Un homme vient d’être condamné à une peine de prison ferme pour avoir fraudé au compteur Linky, une première en France. Selon Capital, cette décision, rendue fin avril 2026, marque un tournant dans la lutte contre les trafics liés aux compteurs intelligents. L’individu, qui prodiguait également des conseils sur les réseaux sociaux pour manipuler ces dispositifs, a écopé de neuf mois de prison ferme pour « complicité d’escroquerie à la consommation d’électricité ».
Ce qu'il faut retenir
- Un homme condamné à neuf mois de prison ferme pour fraude au compteur Linky, une première en France selon Capital.
- Il a non seulement fraudé lui-même, mais a aussi diffusé des tutoriels sur les réseaux sociaux pour encourager ces pratiques.
- Enedis estime que plus de 100 000 suspicions de fraude ont été recensées ces cinq dernières années.
- La fraude représente un manque à gagner et expose les utilisateurs à des risques d’électrocution ou d’incendie.
- Les sanctions prévues par la loi peuvent aller jusqu’à 75 000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement.
Une condamnation historique pour fraude au Linky
Pour la première fois en France, un individu a été condamné à une peine de prison ferme pour fraude au compteur Linky. L’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, a été reconnu coupable non seulement d’escroquerie au préjudice d’Enedis, mais aussi de complicité pour avoir partagé des méthodes de fraude sur les réseaux sociaux. Selon Capital, cette double condamnation a été saluée par Enedis comme un « signal judiciaire fort ».
Le directeur référent Grand Est et directeur régional Lorraine d’Enedis, Hervé Luthringer, a précisé dans les colonnes de Capital que cette fraude constituait une « électricité volée ». Il a également souligné que ces agissements représentent un danger électrique pour les utilisateurs, en raison des risques accrus d’électrocution ou d’incendie.
Un phénomène en hausse et un coût pour la collectivité
Les fraudes aux compteurs Linky se multiplient depuis plusieurs années. Selon Hervé Luthringer, Enedis a enregistré plus de 100 000 suspicions de fraude en cinq ans, un chiffre qui donne la mesure de l’ampleur du phénomène. « C’est comme si un habitant de Meurthe-et-Moselle sur deux ne payait pas sa facture d’électricité », a-t-il illustré. En 2025, l’entreprise a effectué 40 000 contrôles, un chiffre qui a bondi à 60 000 en 2026.
Les fraudeurs ne sont pas les seuls à payer le prix de leurs actes. Hervé Luthringer a rappelé que ces agissements représentent un « manque à gagner » pour Enedis, qui se répercute in fine sur l’ensemble des consommateurs. « Chaque consommateur qui paye sa facture finit par payer pour ceux qui ne le font pas », a-t-il dénoncé. La fraude prive également la collectivité des ressources nécessaires pour moderniser le réseau électrique.
Des sanctions lourdes prévues par la loi
Les autorités ne laissent pas ces fraudes sans réponse. Selon la loi, les peines encourues pour vol d’énergie ou escroquerie peuvent être très lourdes. Les fraudeurs s’exposent à une amende pouvant atteindre 75 000 euros pour vol d’énergie et jusqu’à 375 000 euros pour escroquerie. Par ailleurs, les contrevenants risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
Ces sanctions s’appliquent aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. Capital a notamment rapporté le cas d’un agriculteur condamné à 1 000 euros d’amende avec sursis après avoir fraudé Enedis pendant deux ans. Plus récemment, des restaurateurs ont été pris en flagrant délit pour avoir installé des dérivations illégales sur leurs compteurs.
Un réseau de fraudeurs démantelé
L’enquête qui a conduit à la condamnation de cet homme a révélé l’existence de véritables réseaux organisés autour de la fraude au Linky. Enedis a mis au jour des tutoriels en ligne et des groupes dédiés à la manipulation des compteurs. Ces pratiques, qui se répandent via les réseaux sociaux, exposent non seulement les fraudeurs à des risques juridiques, mais aussi les utilisateurs à des dangers électriques.
Hervé Luthringer a insisté sur la nécessité de lutter contre ces agissements, soulignant que « chaque consommateur qui paye sa facture finit par payer pour ceux qui ne le font pas ». La condamnation de cet homme envoie un message clair : les fraudeurs ne bénéficieront d’aucune impunité.
« Il y a une question d’équité, car les gens qui se permettent de faire ça ne paient plus leur électricité, mais il faut bien que quelqu’un paie, et ça, c’est reporté sur la collectivité. » — Hervé Luthringer, directeur référent Grand Est et directeur régional Lorraine d’Enedis
Cette affaire rappelle également l’importance de la vigilance des consommateurs. En cas de suspicion de fraude, il est conseillé de signaler les agissements aux autorités compétentes pour éviter des poursuites judiciaires ou des accidents électriques.
Les fraudeurs s’exposent à une amende pouvant atteindre 75 000 euros pour vol d’énergie et jusqu’à 375 000 euros pour escroquerie. Ils risquent également une peine de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans, selon la gravité des faits.
Il est possible de signaler une fraude en contactant directement Enedis via son site officiel ou par téléphone. Les signalements peuvent également être transmis aux forces de l’ordre pour investigation.