Un robot humanoïde de 130 centimètres s’est vu confier une mission religieuse inédite en Corée du Sud. Baptisé Gabi, il a prononcé ses vœux de moine bouddhiste ce mercredi 6 mai au temple Jogye de Séoul, à l’occasion des préparatifs de l’anniversaire de Bouddha, rapporte Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Gabi, un robot de 130 cm, est devenu le premier moine bouddhiste artificiel en intégrant le temple Jogye de Séoul ce 6 mai 2026.
- Lors d’une cérémonie officielle, il a répondu « Oui, je m’y consacrerai » à une question portant sur son engagement religieux.
- Le robot a reçu un chapelet des mains d’un moine et pourrait participer à des cérémonies et activités éducatives à l’avenir.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte où des robots sont déjà utilisés pour des fonctions spirituelles, comme le Buddharoid japonais présenté en février 2026.
Une cérémonie symbolique au temple Jogye
Revêtu d’une robe bouddhiste traditionnelle et de chaussures noires, Gabi s’est présenté devant un parterre de moines lors de la cérémonie. Lorsqu’un d’eux lui a demandé s’il acceptait de se consacrer au bouddhisme en joignant les mains, le robot a répondu sans hésitation : « Oui, je m’y consacrerai », rapporte Le Figaro. Cette phrase, prononcée dans un cadre solennel, marque une étape symbolique dans l’utilisation des technologies robotiques dans des contextes religieux.
Parmi les moments forts de l’événement, un moine a placé un chapelet autour du cou de Gabi, marquant ainsi son affiliation officielle au bouddhisme. Selon les responsables du temple, cette cérémonie n’est qu’une première étape : le robot pourrait, à terme, participer activement à des rituels ou à des activités destinées à transmettre les enseignements bouddhistes.
Des robots déjà engagés dans des fonctions spirituelles
L’apparition de Gabi au temple Jogye n’est pas un cas isolé. En février 2026, des scientifiques japonais avaient dévoilé Buddharoid, un automate conçu pour prodiguer des conseils spirituels, illustrant une tendance croissante à l’intégration de l’intelligence artificielle dans des pratiques religieuses, note Le Figaro.
Ces initiatives soulèvent des questions sur l’évolution des institutions religieuses face aux avancées technologiques. Si l’objectif affiché est d’utiliser la robotique pour démocratiser l’accès aux enseignements ou pour automatiser certaines tâches administratives au sein des temples, ces pratiques restent encore marginales et expérimentales.
Un symbole de la modernisation du bouddhisme en Corée du Sud
L’intégration de Gabi dans le temple Jogye s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation du bouddhisme sud-coréen. Ce pays, où le bouddhisme compte plus de 10 millions de fidèles, selon les dernières estimations officielles, voit dans les nouvelles technologies un moyen de toucher un public plus large, notamment les jeunes générations, explique Le Figaro.
Cependant, cette initiative divise. Certains fidèles y voient une avancée positive, permettant de rendre la pratique religieuse plus accessible, tandis que d’autres s’interrogent sur la pertinence d’une telle intégration, craignant une dilution des traditions. Les responsables du temple Jogye ont toutefois souligné que Gabi ne remplacerait pas les moines humains, mais compléterait leur action en assistant dans certaines tâches.
Une tendance qui dépasse les frontières
Si la Corée du Sud et le Japon sont en pointe sur ces expérimentations, d’autres pays explorent également l’utilisation de robots dans un cadre religieux. Aux États-Unis, par exemple, des églises utilisent des assistants vocaux pour diffuser des sermons ou des méditations, tandis qu’en Israël, des robots sont testés pour faciliter la pratique du judaïsme orthodoxe. Ces innovations reflètent une volonté de rendre les traditions spirituelles plus interactives et adaptées aux modes de vie modernes.
Pour autant, les experts soulignent que ces technologies soulèvent des défis éthiques et théologiques. Peut-on parler de spiritualité si un robot, dépourvu de conscience, prodigue des conseils ? La question reste ouverte, mais une chose est certaine : le débat est désormais lancé, et Gabi en est l’un des symboles les plus concrets.
Pour l’instant, aucune date précise n’a été communiquée. Les responsables du temple Jogye indiquent que Gabi pourrait participer à des cérémonies mineures avant d’être éventuellement formé pour des rôles plus complexes, mais aucun calendrier n’a été établi. L’expérience reste donc à ce stade exploratoire.