L’opérateur boursier Euronext, qui gère les places financières de Paris, Milan, Bruxelles, Amsterdam ou encore Lisbonne, a publié ce mercredi 20 mai des résultats financiers pour le premier trimestre 2026 largement supérieurs aux prévisions des analystes. Ces performances s’expliquent notamment par le rachat récent de la Bourse d’Athènes et une politique de maîtrise des dépenses opérationnelles particulièrement stricte, selon BFM Bourse.

Avec ces résultats, Euronext devient la dernière société du CAC 40 à avoir rendu publics ses chiffres pour le premier trimestre, clôturant ainsi la saison des publications des grandes entreprises françaises pour cette période. La société a radicalement transformé son paysage depuis son retour en Bourse en 2014, multipliant les acquisitions stratégiques pour élargir son portefeuille de services et renforcer sa position sur le marché européen.

Ce qu'il faut retenir

  • Un bond des revenus de 15,3% en données publiées pour le premier trimestre 2026, atteignant 528,5 millions d’euros, soit 3% de plus que les attentes du consensus.
  • L’Ebitda ajusté a progressé de 16,7% pour s’établir à 343,2 millions d’euros, dépassant largement les prévisions de 325 millions d’euros.
  • La marge Ebitda atteint un niveau record de 64,9%, contre un consensus de 63,2%, grâce à une maîtrise des coûts et à la contribution des acquisitions récentes.
  • L’action Euronext a enregistré une hausse de 4,6% à la Bourse de Paris ce mercredi, réalisant la plus forte progression du CAC 40.

Euronext, une stratégie d’expansion agressive depuis 2014

Depuis son retour en Bourse en 2014, Euronext a profondément modifié sa structure en procédant à une série d’acquisitions ciblées. Initialement présent sur les places de Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et Paris, l’opérateur a successivement racheté les Bourses de Dublin en 2018, d’Oslo en 2019 et de Milan en 2021. La prise de contrôle de la Bourse d’Athènes, finalisée fin 2025, s’inscrit dans cette logique d’expansion continue.

Selon les estimations de Bank of America, cette dernière acquisition devrait permettre d’améliorer le bénéfice par action d’Euronext de 1% d’ici 2027. Ces opérations offrent à Euronext plusieurs avantages : un élargissement de sa gamme de services et, surtout, la réalisation de synergies de coûts significatives dans un secteur où les dépenses fixes pèsent lourdement. Une stratégie que ses concurrents directs, comme Deutsche Börse ou le London Stock Exchange Group, ont également adoptée, adoptant une politique de croissance externe agressive pour renforcer leur position.

Des performances financières exceptionnelles au premier trimestre

Les résultats trimestriels d’Euronext révèlent une dynamique financière particulièrement robuste. Les revenus totaux ont atteint 528,5 millions d’euros, en hausse de 15,3% en données publiées et de 7,6% en données comparables. Ces chiffres dépassent de 3% les attentes du consensus, selon Oddo BHF, l’un des principaux cabinets d’analyse suivant l’action.

Plusieurs divisions ont contribué à cette performance. La branche « securities services » a vu ses revenus progresser de 9,8% en données publiées, portée par une croissance à deux chiffres des activités de conservation et de compensation des titres. Quant à la division « capital markets and data solutions » – qui regroupe les cotations, les solutions de données et les services aux entreprises –, elle a enregistré une hausse de 18,2%, atteignant 185,9 millions d’euros. Cette progression s’explique en partie par l’intégration de la Bourse d’Athènes, acquise en novembre 2025, et du norvégien Admincontrol, racheté en mai 2024.

« Les revenus des marchés de capitaux sont supérieurs de 6% aux attentes, en partie grâce à l’intégration de la Bourse d’Athènes, acquise par Euronext fin 2025 », a souligné Alain du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance, lors d’une intervention dans l’émission Good Morning Market sur BFM Business.

Maîtrise des coûts et marge record : les clés du succès

L’un des principaux atouts d’Euronext réside dans sa capacité à contrôler ses dépenses opérationnelles. Au premier trimestre, les charges d’exploitation sous-jacentes se sont révélées inférieures de 1,7% aux prévisions, un écart que les analystes attribuent à la rigueur historique de la direction en matière de gestion budgétaire.

Julian Dobrovolschi, analyste chez Oddo BHF-ABN Amro, spécialiste du suivi d’Euronext, a précisé que les coûts étaient inférieurs de 2% aux attentes, ce qui a permis à l’Ebitda de dépasser largement les projections. Résultat : la marge Ebitda s’établit à 64,9%, un niveau qualifié de « record » par Oddo BHF, contre un consensus initial de 63,2%.

