Lors d’un meeting à Aubervilliers, le co-président de Place Publique Raphaël Glucksmann a réaffirmé ses engagements phares pour la rentrée politique, plaçant « sauver l’école publique » au cœur de ses priorités. Selon BFM Politique, l’eurodéputé a détaillé ses propositions économiques et sociales, tout en abordant des sujets de société comme l’affaire Lyhanna ou la situation en Ukraine.

Ce qu'il faut retenir

  • Taxation des super-successions et des plus hauts patrimoines pour financer les services publics, dont l’école.
  • Promesse de rendre à la France et à l’Europe leur souveraineté énergétique, industrielle et technologique.
  • Fin de « la religion du libre-échange généralisé » et accès pour plus d’un million de Français à une voiture électrique.
  • L’affaire Lyhanna, dont la mort est qualifiée de « faillite collective », a été évoquée lors du meeting.
  • Un député LR propose la création d’un fichier national des agresseurs sexuels, une piste étudiée depuis six mois.

L’école publique au centre des propositions de Raphaël Glucksmann

Raphaël Glucksmann a ouvert son discours en insistant sur la nécessité de « sauver l’école publique », un thème central de son engagement politique. Selon BFM Politique, il a déclaré : « Nous imposerons au cœur des débats la taxation des super-successions et des plus hauts patrimoines ». Cette mesure, selon lui, permettrait de dégager des ressources pour moderniser les établissements scolaires et améliorer les conditions d’enseignement.

L’eurodéputé a également souligné l’urgence de réformer les politiques économiques, évoquant la fin de « cette religion absurde du libre-échange généralisé ». Pour lui, cette approche a affaibli les industries françaises et européennes, appelant à une relocalisation partielle des productions stratégiques.

Souveraineté et transition écologique : deux axes majeurs

Parmi les engagements les plus marquants, Raphaël Glucksmann a promis de « rendre sa souveraineté énergétique, industrielle et technologique à la France et à l’Europe ». Il a évoqué la nécessité de développer des filières autonomes dans les secteurs clés, comme les semi-conducteurs ou les énergies renouvelables. Autant dire que cette orientation vise à réduire la dépendance aux importations, notamment en provenance de Chine ou des États-Unis.

Sur le plan écologique, il a annoncé un plan ambitieux pour « permettre à plus d’un million de Français d’avoir accès à une voiture électrique ». Cette mesure s’inscrit dans la transition vers une mobilité décarbonée, avec des aides financières et un développement des infrastructures de recharge. Pour l’eurodéputé, il s’agit d’une étape vers une société moins dépendante des énergies fossiles.

L’affaire Lyhanna : un drame qui interroge la réponse politique

L’affaire Lyhanna, jeune femme victime d’un féminicide en 2025, a été abordée par Raphaël Glucksmann lors de son meeting. Il a qualifié la mort de l’adolescente de « conséquence d’une faillite collective », pointant du doigt les lacunes dans la protection des victimes de violences sexistes et sexuelles. Selon lui, une « solution est sur la table depuis six mois » : la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qu’il appelle de ses vœux.

Cette prise de parole s’inscrit dans un contexte où la pression politique autour de ce dossier reste forte. Des élus locaux, comme celui du Rassemblement national ayant brandi un crucifix lors d’un conseil municipal, ont contribué à alimenter le débat. Cependant, Glucksmann a recentré le discours sur les mesures concrètes, comme la création d’un fichier national des agresseurs sexuels, proposée par un député LR.

L’Ukraine et l’Europe : entre solidarité et réalisme géopolitique

Sur la scène internationale, Raphaël Glucksmann a rappelé que « l’Ukraine n’est qu’une étape, nous sommes les véritables cibles ». Une formule qui souligne, selon lui, la nécessité pour l’Europe de renforcer sa défense face aux menaces extérieures, notamment russes. Il a insisté sur l’importance de maintenir un soutien militaire et humanitaire à Kiev, tout en préparant l’Union européenne à des scénarios de crise prolongée.

Cette position s’inscrit dans la continuité de ses prises de parole précédentes, où il a souvent dénoncé les faiblesses stratégiques de l’Europe. Pour lui, la guerre en Ukraine n’est pas seulement un conflit régional, mais le signe d’une confrontation plus large entre démocraties et régimes autoritaires.

Et maintenant ?

Les propositions de Raphaël Glucksmann devraient être détaillées dans les prochains mois, notamment dans le cadre des débats sur le budget 2027 ou les négociations européennes. La mise en œuvre de la loi contre les violences sexistes et sexuelles, évoquée depuis six mois, pourrait être accélérée sous la pression médiatique et associative. Enfin, la question de la souveraineté industrielle et technologique devrait rester au cœur des discussions, alors que la France prépare les élections européennes de 2029.

Reste à voir si ces engagements se traduiront par des actes concrets. Pour l’instant, les réactions des autres forces politiques, notamment de la majorité présidentielle et de l’opposition, restent attendues. La prochaine étape pourrait être un débat parlementaire sur la taxation des patrimoines, un sujet déjà source de tensions.

Selon Raphaël Glucksmann, la taxation des super-successions et des plus hauts patrimoines permettrait de financer la rénovation des établissements scolaires et l’amélioration des conditions d’enseignement. Il n’a pas détaillé de mesures spécifiques, mais a insisté sur la nécessité de dégager des ressources publiques pour ce secteur.