Alors que les obsèques de Lyhanna, collégienne de 11 ans enlevée puis tuée, doivent se tenir ce vendredi 13 juin dans le Gers, la ministre de la Santé et des Familles, Stéphanie Rist, a annoncé vouloir simplifier ou rendre obligatoire le signalement des enfants en danger par les professionnels de santé. Selon BFM - Faits Divers, cette réflexion s’inscrit dans un contexte marqué par des dysfonctionnements multiples dans la prise en compte des signalements d’enfants victimes de violences.

Le gouvernement entend ainsi compléter le projet de loi sur la protection de l’enfance, déjà présenté fin mai en conseil des ministres. L’examen de ce texte au Parlement est prévu à partir du 15 juillet. Stéphanie Rist a précisé que des travaux étaient en cours pour évaluer la nécessité d’instaurer une obligation de signalement, ou à défaut, d’en simplifier les modalités actuelles. « On a à simplifier le mode de signalement des professionnels de santé face à un enfant en danger », a-t-elle déclaré sur France 2, ajoutant : « Je travaille avec les professionnels de santé pour voir si une obligation est nécessaire ou si les mesures d’efficacité sont celles de la simplification du signalement. »

Ce qu'il faut retenir

  • La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, envisage de simplifier ou rendre obligatoire le signalement des enfants en danger par les professionnels de santé.
  • Cette annonce intervient à la veille des obsèques de Lyhanna, 11 ans, enlevée puis tuée fin mai dans le Gers.
  • Le gouvernement souhaite renforcer le projet de loi sur la protection de l’enfance, avec un examen prévu au Parlement à partir du 15 juillet 2026.
  • Parmi les mesures envisagées : l’ajout de peines renforcées pour les violeurs en série sur mineurs et un délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête concernant les crimes sur enfants.

Un projet de loi sur la protection de l’enfance déjà en discussion

Le texte initial, présenté fin mai en conseil des ministres, doit être complété par de nouvelles mesures pour répondre aux critiques formulées après la mort de Lyhanna. Selon BFM - Faits Divers, ces ajouts nécessiteront une nouvelle examination en Conseil des ministres avant son adoption définitive. Parmi les propositions figurent notamment le renforcement des peines pour les violeurs en série sur mineurs et la réduction du délai maximal de trois mois pour les actes d’enquête dans les affaires de crimes sur enfants.

Stéphanie Rist a également insisté sur la nécessité de protéger les professionnels de santé qui signalent des situations de danger. « Ce qui est très important aussi, c’est qu’on puisse protéger les professionnels de santé qui vont signaler », a-t-elle souligné. La ministre a également évoqué un renforcement de la formation des professionnels en contact régulier avec les enfants, afin d’améliorer leur capacité à identifier et signaler les situations à risque.

Un drame qui révèle des failles dans la prise en charge des enfants en danger

La disparition de Lyhanna, enlevée à la sortie de son collège le 29 mai avant la découverte de son corps le 4 juin, a mis en lumière les défaillances des institutions judiciaires et des forces de l’ordre. Selon BFM - Faits Divers, le principal suspect dans cette affaire n’avait jamais été interpellé ni même convoqué, malgré plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles sur mineurs déposés auparavant.

Depuis sa mort, associations féministes et de défense des droits de l’enfant organisent des rassemblements chaque lundi soir devant les tribunaux et le ministère de la Justice, réclamant une loi intégrale contre les violences faites aux enfants. Ces mobilisations s’ajoutent aux critiques adressées au gouvernement et aux institutions pour leur lenteur et leurs dysfonctionnements dans la gestion des signalements d’enfants en danger.

« Je m’associe à la tristesse de la famille de la jeune fille tuée par un prédateur. » — Stéphanie Rist, ministre de la Santé et des Familles

Des mesures supplémentaires pour renforcer la protection de l’enfance

Outre les ajustements concernant les signalements, le gouvernement envisage d’élargir l’attestation d’honorabilité pour les personnes travaillant dans des structures périscolaires, clubs sportifs ou mouvements scouts. Cette mesure, actuellement utilisée pour les activités impliquant des mineurs, pourrait être étendue pour couvrir davantage de contextes où des enfants sont en contact avec des adultes.

Par ailleurs, la question de la prescription dans les affaires de violences sexuelles sur mineurs est également sur la table. Sébastien Lecornu, ministre de la Justice, a évoqué la possibilité de rouvrir le débat sur ce sujet, alors que certains cas, comme celui de Lyhanna, soulèvent des interrogations sur les délais de traitement judiciaire.

Et maintenant ?

Le gouvernement doit finaliser les mesures complémentaires au projet de loi sur la protection de l’enfance avant sa présentation définitive au Parlement. L’examen du texte en séance est prévu à partir du 15 juillet, mais la date exacte de son adoption reste incertaine, dépendant des négociations en cours. D’ici là, les associations de défense des droits de l’enfant maintiennent la pression pour que des réformes structurelles soient adoptées rapidement. Une mobilisation populaire pourrait également influencer le calendrier législatif.

Les obsèques de Lyhanna, qui doivent se tenir ce vendredi 13 juin à 14h30 dans le Gers, s’annoncent comme un moment de recueillement privé, mais aussi comme un symbole des revendications pour une meilleure protection des enfants en France. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si les promesses politiques se traduiront par des actes concrets.