« Mon héritage ? Je n’ai pas laissé Nantes dans la merde. Ça, c’est un héritage et je le dois à une bonne gestion », a déclaré Waldemar Kita, président du FC Nantes, dans un entretien accordé à Eurosport ce vendredi 24 avril 2026, selon RMC Sport. Dans un contexte de crise sportive inédite pour le club, Kita assume une partie de la responsabilité tout en rejetant les critiques sur sa gestion, alors que le FC Nantes, lanterne rouge de Ligue 1, se dirige vers une troisième descente en Ligue 2.
Ce qu'il faut retenir
- Le FC Nantes est actuellement 17e de Ligue 1, avec seulement 5 points d’avance sur Auxerre et quatre journées restantes avant la fin de la saison, selon RMC Sport.
- Waldemar Kita, présent à la tête du club depuis 2007, admet que la situation pourrait « finir comme Bordeaux si ça continue », évoquant une possible troisième descente en Ligue 2.
- Le président a critiqué ouvertement son ancien entraîneur, Luis Castro, qu’il accuse d’avoir « fait descendre deux clubs en une saison » et d’être un « éducateur » incompétent.
- Le club nantais doit enchaîner deux déplacements difficiles (Rennes et Lens) puis affronter Marseille et Toulouse dans les dernières rencontres de la saison.
- Kita a également évoqué les tensions internes, les chants hostiles des supporters (« Casse-toi Waldemar, prends ton fils avec toi ») et ses difficultés à gérer une saison qualifiée de « cauchemardesque ».
Avec un effectif en lambeaux et une dynamique sportive désastreuse, le FC Nantes accumule les mauvaises performances. À quatre journées de la fin du championnat, les Canaris pointent à la 17e place du classement, avec seulement 31 points — cinq de moins qu’Auxerre, dernier non-relégable. Le calendrier qui s’annonce ne laisse guère de place à l’optimisme : après deux déplacements à Rennes et Lens, le club devra recevoir Marseille et Toulouse, deux adversaires redoutables. Autant dire que la pression est maximale pour éviter une descente historique, après celles de 2007 et 2009.
Dans cet entretien accordé à Eurosport, Waldemar Kita a tenté de justifier sa gestion tout en pointant du doigt ses prédécesseurs et ses entraîneurs successifs. « Il y a quand même 250 salariés, je n’en ai pas laissé un dans la merde. Au moins, j’aimerais qu’on dise : ‘il tient le club.’ Oui, je tiens le club. Comme je le peux, avec mes moyens, mais je le tiens », a-t-il affirmé, soulignant qu’il « ne peut pas continuer à travailler dans ce contexte-là ».
Kita n’a pas hésité à s’en prendre à son ancien entraîneur, Luis Castro, limogé après seulement 15 matchs à la tête de l’équipe en début de saison. « Ce coach va faire descendre deux clubs dans la même année (…) Ce type-là est à côté, c’est un éducateur. Il ne peut pas réussir », a-t-il lancé, rappelant avoir demandé son départ dès les matchs amicaux. Castro, aujourd’hui entraîneur de Levante en Liga, affiche une moyenne de 1,38 point par match depuis son arrivée, sans parvenir à sauver son équipe de la relégation.
Le président nantais a également évoqué les difficultés rencontrées avec ses choix techniques successifs. Après le renvoi de Castro, Kita a nommé Ahmed Kantari, lui-même limogé début mars pour permettre le retour de Vahid Halilhodzic. Ce dernier, suspendu pour quatre matchs après les incidents lors du match contre Brest, incarne à son tour les tensions récurrentes entre la direction et les supporters. « C’est catastrophique », avait d’ailleurs réagi Kita concernant cette sanction, selon RMC Sport.
Les relations entre la direction et les fans se sont fortement dégradées ces dernières semaines. Les supporters nantais, réunis sous la bannière « Brigade Loire », multiplient les chants hostiles envers Kita et son fils, Kolia, joueur du FC Nantes. « Casse-toi Waldemar, prends ton fils avec toi » est devenu un refrain récurrent dans les tribunes de la Beaujoire. Face à cette pression, le président a tenté de se défendre en insistant sur sa responsabilité dans la pérennité du club. « Si j'étais intervenu un peu plus cette saison, je pense qu'on n’en serait pas là (…) Aujourd’hui, on va descendre parce que j'ai tout laissé faire », a-t-il reconnu, tout en rappelant qu’il pourrait « lâcher tout le monde demain mais ce n’est pas honnête ».
