Le patron de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), Christian Sainte, a livré ce jeudi 16 avril 2026 une estimation précise du nombre de responsables à la tête du réseau criminel marseillais DZ Mafia. Selon ses déclarations, six à huit « têtes » dirigeraient cette organisation, dont la présence s’étend sur plus d’une dizaine de départements français.

D’après Le Figaro, Christian Sainte a détaillé devant les médias la structure de ce groupe, spécialisé dans le trafic de stupéfiants. Lors d’un entretien sur RTL, il a expliqué que l’organisation reposait sur une division claire entre les dirigeants et les exécutants, ces derniers étant « plusieurs centaines » à recevoir des missions via des canaux criminels, notamment les réseaux sociaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Entre six et huit dirigeants identifiés à la tête de la DZ Mafia, selon Christian Sainte, patron de la DNPJ
  • L’organisation est active dans plus d’une dizaine de départements français, selon les éléments recueillis par la police
  • Plus de 900 interpellations et 550 écrouements en deux ans, illustrant l’ampleur des opérations contre ce réseau
  • Les « soldats » du réseau, chargés des exécutions, seraient « plusieurs centaines », recrutés ponctuellement via des « boucles criminelles »
  • Les contrats vont du vol de véhicules à la commandite de meurtres, avec des rémunérations variant entre 2 000 et 5 000 euros
  • En 2025, deux milliards d’euros d’avoirs criminels ont été confisqués, sur un chiffre d’affaires annuel du narcotrafic estimé entre 7 et 10 milliards

Une structure criminelle en constante mutation

Christian Sainte a souligné devant les médias l’existence d’un renouvellement générationnel permanent au sein de la DZ Mafia. « En deux ans, on est à plus de 900 personnes interpellées et 550 écrouées », a-t-il rappelé, précisant que ces chiffres donnent « une image de ce que ça représente ». L’organisation parvient cependant à maintenir ses effectifs grâce à un phénomène de recrutement continu, qui permet de « réabonder » ses rangs en « soldats », selon ses termes.

Le directeur de la DNPJ a précisé que certains dirigeants étaient incarcérés, tandis que d’autres évoluaient encore en liberté, voire à l’étranger. « Nous les connaissons, nous les avons identifiés », a-t-il assuré, sans pour autant détailler les procédures en cours pour les appréhender. Cette structure décentralisée complique la tâche des forces de l’ordre, d’autant que les liens entre les différents niveaux hiérarchiques restent souvent difficiles à établir.

Des missions variées et des rémunérations modestes

La DZ Mafia s’appuie sur un réseau d’exécutants, recrutés ponctuellement pour des tâches précises. Selon Christian Sainte, ces « soldats » reçoivent des instructions via des canaux numériques, notamment des boucles criminelles ou des groupes fermés sur les réseaux sociaux. Les missions vont du vol de véhicules à la surveillance, en passant par l’élimination physique d’ennemis ou de rivaux.

Les rémunérations versées à ces petites mains sont « variables, mais ce n’est jamais très élevé », a-t-il expliqué. Pour un règlement de comptes, un exécutant peut toucher entre 2 000 et 5 000 euros, selon l’ampleur de la tâche. Ces sommes, bien que modestes au regard des profits générés par le trafic de drogue, suffisent à attirer des profils en quête de revenus rapides, souvent dans des quartiers défavorisés.

Un chiffre d’affaires colossal et des réseaux de corruption

Le narcotrafic, pilier de l’activité de la DZ Mafia, génère un chiffre d’affaires annuel estimé entre 7 et 10 milliards d’euros en France, selon les estimations de la police judiciaire. En 2025, les autorités ont réussi à confisquer deux milliards d’euros d’avoirs criminels, un record qui témoigne des efforts menés pour démanteler les circuits financiers de ces organisations.

Cependant, ces profits colossaux permettent aussi à la DZ Mafia de corrompre des acteurs extérieurs, qu’ils soient issus de l’administration ou du secteur privé. « Cela permet de corrompre un certain nombre de personnes », a reconnu Christian Sainte, sans préciser l’ampleur de ce phénomène. Cette infiltration des institutions constitue l’un des défis majeurs pour les autorités, qui tentent de démanteler ces réseaux sans affaiblir les structures de l’État.

Une organisation tentaculaire et difficile à démanteler

La DZ Mafia, originaire de Marseille, étend son influence bien au-delà de la cité phocéenne. Selon les éléments recueillis par la police, l’organisation est présente sur « plus d’une dizaine de départements », où elle contrôle des points de deal et participe à l’exécution de « contrats ». Sa capacité à s’adapter et à recruter en fait une cible mouvante pour les forces de l’ordre.

Les interpellations en série, bien que massives, n’ont pas suffi à éradiquer le réseau. Comme l’a souligné Christian Sainte, le renouvellement des effectifs et l’utilisation de technologies de communication cryptées rendent les enquêtes complexes. Les autorités misent désormais sur des collaborations internationales et des techniques d’infiltration pour remonter jusqu’aux dirigeants encore en liberté.

Et maintenant ?

Les prochains mois devraient voir se multiplier les opérations ciblées contre les responsables encore en liberté, notamment ceux qui opèrent depuis l’étranger. Les autorités pourraient également renforcer les contrôles sur les canaux de recrutement numériques, souvent utilisés pour contacter les exécutants. Une date clé à surveiller : l’examen en juin 2026 de plusieurs dossiers judiciaires liés à des règlements de comptes attribués à la DZ Mafia, qui pourraient révéler de nouveaux éléments sur son fonctionnement.

Dans un contexte où les tensions internationales pèsent sur les moyens alloués à la lutte contre la criminalité, la DZ Mafia pourrait tirer parti des failles pour étendre son emprise. Reste à savoir si les services de police parviendront à inverser la tendance avant que le réseau ne gagne en puissance.

La DZ Mafia est un réseau criminel marseillais spécialisé dans le trafic de stupéfiants. Selon les autorités, il s’agit d’une organisation structurée, divisée entre dirigeants et exécutants, avec une présence active dans plusieurs départements français.

Christian Sainte, patron de la DNPJ, a indiqué que les dirigeants étaient « identifiés » grâce aux enquêtes menées par les services de police. Certains sont incarcérés, d’autres en liberté ou à l’étranger. Les techniques d’infiltration et de surveillance jouent un rôle clé dans ces identifications.