Une enquête pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte ce mercredi 1er avril 2026 à Colmar, après qu’un policier de la Brigade spécialisée de terrain (BST) a été percuté par un automobiliste en pleine course-poursuite. Ses jours ne sont pas en danger, mais il a subi des blessures aux jambes nécessitant deux jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Selon Le Figaro, qui rapporte l’affaire, l’enquête vise à déterminer si le geste était intentionnel ou non.
Les faits se sont produits vers 13 heures, en début d’après-midi, lorsqu’un véhicule de police a engagé une course-poursuite avec une Volkswagen Golf. C’est à l’issue de cette poursuite que le conducteur a fini par percuter le policier, provoquant les graves blessures de ce dernier. Les deux collègues du fonctionnaire blessé ont, quant à eux, été « très choqués » par l’incident, toujours d’après les informations rapportées par Le Figaro.
Ce qu'il faut retenir
- Un policier de la Brigade spécialisée de terrain (BST) a été percuté par une Volkswagen Golf lors d’une course-poursuite avec un véhicule de police à Colmar, mercredi 1er avril 2026 vers 13 heures.
- Le policier, blessé aux jambes, a été hospitalisé et placé sous deux jours d’ITT, ses jours ne sont pas en danger.
- Trois personnes sont actuellement en garde à vue pour cette affaire, suspectées d’être impliquées dans les faits.
- Le parquet de Colmar a ouvert une enquête de flagrance pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique.
- Le suspect principal, un jeune homme de 19 ans, serait à l’origine du refus d’obtempérer ayant déclenché la course-poursuite.
Une course-poursuite aux conséquences graves pour un policier
La séquence a débuté lorsque les forces de l’ordre ont tenté d’interpeller le conducteur d’une Volkswagen Golf pour un refus d’obtempérer. L’automobiliste n’a pas obtempéré aux sommations et a pris la fuite, entraînant ses poursuivants dans une course effrénée à travers les rues de Colmar. La situation a dégénéré lorsque le véhicule a percuté le policier, membre de la BST, qui se tenait sur la chaussée. Selon les premiers éléments de l’enquête, le policier a été projeté et a subi des fractures aux jambes, nécessitant une prise en charge médicale immédiate.
Transféré sans délai à l’hôpital, le fonctionnaire a été soigné pour ses blessures. Si son pronostic vital n’est pas engagé, l’incident laisse planer des séquelles physiques et psychologiques. Ses deux collègues, témoins directs de la scène, ont été « très choqués », un détail rapporté par Le Figaro qui souligne la violence de l’agression. L’enquête devra établir si le geste du conducteur était délibéré ou non, un élément central pour qualifier juridiquement les faits.
Trois suspects en garde à vue, dont un jeune homme de 19 ans
Dès les premières heures de l’enquête, les autorités ont interpellé plusieurs individus en lien avec l’affaire. Selon le parquet de Colmar, trois personnes sont actuellement placées en garde à vue dans le cadre de cette enquête pour tentative d’homicide. Parmi elles, le conducteur présumé de la Golf, un jeune homme de 19 ans, serait le principal responsable de la fuite et de l’accident.
Pour l’heure, le parquet de Colmar reste prudent sur les motivations du suspect. « Il est évidemment trop tôt pour pouvoir être plus précis », a déclaré un porte-parole, soulignant que l’enquête devait établir le caractère intentionnel ou non de ses actes. Une enquête de flagrance a été ouverte, une procédure qui permet aux enquêteurs de réaliser des actes urgents pour préserver les preuves et les témoignages. Les investigations se poursuivent pour déterminer l’éventuelle implication d’autres personnes dans cette affaire.
Un contexte national marqué par l’augmentation des refus d’obtempérer
Cet incident s’inscrit dans un contexte national où les refus d’obtempérer connaissent une hausse alarmante. En 2025, pas moins de 28 200 refus d’obtempérer ont été recensés en France, soit une augmentation de 11 % en un an, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Le ministre Laurent Nuñez avait alors tiré la sonnette d’alarme début février 2026 : « Plus d’un tiers de ces refus constituent une mise en danger de la vie d’autrui », avait-il rappelé, insistant sur la gravité de ces comportements.
Les refus d’obtempérer, souvent banalisés, peuvent avoir des conséquences dramatiques, comme en témoigne cet incident à Colmar. La course-poursuite et la tentative d’homicide qui en a découlé illustrent les dangers encourus par les forces de l’ordre, mais aussi par les usagers de la route. Les autorités insistent sur la nécessité de renforcer les sanctions contre ces comportements, qui mettent en péril la sécurité de tous.
Les prochaines étapes de l’enquête
Les enquêteurs du parquet de Colmar disposent désormais d’un délai de huit jours pour boucler les investigations en flagrance. Leur objectif : déterminer si le geste du conducteur était intentionnel ou non. Cette qualification juridique est cruciale, car elle conditionne la qualification pénale des faits. En cas de caractère délibéré, les peines encourues pour tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique peuvent aller jusqu’à la perpétuité.
Dans l’immédiat, les forces de l’ordre continuent de collecter les témoignages et les preuves techniques sur place. Les trois suspects en garde à vue seront présentés à un magistrat dans les prochains jours pour une éventuelle prolongation de leur placement ou une mise en examen. L’enquête devra également établir si d’autres complices étaient impliqués dans cette affaire, notamment pour expliquer la fuite du véhicule.
Quoi qu’il en soit, cet incident rappelle les risques encourus par les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs missions. La sécurité des policiers, déjà régulièrement mise en avant par les syndicats, pourrait à nouveau figurer au cœur des discussions politiques dans les semaines à venir.
En France, la tentative d’homicide volontaire sur une personne dépositaire de l’autorité publique est punie de 30 ans de réclusion criminelle, une peine pouvant être assortie d’une amende de 450 000 euros. Cette qualification juridique est retenue lorsque l’intention de donner la mort est établie. Si les faits ne relèvent pas d’une volonté homicide, mais d’une mise en danger délibérée, les peines sont moins lourdes, mais restent sévères (jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende).
