Près de **52 % des femmes en République démocratique du Congo (RDC) sont des survivantes de violences domestiques**, selon un rapport de l’ONU Femmes. Un chiffre qui rappelle l’ampleur des violences de genre dans le pays, mais qui a pris une dimension particulièrement choquante avec la diffusion, le 26 mars 2026, d’une vidéo mettant en scène un médecin frappant une patiente dans un hôpital de Kinshasa. Selon Courrier International, cette séquence, massivement relayée sur les réseaux sociaux, montre un praticien assénant des coups à une jeune femme nue, allongée sur une table d’accouchement à l’hôpital général de Kinkole, près de la capitale. Le médecin, David Balanganayi, aurait saisi les poignets de sa patiente pour l’empêcher de se défendre, alors qu’elle appelait à l’aide. Ni les autres soignants présents ni la personne filmant la scène n’ont tenté d’intervenir.
Ce qu'il faut retenir
- **52 % des femmes en RDC** ont subi des violences domestiques, selon l’ONU Femmes.
- Le 26 mars 2026, une vidéo montre un médecin, David Balanganayi, frappant une patiente dans un hôpital de Kinkole.
- Le praticien encourt jusqu’à **20 ans de prison** pour « tentative de meurtre », « torture » et « coups et blessures ».
- Le procès du médecin s’est ouvert le **27 mars 2026** au tribunal de Kinkole.
- Le médecin a justifié ses actes par une urgence médicale, invoquant un « choc psychologique » pour forcer la patiente à coopérer.
Une vidéo insoutenable révélée par les réseaux sociaux
La séquence, d’une violence extrême, a été partagée massivement sur les réseaux sociaux dès son apparition. On y voit le médecin, identifié comme David Balanganayi, frapper à plusieurs reprises une patiente en position vulnérable, allongée sur une table d’accouchement. Selon les premiers éléments rapportés par Courrier International, la jeune femme, visiblement en détresse, tente de se protéger tout en appelant à l’aide. Pourtant, malgré la gravité des faits, aucun membre du personnel présent n’intervient pour stopper l’agression. Le statut de la personne filmant la scène reste inconnu, tout comme les raisons pour lesquelles elle a choisi de documenter ces violences plutôt que d’agir.
Les images ont rapidement suscité une vague d’indignation tant en RDC qu’à l’international. Les associations de défense des droits des femmes et les autorités locales n’ont pas tardé à réagir face à ce qui apparaît comme une illustration supplémentaire des violences systémiques subies par les femmes dans le secteur de la santé en RDC. Les détails sur l’identité de la victime, son état de santé après l’incident ou les suites médicales données à son cas n’ont pas été rendus publics pour l’instant.
Le procès du médecin s’ouvre dans un climat de tension
Dès le lendemain de la diffusion de la vidéo, le **27 mars 2026**, le ministère public congolais a engagé des poursuites contre David Balanganayi. Les chefs d’accusation retenus sont lourds : « tentative de meurtre », « torture », « coups et blessures » et « atteinte à la vie privée ». Selon les informations relayées par Afrik.com, ce cumul de charges pourrait conduire à une peine maximale de vingt ans de prison. Le procès s’est ouvert au tribunal de grande instance de Kinkole, situé à proximité de l’hôpital où les faits se sont produits.
Lors de l’audience, le médecin a reconnu avoir frappé sa patiente. Cependant, il a tenté de justifier ses actes en invoquant une situation d’urgence médicale. D’après les propos rapportés par Radio Okapi, Balanganayi a expliqué avoir choisi « d’user de terreur » dans le « seul but de provoquer un choc psychologique » chez la patiente, afin de la forcer à coopérer avec l’équipe soignante. Cette défense, qui repose sur l’idée d’une contrainte thérapeutique, sera examinée avec attention par les juges, d’autant que les circonstances de l’intervention (une naissance) rendent d’autant plus incompréhensibles les méthodes employées.
Un système de santé sous le feu des critiques
Cette affaire met en lumière les dysfonctionnements persistants au sein du système de santé congolais, où les violences faites aux patientes, en particulier aux femmes, semblent se multiplier. Les témoignages recueillis ces dernières années évoquent régulièrement des cas d’abus, de maltraitance ou de négligence dans les structures médicales du pays. Les ONG locales et internationales dénoncent depuis des années l’impunité dont bénéficient les auteurs de ces violences, qu’ils soient médecins, infirmiers ou autres membres du personnel soignant. Courrier International rappelle que ces pratiques s’inscrivent dans un contexte plus large de violences de genre en RDC, où les femmes subissent des discriminations systémiques dans tous les domaines de la vie sociale.
Les associations féministes congolaises appellent désormais à une réforme profonde du secteur médical, avec notamment la mise en place de mécanismes de plainte accessibles et sécurisés pour les victimes. Elles réclament également une enquête approfondie sur les conditions de travail des soignants, souvent pointés du doigt pour leur manque de formation sur les droits des patients et les protocoles de prise en charge des violences. Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée par les autorités sanitaires, mais l’affaire Balanganayi pourrait accélérer les discussions en cours.
Cette affaire rappelle aussi que les violences faites aux femmes en RDC ne se limitent pas au cadre domestique, mais s’étendent à des sphères institutionnelles comme les hôpitaux. La pression internationale et locale pourrait contraindre les autorités à agir, mais la route vers un changement réel reste longue et semée d’embûches.
Le médecin est poursuivi pour « tentative de meurtre », « torture », « coups et blessures » et « atteinte à la vie privée ». Selon les informations disponibles, ces chefs d’accusation pourraient entraîner une peine maximale de vingt ans de prison.
La diffusion de la vidéo a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et dans les milieux associatifs. Plusieurs ONG locales et internationales ont appelé à une réaction forte des autorités congolaises, tandis que des pétitions en ligne ont circulé pour demander justice pour la victime. Les réactions officielles des gouvernements étrangers ou des organisations internationales comme l’ONU n’ont pas encore été rapportées.
