L’inflation en Espagne a connu une nouvelle accélération en juillet, atteignant 3,5 % sur un an, contre 3,2 % en juin. Selon l’estimation provisoire publiée ce jeudi 7 août 2026 par l’Institut national de statistique (INE), cette hausse s’explique principalement par la progression des prix des carburants et de l’électricité, plus marquée qu’en juillet 2025. C’est la première fois que l’inflation dépasse 3 % pendant cinq mois consécutifs, depuis mai 2024.

Ce rebond s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes au Proche-Orient, qui ont contribué à faire grimper les prix internationaux du pétrole et du gaz ces dernières semaines. Malgré les mesures gouvernementales mises en place pour limiter l’impact de cette hausse sur les ménages, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits alimentaires non transformés et l’énergie — a également augmenté, passant de 2,9 % à 3 %. Selon Euronews FR, ces chiffres illustrent des pressions inflationnistes plus larges que celles liées uniquement aux fluctuations des cours de l’énergie.

Ce qu’il faut retenir

  • L’inflation globale en Espagne a atteint 3,5 % en juillet, soit une hausse de trois dixièmes de point par rapport à juin.
  • Cette progression est portée par l’augmentation des prix des carburants et de l’électricité, plus forte qu’en juillet 2025.
  • L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation non transformée et l’énergie, s’établit à 3 %, en hausse de 0,1 point.
  • L’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour les comparaisons européennes, affiche 3,8 %, soit deux dixièmes de plus qu’en juin.
  • Cinq mois consécutifs au-dessus de 3 % : un niveau inédit depuis mai 2024.
  • Le ministère espagnol de l’Économie assure que les dispositifs mis en place face au conflit avec l’Iran restent actifs pour limiter l’impact sur le pouvoir d’achat.

Une remontée des prix liée à l’énergie et aux tensions internationales

L’INE précise que la hausse des prix des carburants et lubrifiants pour véhicules particuliers, ainsi que celle de l’électricité, a été plus marquée en juillet 2026 qu’à la même période en 2025. Cette dynamique s’explique en grande partie par l’enchérissement de l’énergie, directement lié aux tensions géopolitiques persistantes au Proche-Orient. Ces dernières semaines, les cours du pétrole et du gaz ont connu une nouvelle poussée, alimentée par l’incertitude géopolitique et les risques de perturbation des approvisionnements.

— Ces tensions ont un effet direct sur les prix intérieurs, surtout dans un pays comme l’Espagne, où la dépendance aux importations d’énergie reste forte. Bref, le contexte international joue un rôle clé dans cette remontée de l’inflation, alors que Madrid tente de préserver le pouvoir d’achat des ménages face à cette pression.

L’inflation sous-jacente confirme des tensions plus structurelles

L’inflation sous-jacente, qui permet d’évaluer la tendance des prix en excluant les produits les plus volatils comme l’alimentation non transformée et l’énergie, a également progressé. Elle est passée de 2,9 % à 3 % en un mois, selon les données de l’INE. Cette hausse confirme que les pressions inflationnistes ne se limitent pas à l’énergie, mais s’étendent à d’autres secteurs de l’économie.

Parmi les facteurs mentionnés, certains économistes évoquent une demande intérieure toujours soutenue, couplée à des coûts de production qui peinent à redescendre après des années de perturbations logistiques et d’augmentation des matières premières. Pour autant, les autorités espagnoles assurent que les mesures exceptionnelles prises — notamment dans le cadre de la gestion des conséquences économiques du conflit avec l’Iran — continuent de porter leurs fruits pour amortir le choc sur les ménages et les entreprises.

L’IPCH espagnol dépasse la moyenne européenne

Du côté de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour comparer l’inflation entre les pays de l’Union européenne, l’Espagne affiche un taux annuel de 3,8 % en juillet, contre 3,6 % en juin. Ce chiffre place le pays au-dessus de la moyenne de la zone euro, où l’inflation globale s’établissait autour de 3 % à la même période, selon les dernières données disponibles.

Cette divergence s’explique en partie par la structure du panier de consommation espagnol, plus exposé aux variations des prix de l’énergie que certains de ses voisins. Cela pourrait peser sur les discussions au sein de la BCE, alors que l’institution monétaire européenne cherche à adapter sa politique en fonction des dynamiques inflationnistes propres à chaque État membre.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios se dessinent pour les prochains mois. D’une part, la poursuite des tensions au Proche-Orient pourrait maintenir une pression à la hausse sur les prix de l’énergie, surtout si les approvisionnements en gaz et en pétrole restent perturbés. D’autre part, les effets des mesures gouvernementales en Espagne devraient être évalués plus précisément d’ici la fin de l’été, avec des ajustements possibles si l’inflation ne redescend pas comme anticipé.

Enfin, les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) concernant les taux d’intérêt pourraient être influencées par cette inflation espagnole persistante, alors que l’institution cherche à concilier lutte contre l’inflation et soutien à la croissance. Les prochaines publications de l’INE et de l’Eurostat, prévues pour septembre 2026, seront déterminantes pour évaluer l’évolution de la situation.

En conclusion, si l’Espagne fait face à une inflation en hausse, le gouvernement mise sur ses dispositifs de protection sociale et ses mesures ciblées pour limiter l’impact sur les ménages les plus vulnérables. Pour autant, l’incertitude géopolitique et la volatilité des prix de l’énergie laissent peu de marges de manœuvre. Une chose est sûre : les prochaines semaines seront décisives pour savoir si ce rebond inflationniste n’est qu’un soubresaut temporaire ou le signe d’une tendance plus durable.

L’inflation sous-jacente permet d’évaluer la tendance des prix en excluant les produits les plus volatils, comme l’alimentation non transformée et l’énergie. Elle reflète ainsi des pressions plus structurelles sur l’économie, moins sensibles aux chocs ponctuels. Une hausse de cette inflation suggère que les pressions sur les prix ne se limitent pas aux fluctuations des cours de l’énergie, mais touchent aussi d’autres secteurs.