Ce lundi 10 août 2026, l’émission Good Morning Market diffusée sur BFM Business a consacré un segment à l’analyse des ETF à effet de levier, ces produits financiers qui amplifient les mouvements des indices sous-jacents. L’invité de cette édition, Roni Michaly, président de Galilée AM, a détaillé les mécanismes et les risques associés à ces instruments souvent méconnus des investisseurs particuliers.
Ce qu'il faut retenir
- Les ETF à effet de levier permettent d’amplifier les performances d’un indice, à la hausse comme à la baisse, grâce à un multiplicateur généralement compris entre 2 et 3.
- Ces produits, destinés aux investisseurs avertis, sont souvent utilisés pour des stratégies de court terme en raison de leur volatilité accrue.
- Roni Michaly, président de Galilée AM, a souligné les risques de « corrosion du capital » en cas de mouvements prolongés contre la position prise.
- Selon BFM Business, ces ETF sont de plus en plus plébiscités dans un contexte de recherche de rendements élevés, malgré les mises en garde des régulateurs.
- L’émission a également rappelé que ces produits nécessitent une surveillance quotidienne en raison de leur sensibilité aux variations du marché.
Un focus sur des instruments financiers complexes et risqués
Les ETF à effet de levier, ou leveraged ETF, sont des fonds indiciels cotés en Bourse qui reproduisent, avec un multiplicateur, les performances d’un indice de référence. Par exemple, un ETF x3 sur le CAC 40 vise à tripler les gains (ou les pertes) de l’indice en une journée. Comme l’a expliqué Roni Michaly lors de son intervention, ces produits sont conçus pour des stratégies spéculatives à court terme, et non pour un investissement passif de long terme.
Leur fonctionnement repose sur des rééquilibrages quotidiens, ce qui peut entraîner un phénomène de « décrochage » par rapport à l’indice sous-jacent sur des périodes prolongées. «
Un investisseur qui garde un ETF à effet de levier pendant plusieurs mois risque de voir son capital s’éroder, même si l’indice sous-jacent finit par remonter. C’est ce qu’on appelle l’effet de levier inverse.» a précisé le président de Galilée AM.
Des opportunités… mais aussi des pièges pour les épargnants
Selon BFM Business, ces produits attirent de plus en plus d’investisseurs en quête de rendements rapides, notamment dans un environnement de taux bas où les opportunités classiques se raréfient. Cependant, leur utilisation comporte des risques majeurs. Les ETF à effet de levier sont souvent accusés d’amplifier la volatilité des marchés, surtout en période de crise. En 2025, par exemple, plusieurs fonds ont enregistré des pertes bien supérieures à celles des indices de référence, illustrant leur dangerosité.
Les régulateurs, dont l’AMF en France, multiplient les mises en garde. En 2024, l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) avait déjà alerté sur le caractère « inapproprié » de ces produits pour la majorité des épargnants. Malgré cela, leur popularité ne faiblit pas, portée par une communication marketing parfois trompeuse.
Un débat récurrent dans le monde de la gestion d’actifs
L’intervention de Roni Michaly s’inscrit dans un débat plus large au sein de la communauté financière. Certains gérants, comme ceux de Galilée AM, mettent en avant l’utilité de ces outils pour les investisseurs institutionnels ou les traders expérimentés. D’autres, en revanche, dénoncent leur caractère « trompeur » pour le grand public.
Lors de l’émission, Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, a rappelé que ces ETF ne doivent pas être confondus avec des produits classiques. «
Il ne s’agit pas d’un investissement, mais d’une stratégie de trading. Leur détention overnight est déconseillée, sauf pour les profils les plus aguerris.» a-t-il déclaré. Un point de vue partagé par Mikael Petitjean, chef économiste de Warteloo AM, qui a souligné l’importance de bien comprendre le mécanisme de rééquilibrage quotidien avant d’y recourir.
Pour ceux qui souhaitent approfondir le sujet, Good Morning Market est diffusée du lundi au vendredi sur BFM Business et disponible en podcast. L’émission du 10 août, avec l’intervention complète de Roni Michaly, peut être réécoutée en ligne.
Un ETF classique reproduit simplement la performance d’un indice, avec un multiplicateur de 1. Un ETF à effet de levier, lui, amplifie les mouvements de l’indice (par exemple x2 ou x3), ce qui peut générer des gains importants… mais aussi des pertes bien plus rapides. Contrairement à un ETF classique, il ne s’agit pas d’un placement passif, mais d’un outil spéculatif nécessitant une gestion active.
Les régulateurs, comme l’AMF en France ou l’ESMA en Europe, alertent sur plusieurs risques : la complexité des produits, leur inadéquation pour les épargnants non avertis, et leur capacité à amplifier la volatilité des marchés. En cas de mouvements prolongés contre la position prise, l’effet de levier peut « corroder » le capital, même si l’indice finit par remonter.