Un pan de falaise de quelque 2 000 mètres cubes s’est effondré mercredi 24 juin en fin de journée à Biarritz, emportant dans sa chute un couple de pêcheurs sous-marins dont seul le corps de la femme, âgée de 33 ans, a pu être retrouvé. Son compagnon, âgé de 34 ans, reste porté disparu après que des drones subaquatiques ont pris le relais des plongeurs pour élargir les recherches, selon BFM - Faits Divers.

Ce qu'il faut retenir

  • Un éboulement d’environ 2 000 m³ s’est produit vers 20h20 mercredi 24 juin près du phare de Biarritz, en plein cœur de la ville balnéaire.
  • Une femme de 33 ans a été retrouvée sans vie, tandis que son compagnon de 34 ans reste porté disparu, les recherches se poursuivant à l’aide de drones subaquatiques.
  • Les autorités ont interdit l’accès à la plage et évacué la promenade surplombant la falaise, en raison de craquements persistants et de risques d’effondrements supplémentaires.
  • Un troisième homme, présent au moment du drame, a été retrouvé indemne mais en état de choc.
  • Les éboulements récurrents sur ce littoral basque illustrent l’érosion accélérée du trait de côte, menaçant plusieurs milliers de logements et commerces d’ici 2050.

Un effondrement spectaculaire en pleine saison touristique

Vers 20h20 mercredi, un pan de falaise d’environ 2 000 mètres cubes s’est détaché brutalement aux abords du phare de Biarritz, en plein cœur de la cité balnéaire. L’événement s’est produit alors que la plage voisine du Miramar était bondée, sous des températures ayant dépassé les 40 °C dans la région. « On a entendu un bruit très sourd, comme un coup de tonnerre », a témoigné Vincent Pariset, un réceptionniste de 45 ans qui se trouvait sur son paddle avec sa fille. « On s’est retournés et on a vu un pan de la falaise s’effondrer, avec de l’eau qui giclait en l’air, créant une vague instantanément », a-t-il ajouté, décrivant un spectacle aussi soudain qu’impressionnant.

Marie Burkel, une graphiste de 32 ans venue se baigner sur la plage du Miramar, a confirmé que ce lieu était habituellement un spot prisé pour admirer le coucher de soleil. « On se posait souvent ici pour le coucher de soleil à l’endroit où la roche est tombée, et on ne se serait jamais dit que la falaise pouvait s’effondrer », a-t-elle confié à l’AFP. L’ampleur du phénomène a surpris les témoins, alors que les températures caniculaires aggravaient les risques d’érosion côtière déjà documentés dans la région.

Des recherches suspendues puis relancées sous haute surveillance

Les opérations de secours ont débuté immédiatement après l’effondrement. Vers 22h45 mercredi, les plongeurs ont dû interrompre leurs recherches en raison de l’obscurité, de la fragilité persistante de la falaise et de la mauvaise visibilité sous l’eau. Le capitaine des pompiers Bernard Leugé, qui codirigeait les opérations, a indiqué à la presse que le corps de la victime avait été retrouvé peu avant cette interruption. Une palme et un harpon lui appartenant ont également été récupérés sur les lieux.

Jeudi 25 juin au matin, douze plongeurs supplémentaires ont été déployés, accompagnés d’un drone subaquatique, d’un jet-ski et d’un conseiller technique. Cependant, en raison de craquements persistants et d’éboulements encore observés dans la nuit, les autorités ont décidé de reculer la zone de recherche à 100 mètres de la falaise pour éviter tout risque pour les sauveteurs. « Les drones subaquatiques du SDIS 64 prennent le relais des plongeurs dans la zone du rocher », a précisé Bernard Leugé. Les secours ignorent pour l’heure si le corps du disparu se trouve sous les décombres ou s’il a été emporté par les courants.

