C’est un programme discret mais stratégique qui a été confié aux Services roumains d’information (SRI), selon Ouest France. L’objectif ? Sensibiliser les enseignants au risque de radicalisation chez certains élèves, un sujet particulièrement sensible dans le contexte européen actuel. Ce projet, financé par l’Union européenne, vise à renforcer la vigilance dans les établissements scolaires roumains face à la menace terroriste et aux dérives idéologiques.

Les SRI, l’agence de renseignement intérieure roumaine, ont ainsi reçu la mission de former les professeurs à identifier les signes avant-coureurs de radicalisation. Une initiative qui s’inscrit dans une logique préventive, alors que plusieurs pays européens renforcent leurs dispositifs de lutte contre l’extrémisme. Ouest France souligne que ce programme s’appuie sur des outils pédagogiques développés en collaboration avec des experts en prévention de la radicalisation.

Ce qu'il faut retenir

  • Le programme est piloté par les SRI, les services de renseignement intérieur roumains, désignés pour cette mission par l’État.
  • Il est financé par l’Union européenne, qui soutient ainsi les États membres dans leur lutte contre la radicalisation.
  • Les enseignants roumains sont ciblés comme acteurs clés de la détection précoce des dérives chez les élèves.
  • L’objectif est préventif : éviter la propagation d’idéologies extrémistes dans les écoles.

Un dispositif préventif dans un contexte européen tendu

La Roumanie n’est pas un cas isolé dans ce domaine. Plusieurs pays européens ont mis en place des programmes similaires, souvent en partenariat avec les services de renseignement. En France, par exemple, le ministère de l’Éducation nationale travaille avec les autorités judiciaires et les associations spécialisées pour former les enseignants à repérer les comportements à risque. Ouest France précise que le programme roumain s’appuie sur des retours d’expérience d’autres États membres, notamment ceux ayant déjà déployé des dispositifs comparables.

Les SRI ont indiqué que la formation des enseignants porterait sur des indicateurs comportementaux et des techniques d’évaluation des risques. «

L’idée est de fournir aux professeurs des clés pour distinguer une simple opposition idéologique d’une radicalisation dangereuse », a déclaré un porte-parole des services, cité par Ouest France.
Une approche qui vise à éviter les dérives tout en respectant les libertés individuelles.

Une collaboration entre éducation et sécurité nationale

Ce programme illustre la porosité croissante entre les champs éducatif et sécuritaire en Europe. En Roumanie, comme ailleurs, les établissements scolaires sont désormais considérés comme des lieux où la radicalisation peut s’enraciner. Ouest France rappelle que les SRI interviennent déjà dans d’autres domaines, comme la lutte contre la corruption ou le crime organisé, mais cette mission marque une extension de leur action vers le secteur éducatif.

Les formations, qui devraient débuter d’ici la fin de l’année scolaire 2026-2027, s’adresseront en priorité aux professeurs des collèges et lycées, où les élèves sont les plus exposés à des influences externes. Les SRI ont précisé que ces sessions seraient adaptées aux spécificités locales, notamment dans les régions frontalières où les risques de radicalisation peuvent être plus élevés.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes du programme devraient être annoncées d’ici la fin de l’année 2026. Les SRI devraient publier un bilan intermédiaire après six mois de mise en œuvre, afin d’ajuster les formations en fonction des retours des enseignants. À plus long terme, ce dispositif pourrait être étendu à d’autres pays d’Europe de l’Est, où la lutte contre la radicalisation reste un enjeu majeur.

En attendant, la question de l’équilibre entre prévention et respect des libertés individuelles reste ouverte. Si la Roumanie s’engage résolument dans cette voie, le débat sur l’efficacité et l’éthique de ces dispositifs devrait s’intensifier dans les mois à venir.

D’après Ouest France, les critères ne sont pas publics, mais s’appuient sur des indicateurs comportementaux et des signes d’isolement ou de changement brutal de comportement. Les formations enseignantes insisteront sur l’importance du dialogue et de la signalisation aux autorités compétentes, sans stigmatisation.