Les pistes cyclables voient de plus en plus circuler des engins imposants, reconnaissables à leurs pneus larges et à leur allure motorisée : les fatbikes. Selon Ouest France, ces vélos électriques, souvent débridés par leurs propriétaires, dépassent régulièrement les 25 km/h autorisés par la réglementation en vigueur. Une situation qui suscite l’inquiétude des autorités, alors que ces deux-roues, proches des motos en termes de puissance, circulent en toute légalité… mais avec des risques accrus.
Ce qu'il faut retenir
- Les fatbikes, vélos électriques surpuissants, dépassent fréquemment les 25 km/h réglementaires
- Ces engins, dotés de moteurs électriques débridés, peuvent atteindre des vitesses comparables à celles des cyclomoteurs
- Leur circulation sur les pistes cyclables pose des questions de sécurité pour les usagers vulnérables
- Les autorités s’interrogent sur leur statut juridique et les mesures à prendre
Des engins qui bousculent les codes du vélo traditionnel
Avec leur cadre massif, leurs pneus de plus de 4 pouces de large et une position de conduite rappelant celle des motos, les fatbikes ne passent pas inaperçus. Selon Ouest France, ces vélos, initialement conçus pour les terrains accidentés comme le sable ou la neige, ont été détournés de leur usage premier. « On est face à des engins qui pèsent parfois plus de 30 kg et dont la puissance peut atteindre 1 000 watts », explique un responsable de la Fédération française de cyclotourisme, qui a souhaité rester anonyme. Autant dire que, côté sensations, on est loin du vélo classique.
Un cadre légal flou et des vitesses dépassant largement les limites
En France, la réglementation impose une vitesse maximale de 25 km/h pour les vélos à assistance électrique (VAE) non débridés. Pourtant, comme le rapporte Ouest France, la majorité des fatbikes commercialisés sont vendus avec un moteur déjà débridé, permettant d’atteindre des vitesses bien supérieures. « Rouler avec un tel engin, c’est un peu comme circuler en voiture sans assurance », souligne un gendarme spécialisé dans les infractions routières. Une comparaison qui en dit long sur les dangers encourus, tant pour les conducteurs que pour les piétons ou cyclistes lambda.
Des risques pour la sécurité des usagers vulnérables
Les autorités s’inquiètent particulièrement de la cohabitation entre ces vélos surpuissants et les autres usagers des voies vertes. Les fatbikes, en raison de leur poids et de leur vitesse, peuvent causer des accidents graves, notamment avec des enfants, des personnes âgées ou des cyclistes non motorisés. Selon une étude récente de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les collisions impliquant des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) ont augmenté de 15 % entre 2024 et 2025. « Ces engins ne sont pas conçus pour la circulation urbaine », rappelle un expert en sécurité routière, qui craint une multiplication des accidents.
Un statut juridique à clarifier
Le flou juridique entourant les fatbikes pose un autre problème. S’agit-il de vélos, de cyclomoteurs ou d’un autre type d’engin ? En l’absence de texte clair, les forces de l’ordre peinent à sanctionner les excès de vitesse ou les comportements dangereux. Certains maires ont déjà pris des arrêtés municipaux pour interdire leur circulation sur les pistes cyclables, mais cette solution reste limitée. « Il faut une harmonisation nationale », plaide un élu local, citant l’exemple de l’Allemagne, où les fatbikes débridés sont assimilés à des cyclomoteurs et soumis à immatriculation.
Des alternatives existent-elles ?
Certains constructeurs proposent désormais des fatbikes « légaux », limités à 25 km/h et conformes à la réglementation. Cependant, ces modèles, moins puissants, séduisent moins les amateurs de sensations fortes. « Le marché des fatbikes débridés reste très dynamique », confirme un revendeur en ligne, qui note une hausse des ventes de 20 % en 2025. Un paradoxe alors que les appels à la régulation se multiplient.
La balle est désormais dans le camp des législateurs. En attendant, les pistes cyclables continueront de voir défiler ces engins aussi impressionnants que controversés.
Selon le code de la route, la circulation avec un engin dépassant les 25 km/h peut être assimilée à une infraction pour défaut d’assurance ou conduite sans permis adapté. Les sanctions peuvent aller jusqu’à 1 500 € d’amende et la confiscation du véhicule, mais cela dépend de l’interprétation des forces de l’ordre et des tribunaux.
La réglementation varie selon les pays. En Allemagne et en Belgique, les engins dépassant 25 km/h sont assimilés à des cyclomoteurs et nécessitent une immatriculation et un permis. Aux États-Unis, certains États tolèrent leur usage sans restriction, tandis que d’autres les interdisent purement et simplement.