Eric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a réclamé un budget rectificatif à la rentrée pour renforcer les moyens alloués à la lutte contre les incendies et le réchauffement climatique. « Face aux mégafeux, on ne peut pas attendre janvier pour lancer des commandes », a-t-il insisté, comme le rapporte Libération.

Cette déclaration intervient alors que les épisodes de mégafeux se multiplient en France et en Europe, posant un défi croissant pour les pouvoirs publics. Eric Coquerel plaide pour une réallocation rapide des crédits afin de financer des mesures urgentes, notamment l’achat de matériel et la formation des équipes de secours. Son appel s’inscrit dans un contexte où les budgets traditionnels, souvent votés en fin d’année, ne permettent pas une réponse adaptée aux besoins immédiats.

Ce qu'il faut retenir

  • Eric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, demande un budget rectificatif à la rentrée pour augmenter les crédits dédiés à la lutte contre les incendies.
  • Cette initiative vise à financer des mesures urgentes, comme l’acquisition de matériel et la formation des pompiers.
  • L’argument central repose sur l’urgence climatique, avec des mégafeux de plus en plus fréquents et intenses en France et en Europe.
  • Les budgets traditionnels, votés en fin d’année, ne permettent pas une réponse adaptée aux besoins immédiats.
  • Eric Coquerel souligne que « on ne peut pas attendre janvier pour lancer des commandes », insistant sur la nécessité d’agir dès la rentrée parlementaire.

Une réponse urgente face à l’aggravation des mégafeux

Les mégafeux, ces incendies d’une ampleur exceptionnelle, sont devenus une réalité récurrente en France. Selon les experts, leur fréquence et leur intensité ont été multipliées par cinq en vingt ans, en raison du réchauffement climatique et de l’abandon partiel des pratiques de gestion des forêts. Les départements du sud de la France, comme les Bouches-du-Rhône ou les Pyrénées-Orientales, sont particulièrement exposés. Face à cette menace, les moyens alloués jusqu’à présent – souvent insuffisants ou tardifs – peinent à suivre.

Eric Coquerel, qui suit de près les questions budgétaires, rappelle que les crédits supplémentaires doivent être mobilisés sans délai. « Chaque jour compte », a-t-il expliqué à Libération. « Attendre janvier pour voter un budget supplémentaire, c’est prendre le risque de subir des dégâts irréparables. » Son plaidoyer s’appuie sur des retours terrain : les pompiers et les services de secours manquent cruellement de ressources pour faire face à l’urgence.

Des recettes à trouver pour financer l’effort

Outre l’augmentation des crédits, la commission des finances de l’Assemblée nationale planche sur des pistes pour financer ces dépenses supplémentaires. Parmi les solutions envisagées, une taxation ciblée des entreprises les plus polluantes ou une réaffectation partielle de fonds européens dédiés à la transition écologique. « Il faut trouver des recettes sans alourdir la dette », a précisé Eric Coquerel. Cette approche s’inscrit dans une logique de responsabilité budgétaire, alors que la France reste soumise aux règles européennes de maîtrise des déficits.

Cependant, cette recherche de financements pose des défis politiques. Certains partis, comme Les Républicains, s’opposent à toute hausse des prélèvements, tandis que la majorité présidentielle défend une approche pragmatique. « La priorité est d’éviter des blocages bureaucratiques », a souligné le député LFI, qui mise sur un compromis entre rigueur et efficacité.

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp du gouvernement, qui devra trancher lors de la rentrée parlementaire. Une commission spéciale pourrait être mise en place pour étudier les propositions de la commission des finances. Les premières décisions pourraient intervenir d’ici fin septembre, à condition que l’exécutif et le législatif trouvent un accord. Autant dire que les prochaines semaines seront décisives pour la réponse française à la crise des mégafeux.

Les associations environnementales, comme Greenpeace ou France Nature Environnement, attendent avec impatience les annonces officielles. Elles rappellent que sans investissements massifs et immédiats, les écosystèmes les plus fragiles pourraient subir des dommages irréversibles. Reste à voir si les promesses se traduiront en actes – et si les crédits promis seront débloqués à temps pour la prochaine saison des feux.

Les Bouches-du-Rhône, les Pyrénées-Orientales, le Var, l’Aude et les Landes figurent parmi les départements les plus touchés. Ces zones, marquées par des étés secs et des forêts denses, concentrent les risques les plus élevés, selon les données de l’Office national des forêts (ONF).