Les liquidateurs du fonds spéculatif crypto Three Arrows Capital (3AC) poursuivent désormais l’épouse de Zhu Su, cofondateur du fonds, afin de récupérer environ 40 millions de dollars issus de la vente d’une villa située à Dubaï. Selon Cryptoast, cet actif immobilier aurait été acquis grâce à un prêt en cryptomonnaies de 50 millions de dollars, consenti par 3AC quelques semaines seulement avant sa mise en liquidation en juin 2022.
Ce qu'il faut retenir
- Les liquidateurs de 3AC réclament 40 millions de dollars à l’épouse de Zhu Su, issus de la vente d’une propriété à Dubaï.
- Cette villa, achetée 110 millions de dirhams (environ 30 millions de dollars), aurait été financée par un prêt crypto de 50 millions de dollars accordé par 3AC.
- Le transfert du bien immobilier vers son épouse aurait été réalisé alors que Zhu Su purgeait une peine de prison à Singapour pour non-respect d’une décision de justice.
- Les liquidateurs, représentés par le cabinet Teneo, tentent de récupérer plus de 1,3 milliard de dollars auprès des cofondateurs de 3AC, accusés de dissimulation d’actifs.
- La chute de 3AC en juin 2022 a provoqué un effet domino dans l’écosystème crypto, entraînant la faillite de plusieurs acteurs majeurs comme Voyager Digital ou Celsius.
Un prêt controversé et un timing suspect
L’affaire prend une dimension particulière lorsque l’on examine les circonstances de cet achat immobilier. Selon les liquidateurs, la villa de Dubaï, acquise pour 110 millions de dirhams (soit environ 30 millions de dollars), aurait été financée par un prêt en cryptomonnaies de 50 millions de dollars octroyé par 3AC à Zhu Su lui-même. Trois semaines seulement séparaient cet achat de la liquidation du fonds, intervenue en juin 2022 dans le contexte de l’effondrement du marché crypto consécutif à la chute de Terra-Luna.
Cette opération interroge d’autant plus que l’achat a eu lieu dans les semaines précédant la faillite, alors que le marché crypto entrait en crise. Les liquidateurs estiment que ce prêt et cet achat immobilier visaient à soustraire des actifs avant la liquidation officielle du fonds. Une stratégie qui, si elle était avérée, pourrait constituer une dissimulation de patrimoine.
Un transfert réalisé depuis la prison de Singapour
Les procédures judiciaires révèlent des détails encore plus précis. D’après les informations rapportées par Cryptoast et confirmées par The Business Times, Zhu Su aurait transféré la propriété de Dubaï à son épouse alors qu’il purgeait une peine de prison à Singapour. Le cofondateur de 3AC avait été arrêté à l’aéroport de Changi en septembre 2023, avant d’être libéré fin décembre 2023 après une décision de justice.
Ce transfert, effectué depuis une cellule, soulève des questions sur la légitimité de l’opération. Les liquidateurs y voient une tentative de dissimulation d’actifs dans le cadre de la liquidation de 3AC, qui a été placée sous administration judiciaire en juin 2022. Zhu Su et son associé Kyle Davies sont aujourd’hui accusés d’avoir caché des transactions à fort effet de levier avant la faillite, ce qui a précipité la chute du fonds.
Une traque judiciaire de plus de 1,3 milliard de dollars
Les liquidateurs, représentés par le cabinet Teneo, mènent une procédure complexe pour retracer et récupérer les actifs des cofondateurs de 3AC. Ils réclament au total plus de 1,3 milliard de dollars à Zhu Su et Kyle Davies, accusés d’avoir dissimulé des actifs avant la faillite. Cette somme inclut les créances des créanciers de 3AC, dont la liquidation a provoqué un effet domino dans l’écosystème crypto.
Parmi les victimes de cette chute figurent des acteurs majeurs comme Voyager Digital, Celsius, BlockFi ou encore Genesis, tous exposés de manière excessive à 3AC. Leur faillite a illustré les risques systémiques liés à la concentration des expositions dans un secteur aussi volatil que les cryptomonnaies. Aujourd’hui, les liquidateurs tentent de récupérer ces fonds pour rembourser, au moins partiellement, les créanciers lésés.
Le rôle de Dubaï, nouvel eldorado crypto sous surveillance
Dubaï, devenue une place forte pour les investisseurs en cryptomonnaies grâce à un cadre réglementaire attractif, attire désormais l’attention des régulateurs et des liquidateurs. L’émirat, autrefois perçu comme un refuge pour les actifs numériques, n’échappe plus aux enquêtes transfrontalières. La procédure engagée contre l’épouse de Zhu Su marque une nouvelle étape dans la traque des fonds évaporés.
Cette affaire illustre les tensions entre l’attractivité économique de Dubaï et la nécessité de transparence dans un secteur encore marqué par des scandales financiers. Les autorités locales pourraient être amenées à renforcer leur coopération avec les liquidateurs internationaux pour éviter que l’émirat ne devienne un havre pour les actifs dissimulés. Reste à savoir si les liquidateurs parviendront à récupérer les 40 millions de dollars réclamés à l’épouse de Zhu Su.
Pour les créanciers de 3AC, cette affaire représente une nouvelle piste pour tenter de récupérer une partie de leurs pertes. Pour Zhu Su et Kyle Davies, elle pourrait aggraver leur situation déjà précaire, alors qu’ils tentent de se repositionner dans l’écosystème crypto via des projets comme OPNX ou 3AC Ventures.
La faillite de Three Arrows Capital reste à ce jour l’un des naufrages les plus importants de l’histoire des cryptomonnaies. Les procédures en cours rappellent les difficultés à établir des responsabilités claires dans un secteur encore en construction, où les actifs numériques côtoient des actifs traditionnels comme l’immobilier.
Les liquidateurs estiment que la villa de Dubaï, vendue pour environ 40 millions de dollars, a été acquise grâce à un prêt crypto de 50 millions de dollars consenti par 3AC. Le transfert de ce bien à son épouse alors que Zhu Su purgeait une peine de prison à Singapour est interprété comme une tentative de dissimulation d’actifs avant la liquidation du fonds.
Les liquidateurs, représentés par le cabinet Teneo, réclament au total plus de 1,3 milliard de dollars aux cofondateurs de 3AC, accusés d’avoir dissimulé des transactions à fort effet de levier avant la faillite du fonds en juin 2022.