Selon Le Figaro, la guerre en Iran a profondément perturbé la trajectoire économique des pays africains en 2026. Fin février, l’escalade du conflit irano-américain a provoqué une flambée des cours du pétrole, avec un baril de Brent dépassant les 100 dollars, frôlant même 120 dollars à son pic. Conséquence directe : les prix des carburants ont bondi de 90 % en deux mois sur le continent, où la quasi-totalité des États importent leur pétrole.

Ce choc intervient alors que l’Afrique commençait tout juste à entrevoir un rebond économique. En début d’année, l’inflation ralentissait, les exportations montraient des signes de reprise, et les marchés tablaient sur un assouplissement monétaire. Mais le conflit a balayé ces espoirs. À Kigali, au Rwanda, plus de 2 500 dirigeants africains, investisseurs et responsables politiques se sont réunis pour l’Africa CEO Forum, du 14 au 15 mai, afin d’évoquer la nécessité de construire des « champions africains ».

Ce qu'il faut retenir

  • En deux mois, les prix des carburants ont augmenté de 90 % sur le continent africain, en raison de la flambée du prix du baril de Brent à plus de 100 dollars.
  • Le conflit irano-américain, déclenché fin février 2026, a provoqué une hausse de plus de 30 % du prix du pétrole, avec un pic à 120 dollars.
  • L’Afrique importe la quasi-totalité de son carburant, ce qui aggrave l’impact de cette crise énergétique.
  • L’Africa CEO Forum, qui s’est tenu à Kigali du 14 au 15 mai, a abordé les conséquences de ce choc pétrolier sur la croissance africaine.
  • Les pays exportateurs de pétrole profitent de la crise, tandis que les importateurs, majoritaires sur le continent, subissent de plein fouet les hausses de prix.

Une économie africaine en sursis après le choc pétrolier

La situation était pourtant prometteuse en début d’année. L’inflation montrait des signes d’apaisement, les exportations se redressaient, et les marchés anticipaient un assouplissement des politiques monétaires. Mais l’embrasement du conflit irano-américain a tout bouleversé. Selon Le Figaro, le prix du baril de Brent a grimpé de plus de 30 % en quelques semaines, franchissant le seuil symbolique des 100 dollars avant de frôler les 120 dollars.

Cette hausse brutale a des répercussions immédiates sur les pays africains, qui dépendent à 90 % des importations pour leurs besoins en carburant. « Les économies africaines, déjà fragilisées par des années de crise sanitaire et de tensions géopolitiques, sont aujourd’hui sous pression », a souligné un économiste présent à Kigali. Les transports, l’agriculture et l’industrie, tous secteurs énergivores, sont directement impactés.

Kigali, capitale économique, face à l’urgence énergétique

La 13e édition de l’Africa CEO Forum, coorganisée par le Jeune Afrique Media Group et la branche IFC de la Banque mondiale, s’est tenue à Kigali sous le thème de la construction de « champions africains ». Plus de 2 500 participants, issus de 75 pays, y ont discuté des défis économiques du continent, dont celui de l’énergie figure désormais en tête de liste.

Quelques jours plus tôt, à Nairobi, le sommet orchestré par le président français Emmanuel Macron avait déjà mis en lumière les tensions autour du détroit d’Ormuz, artère stratégique pour les flux pétroliers mondiaux. Ces discussions ont confirmé l’urgence d’une réponse coordonnée face à la crise énergétique.

« Les pays africains doivent désormais penser à des solutions alternatives, comme le développement des énergies renouvelables ou la diversification de leurs approvisionnements », a déclaré un participant au forum.

Exporteurs vs importateurs : un continent divisé

La crise actuelle illustre les disparités entre les pays africains. Les États exportateurs de pétrole, comme le Nigeria ou l’Angola, tirent profit de la hausse des cours. À l’inverse, les importateurs, qui représentent la majorité des pays du continent, subissent de plein fouet les conséquences de cette flambée des prix. « Autant dire que le choc est asymétrique : certains pays s’en sortent mieux que d’autres », a expliqué un analyste économique.

Cette situation met en lumière les faiblesses structurelles du continent, où les infrastructures énergétiques restent insuffisantes et les dépendances aux importations, fortes. Les dirigeants africains présents à Kigali ont souligné la nécessité de renforcer la résilience économique, notamment en investissant dans des alternatives locales.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de cette crise sur la croissance africaine. Plusieurs banques centrales du continent pourraient revoir leurs prévisions de croissance à la baisse, tandis que les gouvernements devraient annoncer des mesures d’urgence pour soutenir les secteurs les plus touchés. Une réunion des ministres africains de l’Énergie est d’ailleurs prévue en juin à Addis-Abeba pour tenter de coordonner une réponse régionale.

Pour l’instant, les économistes s’attendent à une année 2026 marquée par une inflation persistante et un ralentissement des investissements. « La priorité absolue reste la stabilisation des prix de l’énergie, sans quoi les progrès économiques récents pourraient être compromis », a rappelé un responsable de l’IFC.

Un appel à l’autonomie énergétique

Face à cette crise, la question de l’autonomie énergétique africaine revient en force. Plusieurs projets de développement des énergies renouvelables, notamment solaires et éoliennes, ont été évoqués à Kigali. L’objectif : réduire la dépendance aux importations de carburants fossiles et sécuriser l’approvisionnement énergétique du continent.

« Nous devons agir vite, mais aussi de manière durable. Les solutions existent, encore faut-il les financer et les déployer à grande échelle », a insisté un investisseur présent lors du forum. Reste à voir si les annonces de Kigali se traduiront par des actes concrets dans les mois à venir.

Les pays les plus affectés sont ceux qui importent la quasi-totalité de leur carburant, comme le Kenya, l’Éthiopie, le Sénégal ou encore la Côte d’Ivoire. Ces États, qui n’ont pas de ressources pétrolières locales, subissent de plein fouet la hausse des prix, avec des répercussions sur les coûts des transports et des denrées alimentaires.

Plusieurs pistes sont évoquées : accélérer le développement des énergies renouvelables, négocier des contrats d’approvisionnement à long terme avec d’autres fournisseurs que l’Iran, et mettre en place des subventions ciblées pour les secteurs les plus vulnérables, comme l’agriculture ou les transports publics.