Près de Caen, quatre individus ont comparu devant le tribunal correctionnel ce mardi 5 mai 2026 pour avoir mis en place un système d’escroquerie estimé à plus de 700 000 €. L’affaire, révélée par Ouest France, implique notamment un maçon qui aurait monté huit sociétés écrans afin d’encaisser frauduleusement des chèques en bois. Les faits reprochés incluent escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre hommes jugés pour escroquerie, abus de biens sociaux et blanchiment à Caen.
- Un maçon, principal instigateur, aurait monté huit sociétés écrans.
- Le préjudice s’élève à plus de 700 000 €, obtenu via des chèques en bois et un système d’affacturage frauduleux.
- La décision du tribunal est attendue pour le 12 mai 2026.
Selon Ouest France, l’enquête révèle un montage complexe orchestré par un maçon de profession. Celui-ci aurait créé huit sociétés, dont certaines n’avaient d’autre vocation que de servir de façade à des opérations financières frauduleuses. L’objectif : encaisser des chèques sans provision, un stratagème classique mais particulièrement lucratif lorsqu’il est répété sur une grande échelle.
Les faits remontent à plusieurs années, période durant laquelle les prévenus ont exploité les failles du système d’affacturage. Cette technique permet à une entreprise de céder ses créances à un tiers, qui les encaisse avant d’être réglé par le débiteur. Dans ce cas précis, les sociétés écrans remettaient des chèques en bois aux factorings, lesquels avançaient les fonds avant de se rendre compte de l’absence de provision. Le préjudice, évalué à plus de 700 000 €, a été subi par plusieurs victimes, principalement des établissements financiers et des partenaires commerciaux.
Parmi les quatre accusés, trois autres individus sont impliqués dans ce dossier. Leurs rôles respectifs n’ont pas été détaillés, mais l’enquête a permis d’établir qu’ils avaient tous participé activement à la mise en œuvre du système. Les charges retenues contre eux incluent non seulement l’escroquerie, mais aussi l’abus de biens sociaux, une infraction qui vise à sanctionner l’utilisation frauduleuse des ressources d’une société au détriment de ses associés ou créanciers.
Les débats devant le tribunal correctionnel de Caen ont débuté ce mardi 5 mai. Les avocats de la défense ont plaidé en faveur de leurs clients, évoquant parfois des difficultés financières personnelles ou des pressions extérieures. Les procureurs, en revanche, ont insisté sur la préméditation et la gravité des faits. « Ce montage avait tout d’un business organisé, avec une recherche systématique des failles pour en tirer profit », a souligné l’un des magistrats lors des échanges.
Cette affaire rappelle l’importance des contrôles dans les transactions financières, surtout lorsqu’elles impliquent des sociétés nouvellement créées. Les factorings, souvent en première ligne face à ce type de fraude, ont d’ailleurs renforcé leurs procédures de vérification ces dernières années. Reste à savoir si ce jugement servira de dissuasion pour d’éventuels autres réseaux tentés par ce genre de montages.
Dans un système d’affacturage classique, une entreprise cède ses créances à un factor (une société spécialisée) qui lui avance une partie de la somme. Le factor se charge ensuite de récupérer le paiement auprès du client. Dans un montage frauduleux comme celui révélé à Caen, les sociétés écrans utilisaient des chèques sans provision. Une fois le chèque encaissé par le factor, celui-ci tentait de se faire payer par la société émettrice, mais celle-ci n’avait pas les fonds nécessaires. Le factor se retrouvait alors avec une créance impayée, tandis que les fraudeurs avaient déjà empoché l’argent.