Sept civils ont péri lundi 15 juin dans des bombardements attribués à l’armée malienne près de la localité de Kimya, dans le centre du pays, selon RFI. L’incident s’est produit alors que l’état-major annonçait, dans un communiqué diffusé le même jour, avoir « neutralisé des terroristes » dans cette zone.
Ce qu'il faut retenir
- Sept civils tués par des frappes aériennes près de Kimya, dans le centre du Mali
- L’armée malienne affirmait avoir neutralisé des terroristes dans la même zone le 15 juin
- La localité de Kimya est située dans une région régulièrement touchée par les violences jihadistes
- Les autorités locales n’ont pas encore réagi officiellement à cette bavure présumée
Une frappe aux conséquences meurtrières pour les civils
Les victimes, toutes civiles, ont été tuées aux alentours de Kimya, une commune située dans la région de Mopti, un territoire régulièrement frappé par les violences jihadistes et les conflits intercommunautaires. Les avions militaires maliens seraient à l’origine des bombardements, d’après les premières informations recueillies sur place. Aucun détail n’a encore été communiqué sur le type d’appareils utilisés ou les raisons ayant conduit à cette frappe.
D’après des témoignages recueillis par RFI, les explosions ont provoqué des incendies et des destructions dans plusieurs habitations, avant que les autorités ne parviennent à maîtriser la situation. Les victimes, dont l’âge et le nombre exact n’ont pas été précisés, seraient toutes des riverains des zones ciblées.
Une annonce militaire concomitante aux bombardements
Dans un communiqué publié le 15 juin, l’armée malienne indiquait avoir « neutralisé des éléments terroristes » dans la zone de Kimya, sans préciser les moyens employés ni les résultats obtenus. Cette opération s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre les groupes armés jihadistes, actifs dans le centre du Mali depuis plusieurs années.
Les forces de sécurité maliennes, soutenues par des partenaires internationaux, mènent régulièrement des opérations militaires contre les groupes liés à Al-Qaïda ou à l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Cependant, les bavures impliquant des civils restent une préoccupation majeure, notamment en raison de la difficulté à distinguer les combattants des populations locales dans des zones rurales et peu accessibles.
Un contexte sécuritaire toujours dégradé au centre du Mali
La région de Mopti, où se situe Kimya, est l’une des plus touchées par l’insécurité au Mali. Depuis 2015, des groupes armés y multiplient les attaques contre les forces de l’ordre, les civils et les symboles de l’État, exacerbant les tensions intercommunautaires. Les violences ont provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes et affaibli la présence de l’État dans certaines zones.
Les autorités maliennes et leurs alliés, comme la Mission des Nations unies (MINUSMA) jusqu’à son retrait en 2023, ont tenté de stabiliser la région, mais les résultats restent limités. Les frappes aériennes, bien que parfois nécessaires, sont régulièrement pointées du doigt pour leur manque de précision et leurs conséquences sur les populations civiles.
Cette affaire rappelle les défis persistants auxquels le Mali fait face dans sa lutte contre le terrorisme, entre nécessité d’éliminer les groupes armés et impératif de protéger les populations civiles.
Les frappes aériennes sont souvent critiquées pour leur manque de précision, qui peut entraîner des pertes civiles. Dans une région comme le centre du Mali, où les groupes armés se fondent parfois parmi les populations, les risques de bavures sont élevés. Plusieurs rapports d’ONG et d’organisations internationales ont pointé du doigt ces pratiques, soulignant que les victimes collatérales alimentent le ressentiment envers les forces de sécurité et aggravent les tensions locales.