Une réforme législative entrée en vigueur le 1er juillet 2026 en Chine donne désormais la primauté à la langue mandarine dans l’ensemble des administrations et des établissements éducatifs. Selon Libération, cette disposition s’inscrit dans une stratégie plus large visant à « favoriser le mélange des groupes ethniques », un concept officiel qui, selon les analystes, risque d’accélérer l’assimilation des populations non Han.

Ce qu'il faut retenir

  • Une loi chinoise sur l’unité ethnique entre en vigueur le 1er juillet 2026, imposant le mandarin comme langue dominante dans les institutions publiques et scolaires.
  • Pékin justifie cette réforme par la promotion du « mélange des groupes ethniques », une expression officielle désignant une assimilation progressive des minorités non Han.
  • Les régions habitées par des populations non Han couvrent plus des deux tiers du territoire chinois, selon les données officielles chinoises.
  • Cette mesure s’ajoute à une série de politiques déjà en place pour renforcer l’uniformisation culturelle sous l’ère Xi Jinping.

Une législation au service de l’unité nationale, selon Pékin

La nouvelle loi chinoise, adoptée en mars 2026 et effective depuis le début du mois de juillet, consacre le mandarin comme langue administrative et d’enseignement dans les régions autonomes et les provinces où vivent des minorités ethniques. Selon les autorités, cette mesure doit permettre de « renforcer la cohésion nationale » et de « lutter contre les divisions ethniques ».

Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la pensée politique de Xi Jinping, qui a régulièrement souligné l’importance de l’unité ethnique dans ses discours. « Le développement économique et social de la Chine ne peut se concevoir sans une langue commune », a rappelé le président chinois lors d’une réunion du Bureau politique en avril 2026, d’après les comptes-rendus officiels. « Le mandarin est un outil indispensable pour garantir la stabilité et la prospérité du pays. »

Des craintes d’assimilation renforcée pour les minorités

Côté des ONG et des experts en droits humains, l’adoption de cette loi suscite des inquiétudes quant à son impact sur les cultures locales. « La primauté donnée au mandarin risque d’éroder les langues et les traditions des minorités », alerte Sophie Richardson, directrice de l’ONG Human Rights Watch pour la Chine. « Cette loi s’ajoute à un arsenal de mesures déjà très restrictives, comme l’interdiction des écoles privées en langue tibétaine ou ouïghoure. »

Les régions concernées, parmi lesquelles le Tibet, le Xinjiang, la Mongolie-Intérieure ou encore le Yunnan, abritent des centaines de groupes ethniques distincts. Selon les dernières statistiques officielles chinoises, ces territoires représentent 68 % de la superficie du pays, mais seulement 8 % de la population totale. Leur intégration forcée dans un modèle culturel unique pose question, d’autant que les politiques récentes ont déjà suscité des tensions sociales dans certaines zones.

Un contexte déjà tendu pour les minorités ethniques

Depuis plusieurs années, Pékin a multiplié les mesures pour « siniser » les cultures locales. Au Xinjiang, par exemple, les autorités ont imposé des camps de « rééducation » pour les Ouïghours, officiellement pour lutter contre le séparatisme. En Mongolie-Intérieure, l’enseignement du mandarin a été renforcé au détriment du mongol, déclenchant des manifestations en 2020. « Cette nouvelle loi va aggraver les pressions existantes », estime l’anthropologue Gerald Roche, spécialiste des politiques linguistiques en Chine.

Dans les écoles, les élèves des minorités seront désormais tenus de suivre des programmes en mandarin dès le primaire, avec des cours de langue maternelle réduits à une simple option. « On nous demande de choisir entre notre culture et notre avenir », témoigne une enseignante ouïghoure sous couvert d’anonymat, citée par Libération.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer l’application concrète de cette loi. Les autorités locales ont jusqu’à fin 2026 pour adapter leurs règlements internes, ce qui pourrait donner lieu à des interprétations variables selon les régions. Une chose est sûre : cette réforme s’inscrit dans une logique de contrôle accru des minorités, alors que la Chine continue de faire face à des défis démographiques et économiques majeurs. Reste à voir si cette politique portera ses fruits en termes de stabilité sociale ou, au contraire, alimentera de nouvelles tensions.

Si cette loi s’ajoute à un mouvement plus large de centralisation du pouvoir, elle pourrait aussi renforcer les critiques internationales sur la gestion des minorités en Chine. Plusieurs pays occidentaux ont déjà exprimé leur inquiétude, notamment lors du dernier sommet des droits de l’homme de l’ONU en juin 2026.

Les régions les plus impactées sont celles où vivent des minorités ethniques non Han, comme le Tibet, le Xinjiang, la Mongolie-Intérieure, le Guangxi, le Yunnan et le Qinghai. Ces territoires couvrent plus des deux tiers de la superficie de la Chine, mais ne représentent qu’une faible part de la population nationale.

Non. Depuis les années 2010, Pékin a progressivement renforcé les politiques d’assimilation, notamment via la suppression des écoles en langue tibétaine ou ouïghoure et l’imposition du mandarin comme langue dominante dans l’administration et l’éducation. La nouvelle loi de 2026 consolide et généralise ces mesures à l’ensemble du pays.