Un décret publié au Journal Officiel ce samedi 13 juin 2026 précise les nouvelles règles encadrant la durée des arrêts de travail. Selon Libération, le premier arrêt maladie ne pourra désormais pas excéder un mois, tandis que sa prolongation sera limitée à deux mois. Ces mesures, qui entreront en vigueur le 1er septembre 2026, prévoient toutefois des exceptions pour les patients dont l'état de santé le justifie.
Ce qu'il faut retenir
- Le premier arrêt de travail sera limité à un mois à partir du 1er septembre 2026.
- Les prolongations d'arrêts ne pourront pas dépasser deux mois.
- Des exceptions sont prévues pour les cas médicaux graves ou spécifiques.
- Ces mesures s'appliqueront à l'ensemble des salariés du régime général.
Un cadre strict pour les arrêts maladie
Cette réforme, officialisée par un décret publié ce week-end, marque un tournant dans la gestion des arrêts de travail en France. Le texte, qui entrera en vigueur dans trois mois, impose des durées maximales pour les premiers arrêts, à savoir trente jours. Pour les prolongations, la limite est fixée à soixante jours, soit deux mois. Autant dire que les salariés devront justifier d'un état de santé particulièrement préoccupant pour dépasser ces délais. Les exceptions, bien que non détaillées dans le décret, concerneront vraisemblablement les maladies chroniques ou les affections nécessitant des soins prolongés.
D'après Libération, cette mesure s'inscrit dans une volonté de lutter contre les abus présumés tout en garantissant une prise en charge adaptée aux patients les plus fragiles. Le gouvernement a cependant rappelé que ces plafonds ne s'appliqueront pas de manière systématique : un médecin pourra toujours prolonger un arrêt au-delà de ces limites si l'état du patient le requiert.
Un impact sur les salariés et les entreprises
Les nouvelles règles pourraient avoir des répercussions sur deux fronts : celui des salariés, qui devront peut-être reprendre leur activité plus tôt que prévu, et celui des entreprises, confrontées à une gestion plus rigoureuse des absences. « Les employeurs devront s'adapter à ces nouvelles contraintes, notamment dans les secteurs où les remplacements sont difficiles à organiser », explique un expert en droit du travail contacté par Libération. Pour les salariés en arrêt long, le risque est double : une reprise prématurée de l'activité ou une exclusion du dispositif si leur état ne justifie pas une dérogation.
Côté finances, l'Assurance Maladie pourrait y trouver son compte. En limitant la durée des arrêts, l'État espère réduire les dépenses liées aux indemnités journalières. Selon les dernières estimations, les arrêts maladie coûtent chaque année plusieurs milliards d'euros à la Sécurité sociale. Bref, cette réforme pourrait s'inscrire dans une logique de maîtrise des dépenses publiques, même si son efficacité reste à prouver.
Les exceptions, un flou à clarifier
Le décret reste flou sur les critères exacts des exceptions. « Les maladies graves ou les affections de longue durée seront sans doute concernées, mais les détails seront précisés dans des circulaires ultérieures », indique un haut fonctionnaire du ministère du Travail. Les syndicats, eux, s'inquiètent déjà de potentielles restrictions qui pourraient pénaliser les travailleurs souffrant de pathologies moins visibles mais tout aussi invalidantes. « On craint une application trop stricte, qui ignorerait la diversité des situations individuelles », commente une représentante CFDT interrogée par Libération.
Pour l'heure, les professionnels de santé appellent à la prudence. « Un arrêt de travail ne se résume pas à une durée, mais à une nécessité médicale. Tant que les exceptions ne sont pas clairement définies, cette réforme risque de créer plus de confusion que d'efficacité », souligne un médecin généraliste. Les prochaines semaines seront donc cruciales pour déterminer comment ce texte sera appliqué dans la pratique.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte plus large de réforme du système de protection sociale, où l'équilibre entre droits des salariés et maîtrise des dépenses publiques reste un sujet de tension. Reste à voir comment ces nouvelles règles seront accueillies par les principaux concernés.
Non. Le décret publié au Journal Officiel concerne uniquement les salariés du régime général. Les travailleurs indépendants, relevant du régime des professions libérales ou des artisans, ne sont pas concernés par cette mesure. Leur couverture en cas d'arrêt maladie reste inchangée pour l'instant.