Le marché du travail espagnol affiche une santé insolente en ce printemps 2026. Selon Euronews FR, le nombre de demandeurs d’emploi a reculé de 36 323 personnes en mai, pour s’établir à 2,32 millions, son niveau le plus bas pour un mois de mai depuis 2007. Cette baisse s’inscrit dans un contexte de dynamisme économique porté par la saison touristique, qui a dopé l’embauche dans des secteurs clés comme l’hôtellerie-restauration.
Ce qu'il faut retenir
- 2,32 millions de chômeurs en mai 2026, soit le niveau le plus bas pour un mois de mai depuis 2007
- Recul du chômage de 134 162 personnes en un an, tous secteurs confondus
- 22,3 millions de cotisants à la Sécurité sociale, un record historique
- L’hôtellerie-restauration a créé 66 000 emplois en un mois
- 572 061 contrats à durée indéterminée signés en mai, soit 43,2 % des embauches
- 3,36 millions de travailleurs étrangers affiliés, représentant 15 % du total
La baisse du chômage en mai marque une nouvelle étape dans la remontée du marché du travail espagnol. Comparé à avril, le nombre de personnes inscrites aux bureaux de l’emploi a chuté de 36 323 unités, précise le ministère du Travail et de l’Inclusion. Sur un an, le recul atteint même 134 162 personnes, un chiffre qui témoigne d’une amélioration structurelle de l’emploi dans le pays. « Mai est traditionnellement un mois de reprise pour l’emploi, grâce au début de la saison touristique, mais cette année, les chiffres dépassent les attentes », commente un économiste cité par Euronews FR.
Les chiffres de la Sécurité sociale confirment cette tendance. Le système a enregistré une hausse record de 231 975 cotisants en mai, portant le total à 22,3 millions d’affiliés – un niveau jamais atteint dans l’histoire. Même en neutralisant les effets saisonniers, le nombre de personnes occupées atteint 22,1 millions, après 64 mois consécutifs de croissance. « Ces chiffres illustrent une reprise solide et durable de l’emploi, qui ne se limite pas aux seuls emplois saisonniers », souligne le ministère espagnol.
L’hôtellerie-restauration en tête de la création d’emplois
Le secteur qui profite le plus de cette embellie est sans conteste l’hôtellerie-restauration. En mai, il a enregistré près de 66 000 affiliations supplémentaires par rapport à avril, frôlant désormais les 1,68 million de cotisants. Cette progression s’explique par l’afflux de touristes cet été, mais aussi par la demande accrue en services liés aux loisirs et à la restauration. « Le tourisme reste un moteur essentiel de l’économie espagnole, et cette année, il bat des records », explique un responsable du secteur.
Les activités administratives et les services auxiliaires suivent cette dynamique, avec 27 000 affiliés supplémentaires en un mois, portant leur total à près de 1,5 million. Sur un an, ce sont les activités de santé et les services sociaux qui affichent la plus forte hausse, avec plus de 77 000 cotisants supplémentaires. À l’inverse, le régime spécial des employés de maison continue de perdre des affiliés, tant sur un mois que sur un an.
Une croissance de l’emploi qui touche tous les groupes
La bonne santé du marché du travail espagnol ne se limite pas à quelques secteurs. Elle se vérifie aussi au sein de différents groupes démographiques. Les travailleurs étrangers, par exemple, représentent désormais 15 % des affiliés, avec 3,36 millions de cotisants. Les indépendants, quant à eux, atteignent un nouveau record avec 3,46 millions de travailleurs, soit 46 000 de plus qu’il y a un an. Ces nouveaux indépendants se concentrent principalement dans les activités professionnelles, scientifiques et techniques.