Cette performance s’explique par la structure même de l’industrie boursière, où les coûts fixes représentent une part majeure des dépenses. Dès lors, toute hausse des volumes négociés se traduit par une amélioration progressive de la rentabilité. Dobrovolschi a également noté que, si les charges du premier trimestre étaient annualisées, elles s’établiraient à 740 millions d’euros, soit 30 millions de moins que l’objectif annuel de 770 millions d’euros fixé par la direction.

Pour l’analyste, il est encore trop tôt pour envisager une révision à la hausse des prévisions annuelles. « Cela pourrait devenir plus réaliste après les résultats du premier semestre », a-t-il indiqué, tout en rappelant que la société avait historiquement tendance à dépasser ses objectifs initiaux.

Une valorisation jugée « raisonnable » par les experts

À la Bourse de Paris, l’action Euronext a enregistré une progression de 4,6% ce mercredi 20 mai, réalisant ainsi la plus forte hausse du CAC 40. Cette performance boursière a été saluée par les observateurs du marché, qui y voient une reconnaissance de la solidité des résultats publiés.

Selon Alain du Brusle, cette hausse était « totalement justifiée ». « Avant cette progression, la valorisation d’Euronext était raisonnable, s’échangeant à 12 fois l’Ebitda attendu et 17 fois les résultats pour 2027. Cela représente une décote de 25% par rapport au point haut de l’année dernière, à 150,30 euros », a-t-il détaillé.

Oddo BHF a salué des « résultats pratiquement irréprochables », précisant qu’Euronext avait réalisé une « solide performance » dans un contexte de volatilité accrue des marchés. Le cabinet a également confirmé son avis favorable sur la société à moyen terme, anticipant une croissance soutenue du chiffre d’affaires tout au long de l’année 2026.

Des perspectives de croissance du bénéfice par action proches de 10%

Les analystes s’attendent à ce que la croissance du bénéfice net par action d’Euronext se situe légèrement au-dessus de 10% en 2026. Ce chiffre permettrait à Euronext de réduire l’écart de rentabilité avec ses principaux concurrents, une dynamique que les spécialistes qualifient de positive.

« Euronext imprime une bonne dynamique, et les perspectives de croissance des bénéfices nets par action sont proches de 10% », a confirmé du Brusle. Il a ajouté que, compte tenu du « pipeline d’acquisitions » de la société, ce taux pourrait même être revu à la hausse. « Euronext a réalisé par le passé de petites acquisitions, donc il est possible que ces 10% deviennent plus élevés », a-t-il expliqué.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Euronext consisteront à finaliser l’intégration des actifs récemment acquis, notamment la Bourse d’Athènes, et à poursuivre sa stratégie d’expansion ciblée. Les investisseurs surveilleront de près l’évolution des coûts opérationnels et la capacité de la direction à maintenir une marge Ebitda élevée. Les résultats du premier semestre 2026, attendus pour fin juillet, pourraient donner lieu à une révision des prévisions annuelles, si la tendance actuelle se confirme. Par ailleurs, tout nouveau mouvement d’acquisition pourrait influencer significativement la valorisation de l’action.

En conclusion, Euronext confirme sa capacité à surprendre positivement le marché grâce à une gestion rigoureuse et une stratégie d’expansion bien maîtrisée. Si la volatilité des marchés persiste, l’opérateur boursier aura l’opportunité de démontrer la résilience de son modèle économique.

Le rachat de la Bourse d’Athènes, finalisé fin 2025, permet à Euronext d’étendre sa présence en Europe du Sud et de diversifier ses activités. Selon les estimations de Bank of America, cette acquisition devrait contribuer à hauteur de 1% à l’amélioration du bénéfice par action d’ici 2027. Elle renforce également les synergies de coûts, un atout clé dans un secteur où les dépenses fixes sont importantes.

L’action Euronext a bondi de 4,6% ce mercredi, réalisant la plus forte hausse du CAC 40. Cette progression s’explique par la publication de résultats financiers supérieurs aux attentes, avec un Ebitda record de 64,9% et des revenus en hausse de 15,3%. Les analystes, comme Alain du Brusle ou Oddo BHF, considèrent cette performance comme « justifiée » au regard de la valorisation actuelle, estimée à 12 fois l’Ebitda.