En 2026, les détenteurs de titres financiers hors enveloppe fiscale subissent une imposition renforcée sur les dividendes. Selon Capital, le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) s’élève désormais à 31,4 %, contre 30 % auparavant. Cette hausse provient notamment de l’augmentation de 1,4 point de la contribution sociale généralisée (CSG), destinée à financer la Sécurité sociale. Les épargnants doivent donc repenser leur stratégie d’investissement pour limiter la pression fiscale sur leurs revenus du capital.

Ce qu'il faut retenir

  • Le prélèvement forfaitaire unique (flat tax) sur les dividendes passe à 31,4 % en 2026, contre 30 % en 2025.
  • Cette hausse s’explique par l’augmentation de la CSG de 1,4 point, portant le taux total à 17,2 % pour les prélèvements sociaux.
  • Le Plan Épargne en Actions (PEA) reste une solution avantageuse : après cinq ans de détention, les retraits ne supportent que les 18,6 % de prélèvements sociaux, sans imposition sur le revenu.
  • L’assurance-vie permet d’éviter la flat tax sur les dividendes, avec un taux de prélèvements sociaux maintenu à 17,2 %.
  • Les ETF capitalisants en compte-titres ordinaire reportent l’imposition au moment de la vente des parts.
  • Les actions étrangères sont soumises à des retenues à la source variables, avec un crédit d’impôt pour éviter la double imposition.

Une flat tax alourdie par la hausse de la CSG

Depuis 2018, les dividendes perçus hors enveloppe fiscale sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (flat tax) au moment de leur versement. En 2026, ce taux atteint 31,4 %, comme l’explique Andrea Tueni, expert marché chez Saxo Banque. Cette hausse de 1,4 point résulte de l’augmentation de la CSG, passée de 15,8 % à 17,2 %. « Le prélèvement à la source de 31,4 % s’applique automatiquement au moment du versement du dividende », précise-t-il. Cette mesure renchérit significativement la fiscalité sur les comptes-titres ordinaires, où les dividendes ne bénéficient d’aucun abattement ni report d’imposition.

Le PEA et l’assurance-vie : deux enveloppes fiscales avantageuses

Pour contourner cette imposition, les épargnants peuvent s’appuyer sur des enveloppes fiscales comme le Plan Épargne en Actions (PEA) ou l’assurance-vie. Selon Capital, le PEA permet d’éviter la flat tax : après cinq ans de détention, les retraits ne supportent que les 18,6 % de prélèvements sociaux, l’impôt sur le revenu étant totalement exonéré. Le plafond de versement est fixé à 150 000 € par personne, soit 300 000 € pour un couple. Andrea Tueni souligne : « Ce prélèvement n’est pas appliqué sur le PEA ».

Côté assurance-vie, les dividendes ne sont pas imposés tant qu’ils restent dans le contrat. Les prélèvements sociaux y sont maintenus à 17,2 %, soit 1,4 point de moins que sur le PEA ou le compte-titres ordinaire. À la sortie, après huit ans de détention, un abattement annuel de 4 600 € pour un célibataire (et 9 200 € pour un couple) s’applique sur les gains retirés. « C’est la seule enveloppe à avoir échappé à la hausse de la CSG sur les revenus du capital », indique l’expert de Saxo Banque.

ETF capitalisants et actions étrangères : des alternatives à étudier

Pour les investisseurs restant en compte-titres ordinaire, le choix d’un ETF capitalisant plutôt que distribuant peut réduire la fiscalité immédiate. Contrairement aux ETF distribuants, qui versent des dividendes imposables dès leur perception, les ETF capitalisants réinvestissent automatiquement les revenus. Résultat : aucun dividende n’est perçu, donc aucune flat tax n’est due avant la vente des parts. « L’imposition est simplement reportée au moment de la cession », explique Andrea Tueni. Ce mécanisme est particulièrement utile pour les épargnants souhaitant différer leur imposition.

Les actions étrangères, quant à elles, dépendent des conventions fiscales signées entre la France et les pays concernés. Par exemple, les dividendes d’actions américaines subissent une retenue à la source de 15 %. Un crédit d’impôt, récupérable via le formulaire 2047 lors de la déclaration française, ramène la charge fiscale totale à 31,4 %, alignée sur le taux national. En revanche, pour des pays comme l’Allemagne (jusqu’à 26 %) ou l’Espagne (21 %), le crédit d’impôt est souvent plafonné à 15 %. Les montants excédentaires sont alors perdus, alourdissant la fiscalité.

Une option pour les foyers faiblement imposés : le barème progressif

Les contribuables dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 31,4 % peuvent opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette solution, accessible en cochant la case 2OP de la déclaration, s’applique à l’ensemble des revenus du capital (dividendes, intérêts, plus-values) pour l’année concernée. « L’option est globale, donc elle s’applique à tous les revenus du capital », précise Andrea Tueni. Cette alternative peut être intéressante pour les ménages dont le taux effectif d’imposition est inférieur au taux forfaitaire.

Un arbitrage à effectuer selon son profil

Le choix entre les différentes solutions dépend du profil de l’épargnant. Pour les investisseurs en actions individuelles ou ETF distribuants, la flat tax à 31,4 % s’applique dès la perception des revenus, sauf à utiliser une enveloppe fiscale. Le PEA et l’assurance-vie offrent des avantages clairs, mais avec des contraintes de durée (cinq ans pour le PEA, huit ans pour l’assurance-vie). Les ETF capitalisants, eux, permettent de reporter l’imposition, mais ne conviennent pas aux investisseurs recherchant des revenus réguliers. Quant aux actions étrangères, leur fiscalité varie selon les pays, avec un risque de double imposition partielle.

Et maintenant ?

La hausse de la flat tax à 31,4 % en 2026 devrait inciter les épargnants à réévaluer leur stratégie d’investissement. Les enveloppes fiscales comme le PEA et l’assurance-vie pourraient connaître un regain d’intérêt, tandis que les ETF capitalisants et les actions étrangères feront l’objet d’un arbitrage plus poussé. Les prochaines évolutions fiscales, notamment lors du vote du budget 2027, pourraient apporter de nouvelles modifications. Les épargnants sont donc invités à suivre de près les annonces gouvernementales pour adapter leur portefeuille en conséquence.

Un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes perçus, ce qui évite une imposition immédiate en compte-titres ordinaire. L’imposition est alors reportée au moment de la vente des parts. À l’inverse, un ETF distribuant verse des dividendes imposables dès leur perception, soumis à la flat tax de 31,4 % en 2026.

Oui, il est possible de détenir à la fois un PEA et une assurance-vie. Chacune de ces enveloppes bénéficie d’un régime fiscal distinct : le PEA exonère d’impôt sur le revenu après cinq ans (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent), tandis que l’assurance-vie permet d’éviter la flat tax sur les dividendes et offre un abattement après huit ans de détention. Cette combinaison peut être utile pour diversifier ses investissements tout en optimisant sa fiscalité.