Sept mois après l’annonce de la création du « Conseil de Paix » pour Gaza, destiné à superviser la reconstruction du territoire palestinien, le fonds dédié reste désespérément vide. Selon Libération, qui s’appuie sur une enquête du Financial Times, seuls quelques millions de dollars ont été déposés sur un compte bancaire indépendant, loin des 71,4 milliards de dollars jugés nécessaires pour financer les travaux. Un déséquilibre criant qui interroge sur l’efficacité réelle de ce mécanisme international.
Ce qu'il faut retenir
- Un total de 71,4 milliards de dollars est requis pour la reconstruction de Gaza, selon les estimations disponibles.
- Le fonds administré par la Banque mondiale dans le cadre du « Conseil de Paix » n’a officiellement reçu aucun versement.
- Seuls plusieurs dizaines de millions de dollars ont été déposés sur un compte bancaire indépendant, hors de ce fonds.
- L’instance a été créée sous l’impulsion de l’administration Trump, sans que les détails de son fonctionnement n’aient été rendus publics.
- Les besoins humanitaires et infrastructurels à Gaza restent colossaux après des années de conflit et de destructions répétées.
Un fonds promis, mais une cagnotte toujours vide
Le « Conseil de Paix » pour Gaza, présenté comme une solution internationale pour coordonner la reconstruction, peine à tenir ses promesses financières. Libération, citant des sources proches du dossier, révèle que le compte dédié au sein de la Banque mondiale n’a enregistré aucun dépôt officiel, malgré les appels répétés des organisations humanitaires. Seuls quelques transferts, estimés à « plusieurs dizaines de millions de dollars », ont été effectués sur un compte séparé, sans lien direct avec l’institution onusienne.
Ce montant, bien que significatif, représente une goutte d’eau face aux besoins estimés. « On parle de 71,4 milliards de dollars nécessaires pour reconstruire Gaza, mais le fonds principal reste à sec », souligne un expert interrogé par le Financial Times. Les raisons de ce retard restent floues : manque d’engagement des pays donateurs, blocages politiques ou simplement des lenteurs administratives ? Aucune explication officielle n’a été fournie à ce jour.
Un mécanisme créé sous l’ère Trump, mais toujours en suspens
Le « Conseil de Paix » a été lancé en grande pompe en novembre 2025, lors d’une conférence internationale organisée à Washington. L’administration américaine de l’époque, dirigée par Donald Trump, en avait fait un pilier de sa stratégie pour le Proche-Orient. Pourtant, près de sept mois plus tard, le projet peine à se concrétiser. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, et les modalités de gouvernance de l’instance restent floues.
Plusieurs pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avaient alors promis des contributions majeures. Mais selon des diplomates cités par Libération, ces engagements n’ont pas encore été formalisés. « Les promesses sont là, mais l’argent ne suit pas », confie une source anonyme. La Banque mondiale, chargée de l’administration du fonds, n’a pas répondu aux demandes de précisions envoyées par notre rédaction.
Les besoins humanitaires à Gaza, toujours plus urgents
Dans l’attente de financements, la situation à Gaza reste critique. Selon l’ONU, plus de 80 % des infrastructures ont été endommagées ou détruites lors des derniers conflits. Les hôpitaux, écoles et réseaux d’eau fonctionnent au ralenti, tandis que près de deux millions de personnes dépendent de l’aide internationale pour se nourrir. « Sans reconstruction, les conditions de vie vont continuer de se dégrader », alerte une ONG présente sur place.
Les organisations humanitaires appellent à une mobilisation urgente. « Chaque jour de retard coûte des vies », rappelle un responsable de l’UNRWA. Pourtant, malgré les appels répétés, les États peinent à honorer leurs promesses. Les tensions géopolitiques, notamment entre les États-Unis et certains pays arabes, pourraient expliquer en partie ce blocage.
En attendant, les habitants de Gaza continuent de payer le prix d’un conflit sans fin. Sans reconstruction, les promesses de paix restent lettre morte.
Le « Conseil de Paix » a été lancé en novembre 2025 lors d’une conférence internationale organisée à Washington. L’initiative émane de l’administration américaine de l’époque, dirigée par Donald Trump, qui en a fait un pilier de sa stratégie pour le Proche-Orient.
Plusieurs pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, avaient annoncé des contributions majeures lors du lancement du fonds. Cependant, selon Libération, ces engagements n’ont pas encore été formalisés sous forme de versements.