Depuis plusieurs décennies, la Cisjordanie occupée est le théâtre de tensions récurrentes entre colons israéliens et populations palestiniennes. Vendredi 8 mai 2026, des défenseurs des droits de l’homme israéliens ont observé une journée de solidarité avec les Palestiniens victimes d’attaques perpétrées par des colons, selon RFI. Entre assassinats, destruction d’oliviers et incendies de maisons, les violences se multiplient dans ce territoire palestinien sous administration israélienne, poussant certains Israéliens à interpeller leurs compatriotes sur la réalité des exactions commises à quelques kilomètres de leurs villes.
Ce qu'il faut retenir
- Des défenseurs israéliens des droits humains ont marqué une journée de solidarité avec les Palestiniens ciblés par des colons en Cisjordanie occupée, ce vendredi 8 mai 2026.
- Les violences signalées incluent des assassinats, l’arrachage d’oliviers et l’incendie de maisons.
- Depuis plus de trente ans, le rabbin Arik Ascherman documente ces exactions et intervient pour soutenir les Palestiniens en tant qu’Israélien et Juif.
Parmi ceux qui s’alarment de cette escalade figure le rabbin Arik Ascherman, une figure historique de la défense des droits humains en Israël. Depuis plus de trente ans, il sillonne les villages palestiniens ciblés par les colons pour recenser les violences, s’interposer et apporter un soutien concret aux populations locales. Son engagement repose sur une conviction double : celle d’un Israélien et celle d’un Juif, deux identités qu’il assume pleinement dans son action.
Les violences en Cisjordanie ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur intensification récente a poussé des voix israéliennes à rompre le silence. Vendredi dernier, des militants ont choisi de marquer une journée dédiée à la solidarité avec les Palestiniens, une initiative qui vise à attirer l’attention sur des exactions souvent minimisées ou ignorées par une partie de l’opinion publique israélienne. Les actes rapportés ces dernières semaines incluent des agressions physiques, des destructions de cultures — notamment d’oliviers, symbole de la résistance économique palestinienne — et des incendies criminels de maisons.
« Je le fais en tant qu’Israélien et en tant que Juif », a déclaré le rabbin Ascherman. « Il est de notre responsabilité de regarder la réalité en face, même quand elle est douloureuse. »
La Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, reste un foyer de tensions malgré les accords d’Oslo et les multiples tentatives de négociation. Les colons israéliens, dont certains vivent dans des avant-postes ou des colonies souvent considérées comme illégales au regard du droit international, sont régulièrement pointés du doigt pour leur implication dans des violences contre les Palestiniens. Ces actes s’inscrivent dans un contexte de colonisation accélérée et de restrictions croissantes pour les populations locales, notamment en matière d’accès aux terres et à l’eau.
L’initiative du 8 mai 2026 s’inscrit dans une dynamique plus large de mobilisation en Israël même. Des associations comme Ta’ayush ou Rabbins pour les droits de l’homme, dont Ascherman fut l’un des fondateurs, jouent un rôle clé dans la documentation des violences et l’accompagnement des victimes. Leur travail permet de donner une visibilité à des événements qui, autrement, resteraient dans l’ombre des médias internationaux.
Cette journée de solidarité, bien que symbolique, pose une question essentielle : celle de la capacité de la société israélienne à reconnaître les violences commises en son nom, et à y mettre un terme. Une prise de conscience qui tarde à venir, alors que chaque incident alimente un cycle de représailles dont les civils palestiniens paient le prix fort.
Selon les associations de défense des droits humains, les violences incluent des agressions physiques, l’incendie de maisons, l’arrachage ou la destruction d’oliviers — essentiels pour l’économie locale — ainsi que des restrictions d’accès aux terres et aux ressources en eau.