Le président américain Donald Trump mise sur une personnalité inattendue pour tenter de rééquilibrer les équilibres politiques en Irak. Ali Al-Zaidi, un homme d’affaires de 40 ans, sans expérience politique préalable, a été nommé à la tête du gouvernement irakien, selon Le Monde. Ce choix, qui surprend autant qu’il intrigue, intervient dans un contexte où Washington cherche à réduire l’influence des milices chiites pro-iraniennes à Bagdad, ces dernières ayant multiplié les attaques contre les intérêts américains au Moyen-Orient, notamment lors de la guerre contre la République islamique.

Ce qu'il faut retenir

  • Ali Al-Zaidi, 40 ans, homme d’affaires irakien sans expérience politique, nommé Premier ministre irakien selon Le Monde.
  • Donald Trump compte sur lui pour limiter l’influence des milices chiites pro-iraniennes à Bagdad, responsables de frappes répétées contre des cibles américaines.
  • Ces milices ont accru leur activité durant la guerre contre l’Iran, ciblant notamment les intérêts des États-Unis dans la région.
  • Cette nomination intervient dans un contexte de tensions persistantes entre l’Irak, l’Iran et les États-Unis.

Un profil atypique pour un poste clé

Ali Al-Zaidi, jusqu’alors inconnu sur la scène politique irakienne, incarne un profil de « compromis » aux yeux de l’administration Trump. Le Monde souligne que ce choix reflète une volonté de Washington de s’appuyer sur des figures perçues comme neutres, capables de dialoguer avec l’ensemble des factions irakiennes. « C’est une tentative de sortir des logiques de division qui minent l’Irak depuis des années », explique un analyste proche du dossier, cité par le quotidien. Sans expérience gouvernementale, Al-Zaidi devra rapidement s’imposer face à des acteurs politiques et militaires aguerris, notamment les milices chiites soutenues par Téhéran.

Son arrivée à la tête du gouvernement intervient après des mois de blocages institutionnels en Irak, où le Parlement peine à dégager une majorité stable. « La nomination d’Al-Zaidi pourrait être un signal envoyé aux milices, mais aussi une façon de relancer un processus politique paralysé », ajoute le même analyste. Reste à savoir si ce novice en politique parviendra à fédérer une classe politique profondément divisée, entre partisans de Téhéran et ceux d’un rapprochement avec Washington.

Les milices chiites pro-iraniennes, épine dorsale du problème irakien

Les groupes armés chiites, regroupés au sein de la « Mobilisation populaire » (Hachd al-Chaabi), jouent un rôle central dans le paysage sécuritaire irakien. Créés en 2014 pour lutter contre l’État islamique, ces milices sont aujourd’hui des acteurs incontournables, contrôlant des zones entières du pays et bénéficiant d’un soutien logistique et financier de l’Iran. « Leur influence s’étend bien au-delà du militaire, avec une emprise économique et politique croissante », précise Le Monde. Depuis la fin de la guerre contre l’État islamique, ces groupes ont multiplié les attaques contre des bases américaines en Irak, justifiant ces actions par leur opposition à la présence étrangère sur le sol irakien.

Les États-Unis, qui maintiennent environ 2 500 soldats en Irak pour lutter contre les résidus de Daech et encadrer les forces locales, sont devenus une cible privilégiée de ces milices. Entre 2019 et 2021, plus de 200 attaques ont visé des bases ou des convois américains, selon des chiffres du Pentagone. « Réduire leur influence est devenu une priorité stratégique pour l’administration Trump, surtout après les frappes récentes contre des intérêts diplomatiques et militaires », souligne un responsable américain sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

La nomination d’Ali Al-Zaidi ouvre une période d’incertitude quant à son efficacité à court terme. Les prochaines semaines seront cruciales : il devra obtenir la confiance du Parlement irakien, un exercice délicat dans un contexte de défiance généralisée. Par ailleurs, les milices pro-iraniennes, qui ne cachent pas leur hostilité à son égard, pourraient multiplier les provocations pour tester sa légitimité. « Tout dépendra de sa capacité à isoler les factions les plus radicales et à proposer des alternatives crédibles aux milices », estime un observateur basé à Bagdad. Une première étape consistera à former un gouvernement viable d’ici la fin du mois de juin, sous peine de voir le pays s’enliser à nouveau dans une crise politique.

Quant aux États-Unis, leur soutien à Al-Zaidi pourrait être interprété comme une provocation par Téhéran, déjà en confrontation directe avec Washington sur le dossier nucléaire et la présence militaire régionale. Une escalade des tensions n’est donc pas à exclure, d’autant que les élections législatives irakiennes prévues en octobre 2026 s’annoncent déjà comme un nouveau test pour la stabilité du pays.

Ali Al-Zaidi est un homme d’affaires irakien de 40 ans, sans expérience politique préalable. Il est présenté comme un profil de « compromis » car il n’est affilié ni aux milices chiites pro-iraniennes, ni aux factions proches de l’Iran ou des États-Unis. Son statut d’outsider lui permettrait, selon ses partisans, de transcender les divisions locales. Cependant, son manque d’expérience et son absence de base politique solide rendent son avenir incertain.