Un retour de vacances peut parfois changer une vie. Pour Mirko Kedenburg, ce fut le cas il y a quelques années lorsqu’il a quitté l’Allemagne pour s’installer en Croatie, près de Zadar, avec sa famille. Son témoignage, publié par le quotidien allemand Die Welt et relayé par Courrier International, illustre une tendance croissante en Europe : des expatriations motivées non pas par des raisons économiques, mais par une quête de meilleures conditions de vie et de relations sociales.
Ce qu'il faut retenir
- Mirko Kedenburg a quitté l’Allemagne pour la Croatie après un séjour touristique, sans projet migratoire initial, selon Courrier International.
- Son départ a été accéléré par un sentiment de déclin des infrastructures allemandes, notamment pendant la période post-Covid.
- En Croatie, il décrit un environnement où les interactions sociales sont plus spontanées, notamment envers les enfants, contrairement à l’Allemagne.
- L’installation a nécessité des ajustements professionnels et linguistiques, mais n’a pas remis en cause son choix.
- Ce récit reflète une tendance plus large d’expatriation en Europe, où les critères économiques ne sont plus les seuls déterminants.
Un départ impulsif, né d’un séjour anodin
Mirko Kedenburg, installé près de Zadar en Croatie avec sa famille, n’a pas planifié son départ de Brême pendant des mois. Comme il l’explique dans une interview accordée au Die Welt, l’idée est née lors d’un retour de vacances, évoquée d’abord sur le ton de la plaisanterie. « C’était une idée complètement absurde », raconte-t-il. Pourtant, ce qui avait commencé comme une remarque sans conséquence est devenu, en quelques semaines, une décision de vie. Le retour en Allemagne n’a fait que confirmer ce choix, révélant à quel point son quotidien allemand ne lui convenait plus.
Pourtant, sa situation en Allemagne était stable : emploi en cours, logement récent, et un enfant en bas âge. Le déclic est venu d’un sentiment de lassitude, notamment pendant la période post-Covid, où les relations sociales semblaient plus tendues et distantes. « Les infrastructures en Allemagne sont dans un état qu’on a du mal à concevoir », déclare-t-il. Un constat qui a pesé dans la balance face à la simplicité des interactions quotidiennes en Croatie.
Une société plus spontanée, surtout envers les enfants
Ce qui frappe le plus Mirko Kedenburg depuis son arrivée en Croatie, c’est la différence dans les interactions sociales. Il décrit un environnement où les règles semblent moins rigides, où les gens agissent de manière plus spontanée. Un contraste particulièrement visible dans la place accordée aux enfants. « Lors de nos premières sorties avec eux au supermarché ou au restaurant, ils jouaient, ils faisaient du bruit, et les gens le vivaient très calmement », explique-t-il. « C’est même l’inverse [de l’Allemagne] : en Croatie, tu peux te faire reprendre si tu demandes à tes enfants de se taire. »
Cette liberté accordée aux plus jeunes reflète une approche différente de la vie en société. En Allemagne, la discipline et le respect des normes sociales priment souvent, tandis qu’en Croatie, la priorité semble être donnée au bien-être collectif et à l’épanouissement individuel. Une nuance qui a convaincu la famille Kedenburg de rester, malgré les défis initiaux.
Des défis pratiques, mais un choix qui persiste
L’installation en Croatie n’a pas été un long fleuve tranquille. Comme le souligne Mirko Kedenburg, le couple a dû réorienter ses activités professionnelles après plusieurs projets qui n’ont pas abouti. Les choix économiques se sont faits progressivement, en fonction des opportunités locales, notamment dans l’immobilier et la gestion de biens. « On a dû s’adapter à un nouvel environnement, ce qui n’a pas toujours été simple », confie-t-il.
Les difficultés linguistiques et administratives ont également marqué les premiers mois. Comprendre les démarches locales, communiquer avec les services publics ou même faire ses courses a nécessité un temps d’adaptation. Pourtant, ces obstacles n’ont pas ébranlé la décision du couple. « Cela ne remettait pas en cause notre choix initial », précise-t-il. Le contraste avec l’Allemagne, où les infrastructures et les relations sociales lui semblaient défaillantes, était trop marqué pour revenir en arrière.
Une tendance européenne qui dépasse l’économie
Le parcours de Mirko Kedenburg n’est pas isolé. Selon Courrier International, ce type d’expatriation reflète une dynamique plus large en Europe, où les départs ne s’expliquent plus uniquement par des critères économiques. Les expatriés recherchent désormais des environnements où la qualité de vie, les relations sociales et l’éducation des enfants priment. Un phénomène qui touche aussi bien les retraités que les actifs, ou les familles avec de jeunes enfants.
En Croatie, comme dans d’autres pays du sud de l’Europe, l’accueil des étrangers, la flexibilité des règles sociales et un coût de la vie souvent plus abordable attirent de plus en plus de personnes en quête d’un mode de vie plus serein. « On laisse les enfants vivre leur vie », résume Mirko Kedenburg. Une phrase qui résume à elle seule l’attrait de ce pays pour de nombreux expatriés allemands, français ou autres.
Pour Mirko Kedenburg et sa famille, l’aventure croate semble bien engagée. Après des ajustements initiaux, ils ont trouvé un équilibre qui leur convient, loin des contraintes du quotidien allemand. Un exemple qui pourrait inspirer d’autres personnes en quête de changement.
Parmi les défis mentionnés par Mirko Kedenburg, les difficultés linguistiques et l’adaptation aux démarches administratives locales figurent en tête. Comprendre les règles d’urbanisme, gérer les contrats de location ou les démarches fiscales peut prendre du temps, surtout sans maîtrise de la langue croate.
Selon le témoignage rapporté par Courrier International, la Croatie attire aussi bien des familles avec enfants que des actifs. Le critère principal semble être la recherche d’un meilleur cadre de vie et de relations sociales plus détendues, quel que soit l’âge ou la situation professionnelle.