Une saison noire, entre erreurs techniques et tensions internes
Cette saison 2025-2026 restera dans les mémoires comme l’une des pires de l’histoire du FC Nantes. Entre les changements incessants d’entraîneurs, les performances désastreuses sur le terrain et les conflits ouverts avec les supporters, le club semble au bord de l’implosion. Les choix de Kita en matière de recrutement et de management technique ont été largement contestés, notamment l’embauche de Luis Castro, rapidement devenu la cible de toutes les critiques.
Après son départ, le club a enchaîné avec Ahmed Kantari, un choix surprenant pour beaucoup d’observateurs. Ce dernier n’a tenu que quelques semaines avant d’être remercié, laissant place à Vahid Halilhodzic. L’ancien sélectionneur bosnien, revenu sur le banc nantais, a hérité d’une équipe en pleine crise de confiance et d’une pression médiatique et populaire sans précédent. La suspension de quatre matchs infligée par la LFP après les incidents lors de la rencontre contre Brest a encore aggravé la situation, privant Halilhodzic d’une partie des dernières rencontres décisives.
Les erreurs de casting ne se limitent pas aux entraîneurs. Le recrutement est également pointé du doigt, avec des joueurs sous-performants et un effectif déséquilibré. Malgré un budget parmi les plus modestes de Ligue 1, le FC Nantes a peiné à construire une équipe compétitive, accumulant les défaites et les matchs sans envergure. Les déplacements à Rennes et Lens, deux clubs bien armés pour la course au maintien, s’annoncent comme des tests cruciaux pour éviter la descente.
Kita face à ses contradictions : entre défense de son bilan et aveux d’impuissance
Dans son entretien à Eurosport, Waldemar Kita oscille entre la défense acharnée de son bilan et des aveux d’impuissance. Il met en avant la stabilité économique du club, avec 250 emplois préservés, et son engagement personnel dans la gestion du FC Nantes depuis près de vingt ans. Pourtant, ses déclarations révèlent une forme de lucidité sur les causes de l’échec actuel : « Si j'étais intervenu un peu plus cette saison, je pense qu'on n’en serait pas là. »
Cette prise de conscience tardive contraste avec ses propos sur la gestion du club. Kita assume une partie de la responsabilité, tout en rejetant l’idée d’une faute majeure de sa part. « Je ne peux pas continuer à travailler dans ce contexte-là », a-t-il déclaré, évoquant un environnement toxique aussi bien en interne qu’avec les supporters. Son message est clair : sans changement radical, la situation pourrait s’aggraver, à l’image de ce qu’a vécu Bordeaux lors de sa descente en Ligue 2 en 2022.
Pourtant, les solutions semblent limitées. Le président nantais, souvent critiqué pour son autoritarisme et ses choix discutables, reste en place malgré les pressions. Les supporters, eux, réclament son départ, tout comme celui de son fils, Kolia Kita, dont les performances en équipe première sont régulièrement remises en cause. Dans ce climat délétère, la priorité absolue reste sportive : éviter la descente en Ligue 2, même si le miracle semble de plus en plus improbable.
Les prochaines semaines seront déterminantes, non seulement pour le FC Nantes, mais aussi pour l’ensemble du football français. Une descente en Ligue 2 marquerait un tournant historique pour le club, qui devra alors reconstruire une équipe compétitive avec des moyens réduits. Quant à Waldemar Kita, son avenir à la tête du club n’a jamais semblé aussi incertain.
Le FC Nantes est actuellement 17e de Ligue 1 avec seulement 31 points, cinq de moins qu’Auxerre, dernier non-relégable. Avec quatre journées restantes, les Canaris doivent obtenir des résultats dans un calendrier difficile (Rennes, Lens, Marseille, Toulouse) pour espérer se maintenir.
Luis Castro a été limogé après seulement 15 matchs en début de saison. Waldemar Kita l’a critiqué pour ses mauvais résultats et son incapacité à éviter la déroute sportive. Castro, aujourd’hui entraîneur de Levante, affiche une moyenne de 1,38 point par match depuis son arrivée.