Un texte législatif visant à encadrer les financements en provenance de l’étranger sera soumis ce mardi 5 mai 2026 au Parlement ougandais pour une nouvelle lecture, selon RFI. Porté par le gouvernement, ce projet de loi est présenté comme un mécanisme de protection de la souveraineté nationale. Pourtant, il suscite une vive opposition, notamment de la part des défenseurs des droits humains.
Ce qu'il faut retenir
- Un projet de loi sur les financements étrangers est examiné ce 5 mai 2026 par le Parlement ougandais.
- Le gouvernement ougandais justifie ce texte par la nécessité de protéger la souveraineté nationale.
- Les associations de défense des droits humains critiquent un texte inspiré des lois russes sur les « agents de l’étranger ».
- Plusieurs amendements ont été proposés pour atténuer les critiques, mais le texte reste très contesté.
Un texte présenté comme une mesure de souveraineté
Le gouvernement ougandais défend ce projet de loi en insistant sur son objectif de préserver l’indépendance du pays face aux influences étrangères. Dans un communiqué officiel, le ministre de la Justice, Norbert Mao, a expliqué que ce texte permettrait de « garantir que les financements reçus par les organisations locales ne servent pas des intérêts contraires à ceux de l’Ouganda ». Il a souligné que « la transparence des flux financiers est essentielle pour éviter les ingérences extérieures ».
Pourtant, cette argumentation ne convainc pas l’opposition. Les détracteurs du texte rappellent que l’Ouganda, comme d’autres pays africains, a déjà été confronté à des tensions liées à des financements étrangers, notamment dans le secteur de la société civile.
Des associations dénoncent un dispositif inspiré des lois russes
Les défenseurs des droits humains dénoncent un texte qui rappelle les législations russes sur les « agents de l’étranger », adoptées en 2012 et renforcées depuis. Ces lois, souvent critiquées par les ONG internationales, imposent aux organisations recevant des fonds étrangers de se déclarer comme « agents de l’étranger » et soumettent leurs activités à un contrôle strict. Human Rights Watch a rappelé dans un communiqué que « ces dispositifs ont souvent été utilisés pour museler la société civile et limiter la liberté d’expression ».
En Ouganda, plusieurs associations locales ont déjà exprimé leurs craintes. « Ce projet de loi risque de criminaliser le travail des défenseurs des droits humains », a déclaré Winnie Byanyima, directrice exécutive d’OxFam International. « Il s’agit d’une tentative déguisée pour étouffer les voix critiques et contrôler les financements des organisations indépendantes. »
Des amendements insuffisants pour apaiser les critiques
Face à la pression des ONG et des partenaires internationaux, le gouvernement a proposé plusieurs amendements pour assouplir le texte. Parmi ces modifications, une clause a été ajoutée pour exclure les financements humanitaires de ce cadre législatif. « Ces ajustements montrent une volonté de dialogue », a commenté un conseiller du président Yoweri Museveni. Pourtant, ces concessions sont jugées insuffisantes par les opposants au projet.
« Les amendements ne changent rien à l’essence du texte », a réagi Frank Mugisha, militant des droits LGBTQ+ en Ouganda. « Le risque de voir des organisations être poursuivies pour des financements légitimes, comme des dons de fondations européennes, reste bien réel. »
Ce projet de loi illustre les tensions croissantes en Afrique entre la volonté des États de contrôler les flux financiers et les exigences des organisations internationales en matière de liberté associative. Reste à savoir si les pressions extérieures parviendront à infléchir la position du Parlement ougandais.
Le texte cible principalement les financements en provenance de l’étranger, qu’ils proviennent d’États, d’organisations internationales ou de fondations privées. Les flux humanitaires et les dons à des institutions publiques en seraient partiellement exclus, selon les amendements proposés.