Une cinquantaine de pays réunis à Paris ce mardi 20 mai 2026 pour le sommet No Money for Terror ont reconnu, selon Le Monde, leur difficulté à démanteler les circuits de financement du terrorisme, désormais de plus en plus sophistiqués et intégrant massivement les cryptomonnaies.

D’après les échanges entre représentants gouvernementaux, experts financiers et responsables des services de renseignement, ces outils numériques offrent aux groupes terroristes des moyens de transfert rapides, anonymes et transnationaux, échappant partiellement aux systèmes de contrôle traditionnels. Le sommet, organisé sous l’égide de la France, vise précisément à renforcer la coopération internationale face à cette menace en mutation.

Ce qu'il faut retenir

  • Une cinquantaine de pays étaient réunis mardi 20 mai 2026 à Paris pour le sommet No Money for Terror.
  • Les réseaux terroristes utilisent de manière croissante les cryptomonnaies pour financer leurs activités.
  • Ces outils numériques permettent des transferts rapides, anonymes et transfrontaliers, échappant en partie aux contrôles classiques.

Un sommet dédié aux nouveaux défis du financement du terrorisme

L’édition 2026 du sommet No Money for Terror, qui se tient au Palais des Congrès de Paris, s’inscrit dans une dynamique de réponse aux évolutions des stratégies terroristes. Comme le rapporte Le Monde, les participants — parmi lesquels figurent des ministres des Finances, des Affaires étrangères et des responsables de banques centrales — ont souligné l’urgence d’adapter les dispositifs de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.

Les cryptomonnaies, telles que le Bitcoin ou l’Ethereum, sont devenues des outils privilégiés pour lever des fonds à l’insu des autorités. Selon plusieurs rapports présentés lors de l’événement, leur utilisation par les groupes terroristes aurait augmenté de 40 % entre 2024 et 2026, notamment dans les régions du Sahel et du Moyen-Orient.

Des solutions techniques et réglementaires en débat

Parmi les pistes évoquées à Paris, la mise en place de registres publics de portefeuilles virtuels et l’obligation pour les plateformes d’échange de cryptomonnaies de signaler les transactions suspectes. Un représentant de l’Union européenne a indiqué que des discussions étaient en cours pour intégrer ces actifs numériques dans le cadre du règlement TFR (Transfer of Funds Regulation), déjà applicable aux transactions bancaires classiques.

— « Nous devons agir vite, car les groupes terroristes s’adaptent plus rapidement que nos systèmes réglementaires », a déclaré Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie, lors de son allocution d’ouverture. —

Et maintenant ?

Les conclusions du sommet pourraient aboutir à une déclaration commune prévoyant des sanctions ciblées contre les plateformes de cryptomonnaies ne respectant pas les nouvelles règles. Une réunion technique est prévue en juillet 2026 à Bruxelles pour finaliser ces propositions. Reste à voir si ces mesures suffiront à endiguer l’innovation financière des groupes terroristes, dont les stratégies évoluent en permanence.

L’enjeu dépasse désormais le cadre strict de la lutte antiterroriste : il interroge la capacité des États à encadrer les actifs numériques, dont l’usage se démocratise, tout en préservant les libertés individuelles. Comme l’a rappelé un expert de l’ONU, « le défi n’est pas seulement sécuritaire, mais aussi technologique et éthique » — une équation complexe que les participants au sommet ont promis de creuser dans les mois à venir.