Le parti populiste et anti-immigration One Nation, dirigé par Pauline Hanson, pourrait s’imposer comme la deuxième force politique en Australie, selon Le Monde. Longtemps marginalisée par les autres formations, cette formation pourrait devancer les conservateurs libéraux et devenir un acteur clé du paysage politique national.

Ce qu'il faut retenir

  • Le parti One Nation, dirigé par Pauline Hanson, pourrait devenir la deuxième force politique en Australie
  • Cette montée s’inscrit dans un contexte de montée des discours anti-immigration dans le pays
  • Les travaillistes restent en tête des intentions de vote, mais One Nation les talonne
  • Le parti a longtemps été perçu comme un paria avant cette percée électorale

Selon les dernières projections, One Nation se positionne actuellement comme la deuxième force politique du pays, derrière les travaillistes, mais devant les conservateurs libéraux. Pauline Hanson, figure emblématique du parti, a longtemps incarné une ligne dure sur l’immigration et les questions identitaires. Son mouvement, fondé en 1997, a souvent été ostracisé par les autres partis, mais les récents sondages lui donnent une nouvelle légitimité.

Cette ascension s’inscrit dans un contexte de montée des tensions autour de la politique migratoire en Australie. Le pays, qui a durci ses conditions d’accueil ces dernières années, voit émerger des débats houleux sur la gestion des frontières et l’intégration des nouveaux arrivants. One Nation capitalise sur ces inquiétudes en promettant un durcissement des règles et une réduction drastique des flux migratoires. « Nous ne sommes plus le paria de la politique australienne », a déclaré Pauline Hanson lors d’un meeting à Sydney le 20 mai 2026. « Les Australiens en ont assez des élites qui méprisent leurs préoccupations. »

Les travaillistes, bien que toujours en tête des intentions de vote, voient leur avance se réduire face à la poussée de One Nation. Selon un sondage Ipsos publié fin mai 2026, le parti de Hanson recueillerait 22 % des intentions de vote, contre 28 % pour les travaillistes et 20 % pour les libéraux-conservateurs. « Cette dynamique est réelle et ne doit pas être sous-estimée », a analysé un politologue de l’université de Melbourne, interrogé par Le Monde.

La stratégie de One Nation repose sur une rhétorique simple et efficace : opposition aux élites politiques, rejet de l’immigration massive et défense d’une identité australienne jugée menacée. Le parti mise aussi sur les zones rurales et les petites villes, où le sentiment d’abandon par les grandes métropoles est marqué. « Les régions ont le sentiment d’être oubliées par Canberra, et One Nation leur donne une voix », explique un analyste politique.

Et maintenant ?

La prochaine échéance politique majeure en Australie est le prochain scrutin fédéral, prévu pour 2028. D’ici là, One Nation devrait continuer à peser sur le débat public, forçant les autres partis à adapter leur discours. Certains observateurs s’interrogent déjà sur une possible alliance avec les conservateurs, bien que Pauline Hanson ait toujours refusé toute collaboration avec les « partis traditionnels ». Une chose est sûre : l’Australie entre dans une phase de recomposition politique, où les extrêmes gagnent en influence.

Pour l’instant, les travaillistes tentent de contenir cette vague en durcissant leur propre discours sur l’immigration. « Nous écoutons les préoccupations des Australiens, mais nous refusons les solutions simplistes », a affirmé la Première ministre sortante lors d’une conférence de presse le 25 mai 2026. Reste à voir si cette stratégie suffira à enrayer la montée de One Nation.

Quant aux conservateurs, ils pourraient être les grands perdants de cette recomposition, coincés entre un électorat de plus en plus attiré par le populisme et un establishment qu’ils représentent. « La politique australienne n’a jamais été aussi incertaine », résume un éditorialiste de Le Monde.

Le parti mise sur trois axes principaux : un durcissement drastique de la politique migratoire, une réduction des dépenses publiques jugées inefficaces et une défense de l’identité australienne face à la mondialisation. Pauline Hanson promet notamment de réduire de moitié le nombre d’immigrés accueillis chaque année et de supprimer les aides sociales pour les étrangers en situation irrégulière.