La mairie de Deauville a assuré n’avoir subi « aucune pression » en retirant, fin août, une photographie représentant un match de football à Gaza du Deauville Sport Images Festival, après qu’elle eut été ciblée par une campagne en ligne menée par le compte Twitter @MikeKrief. C’est ce qu’indique Libération, qui révèle les coulisses de cette décision.

Ce qu'il faut retenir

  • Une photo d’un match de football à Gaza, exposée sans polémique pendant deux mois et demi au Deauville Sport Images Festival, a été retirée fin août.
  • Son retrait fait suite à une campagne menée par le militant pro-israélien Mike Krief, dont le compte Twitter a relayé l’image.
  • La mairie de Deauville affirme n’avoir subi « aucune pression » dans cette décision.
  • L’exposition, installée pour une durée de deux mois et demi, n’avait suscité aucun commentaire jusqu’à cette intervention en ligne.

Une exposition sans histoire avant une campagne en ligne

Présentée dans le cadre du Deauville Sport Images Festival, une manifestation dédiée à l’image sportive, la photographie représentant un match de football dans la bande de Gaza avait été installée pour une durée de deux mois et demi. Aucun incident n’avait été signalé durant cette période, comme l’a confirmé la mairie de Deauville à Libération. Pourtant, fin août, l’image a été prise pour cible par le compte Twitter @MikeKrief, un militant connu pour ses prises de position pro-israéliennes, qui a relayé la photo en la présentant comme un exemple de propagande ou de désinformation.

Cette publication a rapidement suscité une vague de réactions en ligne, poussant l’organisateur du festival à retirer l’image de l’exposition. Interrogée par Libération, la mairie de Deauville a tenu à préciser que cette décision n’avait été motivée par aucune pression extérieure, mais répondait à une volonté de « désamorcer toute polémique ».

Une décision assumée par la mairie, malgré l’absence de pression avérée

Le retrait de la photographie a été présenté comme un acte de prudence par les autorités locales. Contactée par Libération, la mairie de Deauville a rappelé que l’exposition avait été conçue pour mettre en valeur des images sportives, sans dimension politique. « Nous n’avons subi aucune pression », a souligné un porte-parole, tout en reconnaissant que la décision de retirer la photo avait été prise « par souci de neutralité ».

Cette affaire soulève nevertheless des questions sur le rôle des réseaux sociaux dans la censure ou l’autocensure des institutions culturelles. Mike Krief, dont le compte compte plusieurs dizaines de milliers d’abonnés, a souvent utilisé sa plateforme pour critiquer des contenus jugés pro-palestiniens ou anti-israéliens. Son intervention dans cette affaire illustre la capacité des militants à influencer, via les réseaux sociaux, les choix éditoriaux des médias et des institutions.

Et maintenant ?

Pour l’heure, l’organisateur du Deauville Sport Images Festival n’a pas précisé si l’image retirée serait remplacée ou si d’autres clichés feraient l’objet de vigilance accrue. La question du filtrage des contenus exposés, notamment ceux liés à des zones de conflit, pourrait revenir sur le devant de la scène à l’approche de futures éditions du festival. Reste à voir si cette affaire incitera les organisateurs à revoir leurs critères de sélection ou à renforcer les modérations en amont.

Cette polémique intervient dans un contexte où les réseaux sociaux jouent un rôle croissant dans la circulation de l’information, y compris celle liée aux conflits. Alors que les algorithmes amplifient souvent les contenus polémiques, les institutions culturelles pourraient être amenées à adapter leurs pratiques pour éviter les controverses, parfois au détriment de la liberté éditoriale.

Mike Krief est un militant pro-israélien connu pour ses prises de position sur les réseaux sociaux. Son compte Twitter, suivi par plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs, a relayé la photographie du match de football à Gaza, déclenchant une polémique en ligne. Bien que la mairie de Deauville assure n’avoir subi aucune pression, son intervention a conduit au retrait de l’image du festival.