Le sort de la Fonderie de Bretagne, implantée à Caudan dans le Morbihan et spécialisée dans la fabrication de corps creux d’obus pour le compte de la défense nationale, reste en suspens. Un investisseur encore inconnu serait sur le point de racheter les activités de défense d’Europlasma, dont celles de l’usine bretonne, selon les informations révélées par Ouest France ce 24 avril 2026. Pourtant, le groupe industriel français continuerait à participer au projet, comme l’a précisé son PDG lors d’une audition devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale, mardi 23 avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Un repreneur non identifié est pressenti pour racheter les activités défense d’Europlasma, incluant la Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan).
  • Europlasma maintiendrait sa participation au projet malgré la cession envisagée, selon les déclarations de son PDG auditionné à l’Assemblée nationale.
  • Les salariés de l’usine restent dans l’incertitude quant à l’avenir de leur site industriel.

Cette situation complexe a été exposée lors d’une audition publique à laquelle a participé le dirigeant du groupe. Europlasma, qui mise depuis plusieurs années sur la production de composants pour l’industrie de défense, voit son avenir lié à un partenariat dont les contours restent flous. La Fonderie de Bretagne, créée pour répondre aux besoins spécifiques des armées françaises, pourrait ainsi changer de propriétaire sans que son activité ne soit interrompue. « Nous restons engagés dans le projet », a souligné le PDG lors de son intervention devant les députés, sans pour autant dévoiler de détails sur les négociations en cours.

Côté salariés, l’attente est palpable. À Caudan, l’usine emploie plusieurs dizaines de personnes, et le maintien de leur emploi dépend directement de la conclusion de cette transaction. « On ne sait pas qui reprendra les activités, ni quand cela se concrétisera », confie un employé sous couvert d’anonymat. Les incertitudes pèsent sur le moral des équipes, d’autant que le site joue un rôle stratégique dans l’approvisionnement des forces armées. La Fonderie de Bretagne produit notamment des enveloppes métalliques pour les munitions, un domaine où la souveraineté industrielle française est un enjeu majeur.

Un projet industriel sous haute tension

Le possible rachat des activités défense d’Europlasma s’inscrit dans un contexte où l’État français cherche à renforcer ses capacités industrielles autonomes. Depuis le début du conflit en Ukraine, les besoins en armement et en composants stratégiques se sont intensifiés, poussant les pouvoirs publics à sécuriser les filières locales. La Fonderie de Bretagne, comme d’autres sites français, est ainsi devenue un maillon essentiel de cette chaîne de production.

Cependant, la transaction envisagée soulève des questions. L’identité du repreneur, tout comme les garanties qu’il apportera sur l’emploi et les investissements, n’ont pas été communiquées. « Les salariés ont besoin de visibilité », rappelle un représentant syndical. Europlasma, de son côté, insiste sur la continuité de son implication, mais sans préciser dans quelle mesure. Autant dire que la situation reste fragile, avec un risque de perturbations si les discussions traînent ou si les conditions du rachat ne sont pas remplies.

L’audition parlementaire, un éclairage partiel

L’audition du PDG d’Europlasma devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale visait à faire la lumière sur l’avenir de la Fonderie de Bretagne. Les députés ont cherché à obtenir des réponses sur les conséquences industrielles et sociales de cette possible cession. Le groupe a confirmé sa volonté de poursuivre son engagement, mais sans lever le voile sur les modalités pratiques du projet.

Cette audition s’inscrit dans un cadre plus large : celui d’une réflexion sur la résilience des industries de défense françaises. Avec des tensions géopolitiques persistantes, la question de la souveraineté industrielle est plus que jamais au cœur des débats. Europlasma, en tant qu’acteur historique de ce secteur, se retrouve au cœur de ces enjeux, entre impératifs économiques et impératifs stratégiques.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes. Si les négociations aboutissent, un repreneur pourrait être officiellement annoncé d’ici quelques semaines, permettant de clarifier le devenir de la Fonderie de Bretagne. Dans le cas contraire, Europlasma pourrait être contraint de réévaluer sa stratégie industrielle, avec des conséquences potentielles pour les salariés et pour l’approvisionnement des armées. Une chose est sûre : le dossier reste sous haute surveillance, à la fois par les pouvoirs publics et par les représentants du personnel.

Pour l’heure, l’attente continue à Caudan, comme ailleurs en France, où la question de l’indépendance industrielle reste un sujet de premier plan. Les prochaines déclarations des dirigeants d’Europlasma, ainsi que les décisions des autorités compétentes, seront déterminantes pour trancher une fois pour toutes le sort de la Fonderie de Bretagne.

La Fonderie de Bretagne, basée à Caudan dans le Morbihan, est spécialisée dans la fabrication de corps creux d’obus pour l’industrie de défense. Elle produit notamment des enveloppes métalliques utilisées dans la confection des munitions, un composant clé pour les armées françaises. Son activité s’inscrit dans une logique de souveraineté industrielle, alors que l’État cherche à réduire sa dépendance aux importations.