour de la table ». Selon lui, « on ne peut pas faire en un claquement de doigts une espèce de révolution ».
Des critiques ciblées envers les partis politiques
Éric Dupond-Moretti a particulièrement visé les partis d'opposition, accusant certains de « hurler au manque de moyens » sans avoir jamais voté les budgets proposés par la Justice entre 2020 et 2024. « Ce n'est pas que je ne veux pas entendre que rien n'a été fait, je ne veux pas l'entendre de la part de ceux qui n'ont rien fait », a-t-il asséné. Il a rappelé que « ceux qui nous critiquent aujourd'hui parce qu'ils se servent de la mort de cette petite fille dans le cadre d'une campagne pour l'élection présidentielle feraient mieux de se taire ».
Concernant La France insoumise, il a souligné que le parti « hurle au manque de moyens » sans avoir jamais soutenu les budgets du ministère de la Justice. « Du côté des socialistes, pendant des années, on avait des budgets à 1 % sous Christiane Taubira (garde des Sceaux de 2012 à 2016) et Jean-Jacques Urvoas a parlé de clochardisation de la justice en 2016 », a-t-il rappelé. Quant aux Républicains, il a évoqué la réduction de 10 000 policiers sous Nicolas Sarkozy et un « nombre négatif de juges », faute de remplacer ceux qui partaient. Enfin, il a pointé du doigt le Rassemblement national, qu'il accuse d'être « au rendez-vous de la démagogie et de leur incompétence ».
« Les politiques du RN ont le chic pour se servir du cadavre d'une petite fille comme d'un marchepied », a-t-il lancé. Il a notamment critiqué la proposition de Marine Le Pen de recruter 18 000 magistrats, s'interrogeant : « Mais où est-ce qu'on les trouve ? Il faut sept ans pour former un magistrat, les écoles sont pleines, où est-ce qu'on va les chercher ? Comment ? »
Un bilan à défendre malgré les critiques
Alors que plusieurs voix politiques affirment que « rien n'a été fait » pour améliorer la protection des mineurs, Éric Dupond-Moretti a défendu son bilan. « J'entends les uns et les autres dire que rien n'a été fait, ce n'est pas vrai », a-t-il affirmé. Il a rappelé que des progrès avaient été réalisés malgré des moyens jugés insuffisants, insistant sur la nécessité de « regarder les choses objectivement ». « Je ne dis pas que les moyens sont suffisants, je dis que ceux qui nous critiquent aujourd'hui feraient mieux de se taire », a-t-il conclu.
L'ancien garde des Sceaux a également mis en garde contre une condamnation systématique de la justice, s'interrogeant : « S'il n'y a plus de justice, il y a quoi en remplacement ? La vengeance ? C'est ça qu'on veut comme système ? » Une question qui laisse planer un doute sur les conséquences d'une justice perçue comme défaillante.
La question reste entière : comment concilier urgence sécuritaire et réflexion de long terme dans un contexte politique marqué par l'émotion ? Une chose est sûre, la mort de Lyhanna a révélé des failles, mais aussi des divisions sur la manière de les combler.