Le Global Wealth Report 2026, publié le 27 mai 2026 par le cabinet de conseil Boston Consulting Group (BCG), révèle une concentration accrue des richesses en Allemagne, où quelque 5 000 super-riches détiennent désormais 27,3 % de l’ensemble des actifs financiers du pays. Selon Euronews FR, cette tendance s’inscrit dans un contexte de croissance mondiale des patrimoines privés, portée par des marchés boursiers solides et une inflation modérée en Europe.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, le patrimoine financier privé mondial a progressé de 7,4 %, contre une inflation inférieure à 3 % dans les principales économies. En Allemagne, l’inflation s’est établie à 2,2 %.
  • Le patrimoine financier total allemand atteignait 23,3 billions de dollars fin 2025, dont plus de la moitié investie dans l’immobilier et d’autres actifs tangibles.
  • 5 000 Allemands possèdent un patrimoine financier supérieur à 100 millions de dollars, soit 1 100 de plus qu’en 2024. À l’échelle mondiale, on dénombre près de 97 000 super-riches, dont plus d’un tiers résident aux États-Unis.
  • Les 769 000 millionnaires allemands (patrimoine entre 1 et 100 millions de dollars) détiennent 25,5 % des actifs financiers, un chiffre inférieur à celui des seuls super-riches. 66 millions d’Allemands possèdent moins de 250 000 dollars de patrimoine financier.
  • Environ un tiers du patrimoine financier allemand reste placé en liquidités ou comptes d’épargne, tandis que 25 % sont investis dans des assurances-vie et retraites.
  • Le gouvernement fédéral pourrait devoir revoir sa fiscalité sur les grandes fortunes pour financer un vaste paquet de réformes, alors que le SPD et des responsables de la CDU/CSU plaident pour des prélèvements accrus.

Une croissance mondiale des patrimoines, mais des inégalités qui s’aggravent

Selon le rapport du BCG, le patrimoine financier privé mondial a progressé de 7,4 % en 2025, un rythme bien supérieur à l’inflation, limitée à 2,9 % en moyenne dans les grandes économies. En Allemagne, l’inflation est restée contenue à 2,2 %, mais la croissance des patrimoines y est moins dynamique qu’ailleurs en Europe de l’Ouest. Euronews FR souligne que cette progression est principalement portée par la performance des marchés actions, qui ont bénéficié d’un environnement économique relativement stable.

Le patrimoine financier total allemand a atteint 23,3 billions de dollars fin 2025, avec une répartition marquée par la prédominance de l’immobilier. Plus de la moitié des actifs sont en effet investis dans des actifs tangibles, une particularité du marché allemand où l’épargne immobilière reste une valeur refuge. Cette tendance reflète également une culture financière encore peu orientée vers les marchés de capitaux, un point souligné par le BCG dans son analyse.

Les super-riches allemands, principaux bénéficiaires de la concentration des richesses

Le BCG définit comme « super-riches » les individus dont le patrimoine financier dépasse 100 millions de dollars. En Allemagne, leur nombre a augmenté de 1 100 personnes en un an, portant le total à 5 000 individus. À l’échelle mondiale, ce groupe représente 97 000 personnes, dont 35 % résident aux États-Unis, où les inégalités de richesse sont également très marquées. Euronews FR rappelle que cette concentration s’explique par la capacité des ultra-riches à diversifier leurs investissements dans des actifs à haut rendement, comme les actions ou le capital-investissement, ce qui accélère mécaniquement l’accumulation de capital.

Les données du BCG révèlent une disparité frappante : les 5 000 super-riches allemands détiennent à eux seuls 27,3 % du patrimoine financier national. En comparaison, les 769 000 millionnaires (patrimoine entre 1 et 100 millions de dollars) possèdent 25,5 % de ce patrimoine, soit un pourcentage inférieur à celui des seuls ultra-riches. À l’autre extrémité de l’échelle, 66 millions d’Allemands disposent d’un patrimoine financier inférieur à 250 000 dollars, illustrant l’ampleur des écarts de richesse dans le pays.

« La concentration du patrimoine tout en haut de l’échelle continue de s’accroître. Les personnes les plus aisées peuvent diversifier davantage leurs avoirs et investir plus massivement dans des classes d’actifs à haut rendement, ce qui accélère structurellement l’accumulation de patrimoine. »

— Michael Kahlich, associé chez BCG, cité par Der Spiegel

Des placements encore très liquides et des défis structurels pour l’économie allemande

Malgré une légère tendance à la baisse, environ un tiers du patrimoine financier allemand reste immobilisé en liquidités ou comptes d’épargne, à terme ou courants. Euronews FR précise que 25 % des actifs sont également placés dans des assurances-vie et des retraites, reflétant une préférence des épargnants pour la sécurité. Cette répartition contraste avec les stratégies d’investissement des super-riches, qui privilégient des actifs plus rémunérateurs mais aussi plus risqués.

Le rapport du BCG met également en lumière les défis structurels auxquels l’Allemagne est confrontée. La croissance du patrimoine net allemand devrait, selon les projections, rester inférieure à la moyenne ouest-européenne et mondiale. Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique : une économie largement stagnante, un changement démographique marqué par un vieillissement de la population, et une productivité en progression limitée. Ces éléments soulignent la nécessité de réformes structurelles pour stimuler l’innovation et la compétitivité du pays.

Un débat fiscal qui s’intensifie au sein de la coalition gouvernementale

Les nouvelles données du BCG interviennent alors que le gouvernement fédéral allemand est en pleine réflexion sur le financement d’un vaste paquet de réformes. Après que le SPD a initialement plaidé pour une hausse de la fiscalité sur les grandes fortunes, des responsables de la CDU/CSU, dont le ministre-président de Saxe Michael Kretschmer, ont récemment indiqué leur ouverture à des prélèvements accrus sur les patrimoines les plus élevés. Euronews FR souligne que ce débat s’inscrit dans un contexte où les inégalités de richesse, déjà fortes, risquent de se creuser davantage d’ici 2030, selon les projections du BCG.

La question d’une taxation plus progressive des ultra-riches pourrait donc devenir un enjeu central des prochaines discussions parlementaires. Les données du Global Wealth Report 2026 fournissent ainsi des arguments supplémentaires aux partisans d’une réforme fiscale ambitieuse, alors que le gouvernement cherche à concilier équité sociale et équilibre budgétaire.

Et maintenant ?

Les projections du BCG laissent entrevoir une poursuite de la concentration des richesses en Allemagne d’ici 2030, à moins que des mesures politiques ne viennent inverser la tendance. Pour les experts, la clé réside dans la stimulation de la croissance économique et l’encouragement des ménages à investir davantage dans les marchés de capitaux, une culture encore peu développée Outre-Rhin. Les prochains mois devraient être décisifs, avec l’examen des propositions fiscales au Bundestag et les décisions budgétaires qui en découleront.

Une chose est sûre : le débat sur les inégalités de richesse, déjà vif, ne manquera pas de s’amplifier à l’approche des prochaines élections fédérales.

Pour le BCG, les « super-riches » (ou « ultra high net worth individuals ») sont des individus dont le patrimoine financier dépasse 100 millions de dollars. En Allemagne, ils sont environ 5 000 en 2026, contre 3 900 en 2024.

Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique : une économie stagnante, un vieillissement démographique marqué et une productivité en berne. De plus, la culture des marchés de capitaux reste moins développée qu’ailleurs en Europe de l’Ouest, limitant les opportunités d’investissement à haut rendement pour les ménages.