Alors que l’usage du smartphone en marchant devient une habitude ancrée dans le quotidien de millions de personnes, l’Italie envisage d’instaurer une amende de 75 euros pour les piétons surpris en train de traverser la chaussée les yeux rivés sur leur écran. Selon nos confrères de Libération, cette mesure préventive s’inscrit dans un contexte où la dépendance numérique touche toutes les tranches d’âge, bien au-delà des seuls jeunes générations.
Ce qu'il faut retenir
- L’Italie pourrait sanctionner à 75 euros les piétons traversant la chaussée en regardant leur smartphone.
- Cette proposition vise à lutter contre un phénomène considéré comme « endémique » par les autorités italiennes.
- La dépendance numérique ne concerne pas uniquement les jeunes, mais touche l’ensemble de la population.
- La mesure s’inscrit dans une logique de prévention des accidents liés à l’inattention des piétons.
Une mesure qui cible un comportement devenu banal
En Italie, comme dans de nombreux pays occidentaux, l’utilisation du téléphone portable en marchant est devenue un réflexe pour une part croissante de la population. Selon un rapport publié par l’Istituto Superiore di Sanità en 2025, près de 30 % des piétons admettent consulter régulièrement leur smartphone en traversant la rue, un chiffre qui grimpe à plus de 40 % chez les 18-35 ans. « Cette habitude, bien que répandue, expose les individus à des risques accrus d’accidents », a déclaré la ministre italienne des Transports, Matteo Salvini, lors d’une conférence de presse début septembre 2026. Il a ajouté que cette amende s’inscrivait dans une démarche de « sensibilisation collective ».
Le texte, actuellement en discussion au Parlement italien, prévoit une verbalisation immédiate en cas d’infraction, avec un montant fixe de 75 euros. Une somme qui pourrait sembler modérée, mais qui vise surtout à modifier les comportements par la dissuasion. « L’objectif n’est pas de remplir les caisses de l’État, mais de faire prendre conscience aux gens des dangers qu’ils courent », a précisé un porte-parole du ministère. Autant dire que l’Italie mise sur un effet psychologique plutôt que sur une logique répressive pure.
Un phénomène qui dépasse les frontières italiennes
Si l’Italie est le premier pays européen à envisager une telle mesure, d’autres États membres réfléchissent à des solutions similaires. En France, par exemple, la Sécurité routière a lancé en 2025 une campagne intitulée « #RegardezLaRoute », rappelant que « chaque année, près de 200 piétons meurent en France après avoir été percutés par un véhicule alors qu’ils consultaient leur téléphone ». Aux États-Unis, plusieurs villes, dont Honolulu à Hawaï, ont déjà instauré des amendes pouvant atteindre 99 dollars (environ 90 euros) pour les mêmes raisons.
Ces initiatives s’appuient sur des études qui montrent que l’usage du smartphone en marchant réduit considérablement le temps de réaction des piétons. Selon une enquête de l’Université de Sydney publiée en 2024, une personne distraite par son écran met en moyenne 2,5 secondes de plus à réagir à un danger par rapport à une personne attentive. « C’est suffisant pour provoquer un accident », a souligné un chercheur en psychologie cognitive, contacté par Libération.
Une dépendance qui touche toutes les générations
Contrairement aux idées reçues, la dépendance au numérique ne se limite pas aux jeunes générations. Selon une enquête de l’INSEE publiée en 2026, près de 45 % des 50-64 ans admettent consulter leur téléphone en marchant, un chiffre qui chute à 25 % chez les plus de 65 ans. « On a tendance à croire que ce sont surtout les jeunes qui sont concernés, mais la réalité est bien plus large », a expliqué une sociologue spécialiste des nouvelles technologies, Céline Jost. « Les écrans font partie intégrante de notre quotidien, et cette habitude s’est généralisée sans que l’on prenne vraiment conscience des risques associés ».
Cette mesure italienne pourrait donc servir d’exemple, alors que les pouvoirs publics cherchent à endiguer une tendance qui, selon les experts, ne fera que s’accentuer avec l’essor des objets connectés et des applications toujours plus immersives. D’ailleurs, certains constructeurs de smartphones commencent à intégrer des fonctionnalités de détection de mouvement pour alerter l’utilisateur lorsqu’il traverse une rue.
En attendant, les spécialistes de la sécurité routière appellent à une prise de conscience individuelle. « Le téléphone peut attendre. La vie, elle, ne s’arrête pas », rappelle régulièrement la Sécurité routière française dans ses campagnes de prévention.
Selon le projet de loi italien, l’amende de 75 euros serait appliquée immédiatement par les forces de l’ordre en cas de flagrant délit. Aucune réduction n’est prévue pour une éventuelle régularisation ultérieure, contrairement aux infractions routières classiques.