Des affrontements violents entre détenus de deux gangs rivaux de trafiquants de drogue ont fait au moins 19 morts, dont quatre gardiens, et plus de 100 blessés dans une prison du Sri Lanka. Selon Euronews FR, ces violences, survenues dans l’enceinte de la prison de Negombo au nord de Colombo, constituent la plus grave mutinerie carcérale enregistrée dans le pays depuis plus de cinq ans.
Ce qu'il faut retenir
- 19 morts, dont quatre gardiens, et plus de 100 blessés, selon les autorités sri-lankaises (Euronews FR)
- Affrontements nocturnes entre détenus appartenant à deux bandes rivales de trafiquants de drogue
- 19 corps et plus de 100 victimes (detenus et gardiens) transférés à l’hôpital de Negombo
- La prison de Negombo accueillerait près de 10 000 détenus, dans un établissement conçu pour une capacité bien inférieure
- En décembre 2020, des émeutes dans une autre prison avaient fait 11 morts et 117 blessés
- Les prisons sri-lankaises comptaient 41 250 détenus dimanche, soit quatre fois leur capacité théorique
Des heurts nocturnes dégénèrent en mutinerie meurtrière
Les violences ont éclaté dimanche soir dans la prison de Negombo, située à une quarantaine de kilomètres au nord de la capitale Colombo. Les affrontements, opposant des membres de deux gangs de trafiquants de drogue, se sont prolongés jusqu’aux premières heures de la matinée, avant de reprendre avec une intensité accrue en début de journée de lundi. Selon un responsable de la police cité par l’AFP, « quatre gardiens ont été tués alors qu’ils tentaient de mettre fin à la mutinerie ». La situation a finalement été maîtrisée par les autorités, mais au prix d’un lourd bilan humain.
Parmi les victimes, certaines présentaient des blessures par balles, a indiqué la directrice de l’hôpital de Negombo, Pushpa Gamlath. Cet établissement public a reçu 19 corps ainsi que plus de 100 détenus et gardiens blessés, selon ses déclarations à l’AFP. « Certaines victimes présentent des blessures par balles », a-t-elle précisé, confirmant l’usage d’armes à feu lors des affrontements.
Un établissement surpeuplé et des tensions récurrentes
La prison de Negombo, l’une des plus grandes du pays, serait en réalité conçue pour accueillir un nombre bien inférieur de détenus. Selon les chiffres officiels, les prisons sri-lankaises comptaient dimanche 41 250 détenus, soit environ quatre fois leur capacité théorique. Ce surpeuplement chronique favorise les tensions entre gangs et complique la gestion des établissements par les autorités.
Cette situation n’est pas inédite. En décembre 2020, des émeutes dans une autre prison du pays, survenues en pleine pandémie de COVID-19, avaient déjà causé la mort de 11 détenus et fait 117 blessés. Face à l’ampleur de la crise, le gouvernement avait alors libéré des centaines de prisonniers pour tenter de désengorger les établissements. Malgré ces mesures, la surpopulation carcérale persiste, alimentant un climat de violence endémique.
Réactions et mesures prises par les autorités
Dès les premiers signes de dégradation, des commandos spéciaux de la police ont été mobilisés sur les lieux. Cependant, ces unités n’ont pas été déployées à l’intérieur de la prison, où les affrontements se poursuivaient. Des drones ont été mis en service pour surveiller la situation depuis les airs, tandis que des riverains ont rapporté avoir entendu des coups de feu pendant plusieurs heures. De nombreux proches de détenus se sont rassemblés devant l’établissement, certains manifestant leur inquiétude ou leur colère face à l’incapacité des autorités à éviter ce drame.
Les autorités n’ont pas encore communiqué de détails supplémentaires sur les circonstances exactes des affrontements, ni sur les mesures envisagées pour prévenir de nouvelles violences. Interrogée par l’AFP, la directrice de l’hôpital de Negombo a confirmé que l’établissement était en mesure de prendre en charge les victimes, mais n’a pas précisé si d’autres transferts étaient nécessaires. « La situation a dégénéré ce matin », a souligné un responsable de la police, confirmant la reprise des violences après une relative accalmie nocturne.
Dans l’immédiat, la priorité reste la stabilisation de la prison de Negombo et la prise en charge des victimes. Les proches des détenus, dont certains pourraient être impliqués dans les gangs rivaux, sont sous haute tension, tandis que les autorités tentent de rétablir un climat de confiance. Reste à savoir si ces événements provoqueront des mesures concrètes pour améliorer les conditions de détention ou si, comme par le passé, ils seront rapidement oubliés une fois l’émotion retombée.
Les autorités ont annoncé le lancement d’une enquête interne au sein de l’administration pénitentiaire pour identifier les dysfonctionnements ayant conduit à cette mutinerie. Une commission spéciale pourrait également être créée pour évaluer les conditions de détention et proposer des réformes structurelles. Aucune date précise n’a encore été communiquée pour la publication des conclusions.