Chaque année, des milliers de Français découvrent à l’occasion d’un bilan sanguin une atteinte hépatique dont ils ignoraient tout. Selon Top Santé, l’organe silencieux qu’est le foie subit en effet les assauts répétés d’alcool, de boissons sucrées ou encore de repas industriels, avant de manifester des signes de fatigue qu’il est souvent trop tard pour réparer. Face à ce constat, des hépatologues recommandent d’agir vite en supprimant en priorité un aliment de son régime, sous peine de voir les lésions s’aggraver irrémédiablement.

Ce qu'il faut retenir

  • Le foie subit en silence les effets de l’alcool, des sodas et des aliments ultra-transformés.
  • Les hépatologues recommandent d’éliminer un type d’aliment en particulier pour préserver son foie.
  • Les lésions hépatiques sont souvent détectées tardivement via des bilans sanguins.
  • Les repas au fast-food et les boissons sucrées figurent parmi les principaux facteurs de risque.

L’organe le plus volumineux du corps humain – pesant entre 1,2 et 1,5 kg chez un adulte – joue un rôle central dans la détoxification, la synthèse des protéines et le stockage des nutriments. Pourtant, il ne dispose d’aucune terminaison nerveuse, ce qui explique pourquoi ses dysfonctionnements passent inaperçus pendant des années. D’après Top Santé, c’est précisément cette absence de signal d’alerte qui rend cruciale une vigilance accrue sur l’alimentation. « Le foie encaisse tout, et les premiers signes de souffrance n’apparaissent que lorsque les cellules sont déjà endommagées », souligne un hépatologue cité par le magazine, qui préfère garder l’anonymat.

Parmi les coupables habituels, l’alcool occupe une place de choix. Consommé de manière régulière, même en quantités modérées, il favorise l’accumulation de graisse dans le foie, un phénomène appelé stéatose hépatique. Mais selon les spécialistes interrogés par Top Santé, une autre catégorie d’aliments mérite une attention toute particulière : les sodas et autres boissons sucrées. Riches en fructose – un sucre particulièrement métabolisé par le foie –, ces produits augmentent le risque de stéatose, mais aussi d’inflammation et de fibrose, deux étapes menant à la cirrhose.

Le fructose industriel, ennemi public n°1 du foie

Le lien entre fructose et maladies du foie n’est pas nouveau. Déjà en 2020, une étude publiée dans le Journal of Hepatology avait montré que les personnes consommant plus de 74 grammes de fructose par jour – soit l’équivalent de deux canettes de soda – avaient un risque accru de 55 % de développer une stéatose hépatique non alcoolique. Selon les hépatologues interrogés par Top Santé, c’est donc ce sucre, omniprésent dans les sodas, les jus de fruits industriels et certains produits transformés, qui doit être éliminé en priorité du régime alimentaire. «

Remplacer un soda par de l’eau, c’est le premier geste simple et efficace pour protéger son foie. Les boissons sucrées sont la première cause de stéatose chez les patients que nous recevons, devant même la malbouffe solide.
» a expliqué un spécialiste sous couvert d’anonymat.

Les repas au fast-food, souvent riches en acides gras trans et en sel, complètent le tableau des aliments à éviter. Leur consommation régulière favorise non seulement la prise de poids, mais aussi l’inflammation chronique du foie. Pour autant, les hépatologues insistent : ce n’est pas tant la fréquence que la nature des aliments qui pose problème. Un burger occasionnel n’est pas un drame, mais une alimentation déséquilibrée sur le long terme, oui.

Quand consulter et quels examens réaliser ?

Le problème, c’est que les symptômes d’une atteinte hépatique – fatigue, douleurs abdominales ou jaunisse – n’apparaissent qu’à un stade avancé. D’où l’importance de surveiller son foie via des bilans sanguins réguliers, surtout après 40 ans ou en cas d’antécédents familiaux. Selon Top Santé, les marqueurs clés à surveiller sont les transaminases (ALAT, ASAT), la gamma-GT et la bilirubine. « Un bilan normal ne signifie pas absence de lésion, mais un bilan anormal doit alerter », rappelle un hépatologue. En cas de doute, une échographie ou une fibroscan peut être proposée pour évaluer l’état du foie.

Les personnes à risque – diabétiques, obèses ou consommant plus de deux verres d’alcool par jour – devraient en outre faire contrôler leur taux de ferritine, un indicateur d’hémochromatose, une maladie génétique favorisant l’accumulation de fer dans le foie. Autant dire que la prévention passe avant tout par une hygiène de vie stricte et un suivi médical adapté.

Et maintenant ?

Si les recommandations des hépatologues sont claires, leur application reste un défi pour beaucoup. Les campagnes de sensibilisation sur les dangers du sucre se multiplient, mais les habitudes alimentaires évoluent lentement. D’ici 2027, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devrait publier de nouvelles directives sur la consommation maximale de sucres ajoutés, un texte qui pourrait influencer les politiques publiques en matière de nutrition. En attendant, les spécialistes encouragent à privilégier les aliments bruts et à limiter les produits industriels, fussent-ils étiquetés « light ».

Reste une question en suspens : jusqu’où les fabricants de sodas iront-ils dans la reformulation de leurs produits pour réduire leur teneur en fructose ? L’industrie agroalimentaire, souvent pointée du doigt, a déjà commencé à réduire les sucres dans certains pays, mais les résultats tardent à se faire sentir à l’échelle mondiale.

D’après les hépatologues interrogés par Top Santé, les jus de fruits, même naturels, concentrent une grande quantité de fructose. Une étude de 2023 a montré que boire un verre de jus d’orange quotidien augmentait le risque de stéatose de 20 % sur dix ans. Les spécialistes recommandent de limiter leur consommation à un verre par jour et de privilégier les fruits entiers, dont les fibres ralentissent l’absorption du sucre.