Les étés caniculaires transforment de plus en plus souvent les centres-villes en véritables fournaises. Une situation qui pousse à repenser l’aménagement des espaces publics, comme le propose un projet suisse présenté par Journal du Geek. Deux designers, dont les noms ne sont pas précisés dans l’article, ont imaginé une solution à la fois simple et ingénieuse : utiliser de la terre cuite, de l’eau et l’énergie solaire pour abaisser naturellement les températures urbaines, sans recourir à la climatisation.

Leur initiative, baptisée Blocº, s’inscrit dans une démarche de rafraîchissement passif des villes. Selon les concepteurs, cette méthode pourrait permettre de réduire significativement l’effet d’îlot de chaleur urbain, un phénomène qui coûte des milliards d’euros chaque année en dépenses énergétiques et en santé publique.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet Blocº utilise de la terre cuite, de l’eau et l’énergie solaire pour rafraîchir les espaces publics.
  • Cette solution évite l’usage de climatisation et limite ainsi la consommation électrique.
  • L’objectif est de lutter contre les îlots de chaleur urbains, responsables de surcoûts énergétiques et de risques sanitaires.
  • Le système repose sur un principe de refroidissement passif, inspiré de techniques ancestrales.

Une réponse aux limites de la climatisation en milieu urbain

Les villes européennes, et notamment françaises, subissent de plein fouet les vagues de chaleur estivales. Les bâtiments en béton, les revêtements bitumineux et la densité des constructions amplifient les températures diurnes et nocturnes. Face à cette situation, les solutions traditionnelles, comme la climatisation, présentent un double inconvénient : elles augmentent la consommation d’énergie et rejettent de l’air chaud à l’extérieur, aggravant encore le problème.

C’est dans ce contexte que les deux designers suisses ont développé Blocº. Leur approche mise sur un matériau ancestral, la terre cuite, pour absorber l’humidité et la restituer sous forme de fraîcheur. « Le principe est simple : l’eau s’évapore au contact de la chaleur, ce qui abaisse la température ambiante », expliquent-ils dans une déclaration rapportée par Journal du Geek.

Un système inspiré des techniques traditionnelles de refroidissement

La terre cuite n’est pas un matériau nouveau dans l’architecture. Utilisée depuis des millénaires en Méditerranée ou en Asie, elle permet de réguler naturellement l’humidité et la température des bâtiments. Le projet Blocº adapte cette technique à l’échelle des espaces publics, comme les places, les parcs ou les trottoirs. Les blocs de terre cuite, poreux et résistants, sont conçus pour retenir l’eau de pluie ou celle distribuée par un système intégré.

Selon les concepteurs, ce dispositif pourrait réduire les températures de surface de plusieurs degrés par rapport à un revêtement classique. « Nous visons une baisse de 3 à 5 °C en période de canicule, ce qui améliorerait considérablement le confort des citadins », a précisé l’un des designers. Le projet a déjà fait l’objet de tests en laboratoire, avec des résultats encourageants.

Des applications potentielles dans les politiques urbaines

Le défi des îlots de chaleur urbains figure parmi les priorités des collectivités locales. En France, des villes comme Paris ou Lyon ont lancé des plans d’adaptation climatique, incluant la végétalisation ou la création de « couloirs frais ». Le projet Blocº pourrait s’intégrer à ces stratégies, en offrant une alternative aux solutions végétales, parfois coûteuses ou difficiles à entretenir.

Les designers suisses envisagent de commercialiser leur système sous forme de modules modulables, adaptables à différents types d’espaces. « Nous cherchons des partenaires locaux pour tester le dispositif en conditions réelles, notamment dans des villes exposées à des canicules fréquentes », a ajouté l’un des concepteurs. Une première phase de déploiement pourrait être envisagée dès l’été 2027, selon les retours des collectivités intéressées.

Et maintenant ?

Si les tests en laboratoire sont concluants, la prochaine étape consistera à valider l’efficacité du système en milieu urbain. Les designers suisses devraient multiplier les partenariats avec des communes européennes d’ici la fin de l’année 2026. Reste à voir si les collectivités seront prêtes à investir dans une solution encore expérimentale, alors que les budgets des villes sont déjà sollicités par d’autres urgences climatiques.

À plus long terme, des projets comme Blocº pourraient inspirer de nouvelles normes d’aménagement urbain, intégrant systématiquement des matériaux à faible empreinte carbone et des dispositifs de rafraîchissement passif. Une piste sérieuse pour concilier confort des habitants et transition écologique.

Selon Journal du Geek, le coût n’a pas encore été communiqué, mais les concepteurs évoquent un prix compétitif par rapport à d’autres solutions de rafraîchissement. L’entretien consisterait principalement en un réapprovisionnement en eau régulier et un nettoyage des blocs pour éviter l’encrassement des pores.