Du côté du chômage, les disparités persistent. Le nombre de femmes sans emploi est tombé à 1,4 million, son niveau le plus bas pour un mois de mai depuis 2008. Pourtant, il reste supérieur aux 900 000 hommes inscrits comme demandeurs d’emploi. Le chômage des jeunes, lui, atteint son plus bas niveau depuis le début des séries, avec 164 955 personnes de moins de 25 ans sans emploi. « La baisse du chômage des jeunes est un signe encourageant, mais il faut rester prudent : le marché du travail reste fragile pour cette catégorie », tempère un analyste.
Des disparités régionales marquées
Le dynamisme du marché du travail espagnol n’est pas uniforme. Certaines régions se distinguent particulièrement. Les Baléares, par exemple, ont enregistré la plus forte baisse mensuelle du chômage, tout en enregistrant la plus forte hausse de l’affiliation avec près de 48 200 cotisants de plus qu’en avril. En valeur absolue, Madrid arrive en tête de la création d’emplois sur un an, avec 127 841 affiliés supplémentaires par rapport à mai 2025.
Dans le détail, les services concentrent la plus forte baisse du chômage avec 29 829 demandeurs d’emploi en moins par rapport à avril. L’industrie, la construction et l’agriculture suivent cette tendance, à l’exception des personnes sans emploi antérieur, qui sont les seules à voir leur nombre augmenter.
Une contractualisation en progression
Côté embauches, les contrats à durée indéterminée représentent 43,2 % des 572 061 contrats signés en mai. Une proportion en hausse aussi bien par rapport au mois précédent que depuis le début de l’année. « La part des CDI progresse, ce qui est un bon signe pour la stabilité de l’emploi », se félicite un représentant du gouvernement.
Enfin, les dernières données disponibles sur la protection chômage, relatives à avril, indiquent que 1,78 million de prestations ont été versées. Le montant moyen perçu par bénéficiaire s’élève à 1 168,30 euros par mois, soit 22,6 euros de plus qu’il y a un an.
Une amélioration à nuancer
Si les chiffres de mai 2026 sont globalement positifs, certains secteurs et groupes restent à la traîne. Le régime spécial agricole, par exemple, a regagné des affiliés en mai, mais affiche encore un solde négatif sur un an. De même, les disparités entre hommes et femmes, ou entre régions, rappellent que la reprise économique reste inégale. « L’Espagne fait mieux que beaucoup de ses voisins européens, mais le chemin vers une économie plus inclusive et résiliente est encore long », commente un économiste.
Enfin, la question des salaires et de leur adéquation avec le coût de la vie reste entière. Malgré une hausse du nombre d’emplois, les syndicats pointent du doigt des rémunérations souvent insuffisantes, notamment dans les secteurs en tension comme l’hôtellerie-restauration. « Créer des emplois, c’est bien, mais encore faut-il qu’ils soient décents et durables », rappelle un représentant syndical.
Conclusion
L’Espagne affiche en ce printemps 2026 les meilleurs chiffres du marché du travail depuis près de vingt ans. Entre records d’affiliation à la Sécurité sociale, baisse historique du chômage et création massive d’emplois dans les secteurs porteurs, le bilan est globalement positif. Pourtant, des défis persistent, qu’il s’agisse des disparités régionales, des inégalités entre genres ou de la qualité des emplois créés. La capacité du pays à transformer cette embellie en une croissance durable et inclusive sera un test pour les mois et les années à venir.
En mai 2026, le nombre de chômeurs en Espagne s’élève à 2,32 millions, soit un taux de chômage qui n’avait pas été atteint pour un mois de mai depuis 2007. Ce chiffre marque une baisse de 36 323 personnes par rapport à avril et de 134 162 personnes sur un an.
Le secteur de l’hôtellerie-restauration a été le plus dynamique en mai, avec près de 66 000 affiliations supplémentaires. Les activités administratives et les services auxiliaires ont également enregistré une forte progression, avec 27 000 cotisants de plus. Sur un an, ce sont les activités de santé et les services sociaux qui ont le plus contribué à la hausse de l’emploi, avec plus de 77 000 affiliés supplémentaires.