Selon Le Monde, Fouzi Lekjaa, actuel président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et ministre délégué chargé du Budget, a franchi une étape décisive dans sa carrière politique en ralliant officiellement le Parti Authenticité et Modernité (PAM) le 25 juillet 2026. Cette adhésion pourrait bien faire de lui le prochain chef du gouvernement marocain, alors que le pays s’apprête à une période de transition politique marquée par des enjeux économiques et sociaux majeurs.
Ce qu'il faut retenir
- Fouzi Lekjaa, président de la FRMF et ministre du Budget, a rejoint le Parti Authenticité et Modernité (PAM) le 25 juillet 2026.
- Son ralliement le positionne comme un candidat sérieux pour le poste de Premier ministre au Maroc.
- Le PAM, fondé en 2008, est un parti centriste qui prône la modernisation de l’économie et des institutions.
- Cette initiative s’inscrit dans un contexte de recomposition politique alors que le Maroc prépare une nouvelle mandature.
- Lekjaa, connu pour son rôle dans le football, marque ainsi une transition vers une carrière institutionnelle de premier plan.
Un acteur clé du football marocain en route vers le gouvernement
Fouzi Lekjaa incarne depuis plusieurs années une figure centrale du football marocain. Nommé à la tête de la FRMF en 2014, il a contribué à moderniser le championnat national et à renforcer la compétitivité des clubs sur la scène internationale. Son engagement politique, bien que plus récent, s’inscrit dans une logique de diversification de son influence. En parallèle de ses fonctions à la FRMF, il occupe depuis 2021 le poste de ministre délégué chargé du Budget, une position qui lui a permis de se familiariser avec les mécanismes de l’action publique.
Son adhésion au PAM, un parti fondé par l’ancien premier ministre Fouad Ali El Himma, un proche du roi Mohammed VI, ne relève pas du hasard. Le PAM, qui se présente comme un parti « moderne » et « pragmatique », mise sur des profils technocrates pour incarner sa ligne politique. Lekjaa, avec son profil d’ancien haut fonctionnaire et son expérience dans le sport, correspond à cette vision. « Il incarne une nouvelle génération de dirigeants capables de concilier efficacité économique et ancrage social », analyse un observateur politique marocain cité par Le Monde.
Le PAM, un parti en quête de renouvellement
Le Parti Authenticité et Modernité, créé en 2008, a connu des hauts et des bas depuis sa fondation. Porté à l’origine par des figures proches de la monarchie, il a souvent été perçu comme un parti de l’establishment. Pourtant, ces dernières années, le PAM a tenté de se repositionner en mettant en avant des candidats issus de la société civile ou du secteur privé, comme c’est le cas avec Lekjaa. Ce choix stratégique vise à élargir son électorat et à séduire les jeunes générations, tout en maintenant une ligne politique modérée et réformiste.
Le ralliement de Lekjaa intervient alors que le Maroc traverse une période charnière. Les prochaines élections législatives, prévues pour 2026 ou début 2027, s’annoncent comme un scrutin clé pour déterminer la prochaine direction du pays. Le PAM, qui a déjà participé à plusieurs gouvernements de coalition, pourrait jouer un rôle pivot dans les prochains mois. « Le parti cherche à s’imposer comme une force incontournable pour les prochaines échéances », souligne un analyste politique interrogé par Le Monde.
Un précédent qui interroge
Le cas de Fouzi Lekjaa n’est pas isolé au Maroc, où plusieurs personnalités issues du sport ont basculé vers la politique ces dernières années. En 2011, l’ancien footballeur Mbark Boussoufa avait été élu député, tandis que d’autres athlètes ou dirigeants sportifs ont occupé des postes dans l’administration. Cette tendance reflète une volonté des pouvoirs publics de s’appuyer sur des profils charismatiques pour porter des réformes dans des secteurs aussi variés que l’éducation, la jeunesse ou l’économie.
Pour autant, cette transition soulève des questions sur l’équilibre des pouvoirs et la place du sport dans la gouvernance. « Le football est un vecteur d’influence considérable au Maroc. Son instrumentalisation à des fins politiques n’est jamais anodine », rappelle un universitaire spécialiste des institutions marocaines. Reste à savoir si Lekjaa parviendra à transformer cette influence en levier d’action publique durable.
Une chose est certaine : son parcours, s’il aboutit, marquera une nouvelle étape dans l’histoire politique du royaume. Et pourrait, pourquoi pas, inspirer d’autres figures du sport marocain à suivre la même voie.
D’ici la fin de l’année 2026, Fouzi Lekjaa devra d’abord s’imposer comme le candidat officiel du PAM pour le poste de Premier ministre lors des primaires internes. Si son parti obtient de bons résultats aux prochaines législatives, prévue en 2026 ou début 2027, son nom pourrait être proposé au roi Mohammed VI pour former un nouveau gouvernement avant la fin de l’année.
Fondé en 2008 par Fouad Ali El Himma, proche du roi Mohammed VI, le PAM est un parti centriste qui prône la modernisation économique et institutionnelle. Il a déjà participé à plusieurs gouvernements de coalition et cherche à se repositionner en intégrant des profils issus de la société civile ou du secteur privé, comme c’est le cas avec Fouzi Lekjaa.