Le festival de cinéma de Carpentras, prévu pour se tenir en septembre 2026, a été annulé après que la mairie, dirigée par un édile du Rassemblement National, a supprimé sa subvention annuelle allouée à l’événement. Cette décision intervient dans un contexte de restrictions budgétaires, alors que la même majorité municipale avait déjà réduit le financement du Planning familial en juin dernier. Selon Libération, cette mesure s’inscrit dans une tendance plus large observée depuis plusieurs mois au sein de certaines collectivités locales tenues par l’extrême droite.
Ce qu'il faut retenir
- Le festival de cinéma de Carpentras, prévu en septembre 2026, a été annulé après le retrait d’une subvention municipale.
- La mairie, dirigée par un édile du Rassemblement National, justifie cette coupe par des « exigences de rigueur budgétaire ».
- En juin 2026, la même équipe municipale avait déjà réduit le budget du Planning familial.
- Cette décision s’ajoute à d’autres restrictions culturelles mises en place par des mairies d’extrême droite ces derniers mois.
Une subvention culturelle supprimée au nom de la rigueur
Le maire de Carpentras, élu sous l’étiquette du Rassemblement National, a invoqué des « contraintes budgétaires » pour expliquer la suppression de la subvention allouée au festival de cinéma. Cette aide, d’un montant non précisé, représentait jusqu’alors un soutien essentiel à l’organisation de l’événement, qui accueille chaque année des projections et des rencontres professionnelles. Dans un communiqué, la municipalité a rappelé que « la priorité doit être donnée à l’équilibre des comptes publics », sans fournir davantage de détails sur les économies réalisées ou les postes concernés.
Cette décision a suscité des réactions chez les organisateurs du festival, qui dénoncent un « manque de vision à long terme ». « Supprimer une subvention culturelle, c’est fragiliser tout un écosystème local », a souligné un membre de l’association porteuse du projet, qui préfère rester anonyme. De son côté, la mairie n’a pas répondu aux sollicitations pour préciser si d’autres coupes dans le domaine culturel étaient envisagées.
Un précédent déjà observé en juin 2026
Ce n’est pas la première fois que la municipalité de Carpentras réduit ses dépenses sociales ou culturelles. En juin 2026, la même équipe avait déjà annoncé une baisse du budget alloué au Planning familial, une structure offrant des services de santé sexuelle et de soutien aux femmes. La décision avait alors été justifiée par des « ajustements nécessaires » dans le cadre d’un « recentrage des priorités ». Cette mesure avait provoqué des critiques de la part d’associations féministes et de professionnels de santé, qui y voyaient une remise en cause des droits des femmes.
« On observe une tendance inquiétante dans certaines communes gérées par le RN », note un observateur politique. « Après les restrictions dans les associations, les coupes dans la culture pourraient se multiplier. » Les associations locales craignent que cette stratégie ne s’étende à d’autres domaines, comme l’éducation populaire ou les festivals associatifs, traditionnellement soutenus par les collectivités.
Une dynamique nationale qui interroge
Carpentras n’est pas un cas isolé. Depuis l’arrivée de mairies du Rassemblement National ou d’alliances avec ce parti dans plusieurs villes, des réductions de subventions culturelles et sociales ont été signalées. À Hayange (Moselle), Perpignan (Pyrénées-Orientales) ou encore Béziers (Hérault), des coupes budgétaires ont visé des structures artistiques, des maisons de quartier ou des centres sociaux. Selon Libération, cette politique s’inscrit dans une logique de « recentrage des dépenses sur les fonctions régaliennes », bien que les chiffres exacts et les justifications varient selon les territoires.
Certains élus locaux du RN rejettent ces critiques. « Nous ne supprimons pas des budgets par idéologie, mais parce que les finances locales sont exsangues », a affirmé un conseiller municipal d’une ville du Sud-Est, sous couvert d’anonymat. Pourtant, les associations culturelles et sociales dénoncent une « instrumentalisation de la rigueur » pour réduire leur champ d’action, alors que ces structures jouent un rôle clé dans l’animation des territoires et la cohésion sociale.
Cette affaire soulève une question plus large : jusqu’où iront les restrictions budgétaires dans les collectivités tenues par l’extrême droite, et quel sera l’impact sur les politiques culturelles et sociales locales ? Alors que le festival de Carpentras devait se tenir dans moins de trois mois, l’annulation laisse présager des tensions accrues entre les élus et les acteurs de la société civile.
Le montant exact n’a pas été communiqué par la mairie. Les organisateurs évoquent une subvention « essentielle » à l’organisation de l’événement, mais aucun chiffre précis n’a été rendu public.
Selon Libération, des réductions de subventions ont été observées à Hayange (Moselle), Perpignan (Pyrénées-Orientales), Béziers (Hérault) et Carpentras (Vaucluse), entre autres. Ces décisions concernent aussi bien des structures culturelles que des associations sociales.