Un troisième témoin en état de choc, la falaise sous haute tension

Un troisième homme, présent au moment du drame avec le couple disparu, a été retrouvé indemne mais fortement choqué. « Il était tout groggy, selon Vincent Pariset. Il peinait à parler et a juste dit aux sauveteurs que les deux autres étaient là-bas. On a essayé d’y aller à la rame, mais on a vu qu’on ne servait pas à grand-chose. » La préfecture des Pyrénées-Atlantiques a confirmé son état, précisant qu’il ne présentait aucune blessure physique.

Face à l’ampleur des risques, le maire de Biarritz, l’ancienne légende du rugby Serge Blanco, a rappelé l’importance de respecter les consignes de sécurité. « Il faut que les gens prennent conscience qu’il ne faut pas aller au-delà des interdictions », a-t-il souligné, évoquant une « fatalité » qui « plonge tout Biarritz dans une vision d’horreur ». Un vieux panneau « Zone dangereuse » est toujours accroché au-dessus de l’entrée de la plage Bernain menant au phare, avec l’avertissement : « Éboulements permanents au-delà de ce panneau – Accès interdit ». Pourtant, selon plusieurs témoins, ces consignes étaient régulièrement ignorées.

Une falaise sous surveillance depuis des années

Serge Blanco a rappelé que la fragilité du trait de côte est connue depuis 2018, date à laquelle des éboulements similaires avaient déjà été observés. « Depuis 2018, on sait que le trait de côte travaille, c’est la nature », a-t-il expliqué. Dès mercredi, il a pris un arrêté interdisant l’accès, la baignade et la navigation dans un périmètre de 300 mètres autour de la falaise, une mesure prise pour éviter tout nouveau drame. Une association locale de protection de cette falaise, qui s’étend de Miramar à la plage de la Chambre d’Amour à Anglet, avait déjà alerté sur d’autres effondrements en juin 2018 et avril 2008.

L’érosion côtière touche l’ensemble du littoral atlantique, de la Charente-Maritime au Pays basque. Selon les projections, plusieurs milliers de logements et commerces pourraient être menacés d’ici 2050 si aucune mesure d’envergure n’est prise. Plus au nord, la station landaise de Biscarrosse a également subi un important éboulement cet hiver sur sa promenade surplombant les dunes, rappelant l’urgence d’agir face à ce phénomène climatique.

Et maintenant ?

Les recherches doivent se poursuivre dans les prochains jours avec les drones subaquatiques, dont les capacités de détection pourraient permettre de localiser le corps du disparu ou d’identifier sa trajectoire sous-marine. Les autorités locales devraient maintenir les restrictions d’accès à la zone, tandis que des expertises géologiques devraient être menées pour évaluer la stabilité de la falaise. Une réunion de crise est attendue en fin de semaine pour faire un point sur les mesures à renforcer, notamment en matière de prévention et d’information du public.

Le drame de Biarritz rappelle aussi l’urgence d’agir face à l’érosion côtière, un enjeu qui dépasse largement les frontières de la ville basque. Plusieurs associations et élus locaux réclament depuis des années des plans d’adaptation ambitieux, incluant des mesures de protection des habitations et des infrastructures menacées. Reste à voir si ces événements serviront de catalyseur pour une prise de conscience collective et une mobilisation à l’échelle nationale.

L’effondrement est principalement lié à l’érosion naturelle du trait de côte, un phénomène accéléré par les conditions météorologiques extrêmes, comme les températures caniculaires observées ces derniers jours. La falaise, composée de roches friables, est également soumise à une pression constante des vagues et des marées, ce qui fragilise sa structure sur le long terme. Selon les experts locaux, des épisodes d’éboulements similaires avaient déjà été signalés en 2008 et 2018.

Dès mercredi soir, les autorités ont interdit l’accès à la plage et évacué la promenade surplombant la falaise en raison des risques persistants d’effondrements. Un périmètre de 300 mètres autour de la zone a été bouclé, et des drones subaquatiques ont été déployés pour poursuivre les recherches du disparu. Le maire de Biarritz, Serge Blanco, a également annoncé la mise en place d’un arrêté municipal renforçant les restrictions d’accès et de baignade dans le secteur.