Le nouveau film de la réalisatrice tunisienne Leyla Bouzid, « À voix basse », vient de sortir dans les salles du pays. Selon France 24, cette œuvre cinematographique s’attaque à un sujet particulièrement sensible dans la société tunisienne : l’homosexualité. Un thème encore largement marginalisé et souvent traité dans l’ombre.
Ce qu'il faut retenir
- Le film « À voix basse », réalisé par Leyla Bouzid, sort actuellement dans les salles tunisiennes.
- L’œuvre aborde sans détour la question de l’homosexualité, un sujet encore tabou en Tunisie.
- La réalisatrice a présenté son film dans le pays pour encourager un débat apaisé sur cette thématique.
- De nombreux membres de la communauté LGBTQ en Tunisie vivent encore dans la clandestinité.
- Le film est présenté comme une contribution à la discussion, sans chercher à provoquer.
Un film engagé dans un contexte social difficile
« À voix basse » marque une prise de position claire de la part de Leyla Bouzid. La réalisatrice, déjà connue pour ses œuvres engagées, a choisi de traiter un sujet que beaucoup préfèrent ignorer. Selon ses propres termes, le film ne cherche pas à heurter, mais à ouvrir une discussion nécessaire. « On ne veut pas provoquer, mais simplement parler », a-t-elle expliqué lors de la présentation du film en Tunisie. — d’après France 24
L’homosexualité en Tunisie : un sujet encore largement rejeté
Dans un pays où l’homosexualité reste criminalisée par le code pénal – les relations entre personnes de même sexe étant passibles de peines de prison –, aborder ce thème publiquement relève d’un véritable acte de courage. La communauté LGBTQ tunisienne vit majoritairement dans la clandestinité, exposée à la discrimination, aux violences et à la répression. Le film de Bouzid s’inscrit donc dans une démarche rare, voire inédite, en mettant en lumière cette réalité souvent tue.
Le choix de sortir « À voix basse » dans les salles tunisiennes n’est pas anodin. La réalisatrice mise sur l’impact du cinéma comme vecteur de changement social. « Le film est une invitation à réfléchir, pas à condamner », a-t-elle précisé. — comme le rapporte France 24
Une projection qui suscite des attentes, mais aussi des craintes
Si certains y voient une avancée majeure, d’autres pourraient réagir avec hostilité. Les associations de défense des droits humains, comme Shams, qui milite pour la dépénalisation de l’homosexualité, suivent de près la sortie du film. Leur objectif ? Évaluer son impact sur l’opinion publique et les débats sociétaux. « Nous espérons que ce film contribuera à faire évoluer les mentalités », a déclaré une porte-parole de l’association, sous couvert d’anonymat.
Pourtant, le risque de réactions violentes ou de censure n’est pas exclu. En 2020, le film « Barbarian » avait été interdit dans plusieurs salles tunisiennes après des pressions de groupes conservateurs. « À voix basse » pourrait subir le même sort, ou pire. La prudence reste donc de mise.
Quant à la réalisatrice, elle a indiqué qu’elle ne comptait pas s’arrêter là. « Ce film n’est qu’une première étape. Il y a encore beaucoup à faire pour faire entendre ces voix », a-t-elle affirmé. Une déclaration qui laisse présager d’autres projets ambitieux dans un pays où la liberté d’expression reste fragile.
En Tunisie, l’homosexualité est criminalisée en vertu de l’article 230 du code pénal, hérité du régime colonial français. Cette loi punit les relations entre personnes de même sexe de peines allant jusqu’à trois ans de prison. Malgré des pressions internationales, les autorités tunisiennes n’ont jamais aboli cette disposition, jugée discriminatoire par les organisations de défense des droits humains.