D’ici quelques heures, les quelque 39 millions d’électeurs colombiens sont appelés aux urnes pour trancher entre deux visions radicalement opposées de l’avenir du pays. Selon Le Monde, le scrutin de ce dimanche 21 juin oppose en effet Abelardo de la Espriella, candidat de l’ultradroite, à Ivan Cepeda, représentant de la gauche et héritier politique du président sortant.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux candidats aux visions opposées s’affrontent ce dimanche 21 juin 2026 en Colombie pour le second tour de l’élection présidentielle.
  • Abelardo de la Espriella, figure de l’ultradroite, est donné favori par les sondages selon les dernières projections.
  • Ivan Cepeda, porteur d’un héritage politique familial, incarne la gauche colombienne pour ce scrutin décisif.
  • La campagne électorale a été marquée par une polarisation accrue et des tensions persistantes entre les deux camps.

Ce second tour s’inscrit dans la continuité d’une campagne électorale particulièrement tendue. D’après les dernières estimations, Abelardo de la Espriella, avocat et député connu pour ses positions conservatrices, arrive en tête des intentions de vote. De son côté, Ivan Cepeda, sénateur et fils d’un militant historique de la gauche colombienne, représente une alternative progressiste face à un establishment qu’il critique ouvertement.

Les enjeux de ce scrutin sont multiples. Entre autres, la sécurité, l’économie et les relations internationales figurent parmi les priorités des deux candidats. Selon Le Monde, la polarisation s’est cristallisée autour de deux visions du développement national : une approche libérale et sécuritaire pour de la Espriella, une orientation plus sociale et diplomatique pour Cepeda. Autant dire que le choix des électeurs sera déterminant pour l’orientation future du pays.

« Ce second tour est le reflet d’une Colombie profondément divisée, où chaque camp défend des modèles de société radicalement différents. » — Analyste politique cité par Le Monde

Deux candidats, deux programmes, deux héritages

Abelardo de la Espriella, 58 ans, se présente comme un garant de l’ordre et de la stabilité. Son programme mise sur un renforcement des forces de sécurité, une lutte accrue contre les groupes armés illégaux et une politique économique favorable aux investisseurs étrangers. Côté sécurité, il propose notamment de rétablir une présence militaire plus marquée dans les zones rurales, souvent sous l’influence des guérillas ou des cartels. Economiquement, il défend une réduction des dépenses publiques et une simplification des réglementations pour attirer les capitaux.

Ivan Cepeda, 52 ans, porte au contraire un projet axé sur la justice sociale et la réconciliation nationale. Fils de Manuel Cepeda Vargas, ancien sénateur assassiné en 1994 par des paramilitaires, il incarne une gauche historique en Colombie. Son programme prévoit une réforme agraire, une augmentation des budgets alloués à l’éducation et à la santé, ainsi qu’un dialogue renforcé avec les mouvements sociaux. Sur le plan international, il prône une diplomatie plus indépendante, notamment vis-à-vis des États-Unis, tout en cherchant à relancer les négociations de paix avec les guérillas encore actives.

Une campagne marquée par les tensions et les divisions

La campagne électorale a été émaillée de plusieurs incidents violents et de polémiques. Selon Le Monde, les meetings des deux candidats ont souvent été perturbés par des heurts entre leurs partisans respectifs. Des accusations de fraude électorale ont également été formulées par les deux camps, sans qu’aucune preuve tangible n’ait été apportée pour l’instant. Les réseaux sociaux ont joué un rôle clé dans cette polarisation, avec une diffusion massive de fausses informations et de discours de haine.

Côté médiatique, la couverture du scrutin a reflété cette division. Certains médias, jugés proches de la droite, ont été accusés par la gauche de partialité, tandis que des titres de gauche étaient critiqués pour leur soutien affiché à Cepeda. Les débats télévisés, souvent tendus, ont illustré l’impossibilité pour les deux candidats de trouver un terrain d’entente, chacun campant sur ses positions.

Et maintenant ?

Les premiers résultats pourraient être connus dès la soirée du 21 juin, mais un dépouillement complet pourrait prendre plusieurs heures, voire jusqu’à 24 heures en cas de forte participation. Quelle que soit l’issue, ce scrutin devrait avoir des répercussions majeures sur la politique intérieure colombienne. Un possible refus de reconnaître la défaite par le camp perdant pourrait en effet plonger le pays dans une nouvelle phase de tensions politiques. Les observateurs internationaux, notamment l’Organisation des États américains, ont déjà appelé au calme et au respect des institutions.

Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la capacité des nouvelles autorités à apaiser les divisions et à relancer un dialogue national. Une victoire de de la Espriella pourrait entraîner une radicalisation des politiques sécuritaires, tandis qu’un succès de Cepeda ouvrirait la voie à une refonte des priorités sociales et économiques. Dans les deux cas, la Colombie s’apprête à vivre une période de profondes mutations politiques.