Le journaliste palestinien Ali al-Samoudi a été libéré fin avril 2026 après avoir passé un an dans une prison israélienne, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui ni qu’il n’ait pu accéder à un procès, comme le rapporte BMF - International. Dans un entretien accordé à CNN diffusé le 9 mai 2026, il a décrit des conditions de détention qualifiées d’« enfer », évoquant des sévices physiques et une alimentation insuffisante ayant entraîné une perte de poids dramatique.

Ce qu'il faut retenir

  • Ali al-Samoudi, 59 ans, journaliste palestinien et ancien fixeur pour CNN, a été libéré fin avril 2026 après un an de détention sans procès.
  • Il accuse les autorités israéliennes d’avoir utilisé la détention comme une punition et une vengeance, sans justification légale.
  • Ses conditions de détention incluaient une alimentation minimale, entraînant une perte de 60 kg en un an, soit la moitié de son poids initial.
  • Il rapporte avoir subi des violences physiques, dont un officier israélien marchant sur sa tête pendant quatre minutes, et la mort d’un codétenu faute de soins.
  • L’armée israélienne avait justifié son arrestation en l’accusant de financer le Jihad islamique, une accusation qu’il dément formellement.
  • Depuis le 7 octobre 2023, 105 journalistes palestiniens ont été emprisonnés par Israël, dont 33 restent détenus selon CNN.

Un an de détention arbitraire et des conditions de vie indignes

Ali al-Samoudi, âgé de 59 ans et résidant à Jénine en Cisjordanie, a été arrêté en 2025 avant d’être incarcéré sans procès ni explication claire. Selon CNN, il a perdu 60 kg pendant sa détention, soit la moitié de son poids initial. Son état physique reflète les conditions de vie extrêmes imposées aux prisonniers, où l’alimentation était réduite à sa plus simple expression.

Dans son témoignage, il décrit un quotidien marqué par la privation :

« Ils nous donnaient de la nourriture seulement pour nous garder en vie. Au petit-déjeuner, on nous servait une cuillère de labneh et un quart de cuillère de confiture. Au déjeuner, quatre cuillères de riz avec deux rondelles de concombre, de tomate ou de poivron. Pour le dîner, deux cuillerées de houmous, une de tahini et un œuf. »
Deux fois par semaine, un morceau de viande ou de poisson leur était servi, précise-t-il.

Violences physiques et mort d’un codétenu : des allégations graves

Outre les conditions matérielles, Ali al-Samoudi affirme avoir été victime de violences physiques. Il relate un épisode où, après une rencontre avec son avocat, les gardiens les ont jetés au sol et frappés.

« Un officier israélien s’est mis debout et a marché sur ma tête, j’ai eu la tête contre le sol pendant quatre minutes, jusqu’à ce que je suffoque. »
Il évoque également le cas d’un codétenu, malade et privé de soins, qui est mort sous leurs yeux faute d’avoir été hospitalisé à temps.

« Nous leur avons dit qu’il fallait l’envoyer à l’hôpital, mais ils ont refusé. Il est mort en face de nous. Il n’avait rien fait. Pourquoi ? Ne sommes-nous pas des humains ? » s’est interrogé le journaliste, visiblement ému. CNN a tenté de contacter les autorités israéliennes en charge des prisons, sans obtenir de réponse.

Une arrestation politique dénoncée comme une atteinte à la liberté de la presse

Lors de son arrestation, l’armée israélienne avait accusé Ali al-Samoudi d’avoir financé le Jihad islamique, une affirmation qu’il qualifie de « conneries ».

« Mon arrestation s’inscrit dans le cadre de la guerre menée par Israël contre la presse et les médias palestiniens. Il s’agit de faire taire ma voix, de bloquer ma caméra et de briser mon stylo, et ainsi de m’empêcher d’exercer le droit que toutes les lois et normes internationales garantissent : la liberté de la presse. »

Cette déclaration s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions imposées aux journalistes palestiniens. Selon CNN, 105 journalistes palestiniens ont été emprisonnés depuis le 7 octobre 2023, dont 33 restent détenus. Reporters sans frontières indique quant à lui que plus de 220 journalistes ont été tués par l’armée israélienne à Gaza depuis octobre 2023.

Un climat de répression systémique contre les médias palestiniens

Les allégations de Ali al-Samoudi s’ajoutent à un ensemble de témoignages et de rapports dénonçant une politique israélienne de ciblage des médias palestiniens. Entre arrestations arbitraires, violences et restrictions, les professionnels de l’information en Cisjordanie et à Gaza subissent une pression sans précédent. Reporters sans frontières a documenté une augmentation significative des violences contre les journalistes depuis le début du conflit, soulignant que ces attaques visent à étouffer toute couverture indépendante des événements.

Les autorités israéliennes n’ont pas encore réagi officiellement aux accusations portées par Ali al-Samoudi, malgré les multiples appels à la transparence lancés par des organisations de défense des droits humains. BMF - International rappelle que la détention sans procès, telle que décrite par le journaliste, viole le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève.

Et maintenant ?

La libération d’Ali al-Samoudi relance les questions sur les conditions de détention des journalistes palestiniens et la nécessité d’une enquête indépendante sur les allégations de violations des droits humains. Des organisations comme Reporters sans frontières et Amnesty International devraient réclamer des clarifications auprès des autorités israéliennes, tandis que la communauté internationale pourrait être appelée à intervenir pour garantir le respect des droits fondamentaux des détenus palestiniens. La pression sur Israël devrait s’intensifier, notamment en vue de futures négociations ou de résolutions onusiennes prévues dans les mois à venir.

La situation des journalistes palestiniens reste un sujet de préoccupation majeur, dans un contexte où la liberté de la presse est de plus en plus menacée. Leur capacité à exercer leur métier en toute sécurité dépendra en grande partie des réactions des acteurs internationaux et des engagements pris par les autorités israéliennes pour mettre fin à ces pratiques.

L’armée israélienne avait accusé le journaliste d’avoir financé le Jihad islamique. Cependant, Ali al-Samoudi a démenti ces accusations, affirmant n’avoir jamais été interrogé sur ce sujet pendant sa détention. Il considère son arrestation comme une mesure politique visant à museler les médias palestiniens.

Selon CNN, 33 journalistes palestiniens restent détenus par Israël depuis le 7 octobre 2023, sur un total de 105 emprisonnés durant cette période.