Eric Lombard, ancien ministre de l’Économie, a présenté ce mardi 19 mai 2026 le détail de sa proposition de contribution exceptionnelle sur les hauts patrimoines, un projet qu’il avait élaboré alors qu’il occupait les fonctions de ministre au sein du gouvernement précédent. Selon Le Monde, cette taxe, estimée à 2 milliards d’euros, se veut une alternative plus équitable et plus efficace que la taxe sur les holdings, introduite dans le budget 2026 et déjà critiquée pour son manque de ciblage sur les fortunes les plus importantes.
Ce qu'il faut retenir
- Une taxe de 2 milliards d’euros ciblant les hauts patrimoines, présentée par Eric Lombard le 19 mai 2026.
- Eric Lombard, ancien ministre de l’Économie, défend ce projet comme une mesure plus juste que la taxe sur les holdings du budget 2026.
- La proposition vise à remplacer ou compléter les dispositifs fiscaux existants jugés insuffisants.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de débat récurrent sur la fiscalité des grandes fortunes en France.
- Le projet a été préparé par Lombard alors qu’il était en poste à Bercy.
Un projet conçu sous Bercy et relancé aujourd’hui
Lors de sa présentation ce mardi, Eric Lombard a rappelé que ce projet de taxe sur les hauts patrimoines avait été élaboré « dans les bureaux de Bercy », alors qu’il occupait le poste de ministre de l’Économie. Selon lui, cette contribution, qui pourrait rapporter jusqu’à 2 milliards d’euros, serait mieux adaptée que la taxe sur les holdings, introduite dans le budget 2026. « Cette mesure est conçue pour être plus juste et plus efficace », a-t-il indiqué lors de la conférence de presse, sans préciser si ce dispositif pourrait s’ajouter ou se substituer à d’autres taxes existantes.
Pour Lombard, l’enjeu est double : d’une part, augmenter les recettes fiscales de l’État en ciblant spécifiquement les patrimoines les plus élevés, et d’autre part, corriger les inégalités perçues dans la fiscalité actuelle. Le choix du montant de 2 milliards d’euros repose sur une estimation des recettes potentielles, bien que les modalités exactes de calcul restent à préciser.
Une alternative à la taxe sur les holdings
Le projet de Lombard intervient alors que le gouvernement a récemment introduit une taxe sur les holdings dans le budget 2026, une mesure qui vise à limiter l’optimisation fiscale des grandes fortunes. Cependant, cette taxe a rapidement fait l’objet de critiques, certains économistes et responsables politiques estimant qu’elle ne touche pas suffisamment les patrimoines les plus élevés et qu’elle laisse subsister des mécanismes d’évitement fiscal. « La taxe sur les holdings est un pis-aller, mais elle ne résout pas le problème de fond », a souligné Lombard lors de son intervention.
Sa proposition s’appuie sur une logique différente : au lieu de cibler les structures juridiques comme les holdings, elle frappe directement les patrimoines individuels, en s’inspirant éventuellement des mécanismes de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) ou de la contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus. Lombard n’a pas détaillé les critères exacts retenus pour définir un « haut patrimoine », mais a évoqué des seuils comparables à ceux de l’IFI, soit des patrimoines supérieurs à 1,3 million d’euros.
Un débat récurrent sur la fiscalité des grandes fortunes
La relance de ce projet s’inscrit dans un débat plus large sur la fiscalité des très grandes fortunes en France, un sujet qui resurgit régulièrement dans l’agenda politique. Plusieurs responsables politiques et associations de lutte contre les inégalités ont déjà plaidé pour un renforcement de la progressivité de l’impôt, voire pour l’instauration d’une taxe exceptionnelle sur les fortunes les plus élevées, notamment dans un contexte de tensions budgétaires et de besoins accrus en recettes publiques. « Le débat sur la justice fiscale n’est pas nouveau, mais il prend une acuité particulière en période de contraintes budgétaires », rappelle un économiste cité par Le Monde.
Cependant, toute augmentation de la pression fiscale sur les hauts patrimoines se heurte à des obstacles politiques et économiques. Certains craignent un effet d’aubaine, avec des contribuables fortunés pouvant déplacer leur résidence fiscale à l’étranger, tandis que d’autres soulignent que la France dispose déjà d’un système fiscal progressif, même s’il est perfectible. Lombard a balayé ces craintes en affirmant que sa proposition était « techniquement réalisable » et « juridiquement solide ».
Ce projet relance donc un débat ancien, mais il pourrait aussi servir de catalyseur pour une réforme plus large de la fiscalité des grandes fortunes. L’issue dépendra autant des arbitrages politiques que de la capacité à convaincre sur l’efficacité et l’équité de cette contribution exceptionnelle.