Le gouvernement a acté une revalorisation du plafond des franchises médicales pour les patients, qui passera de 100 à 140 euros par an à compter de 2026. Cette mesure, justifiée par l’inflation constatée depuis 2025, s’inscrit dans le cadre d’un décret dont les modalités ont été précisées ces derniers jours. Selon Franceinfo - Santé, cette hausse de 40 % vise à mieux refléter l’évolution des dépenses de santé, un plafond qui n’avait pas été révisé depuis 2005.

Ce qu'il faut retenir

  • Le plafond des franchises médicales et participations forfaitaires sera relevé à 140 euros par an, contre 100 euros actuellement.
  • Cette hausse se répartit en 70 euros maximum pour les franchises (médicaments, actes paramédicaux, transports sanitaires) et 70 euros pour les participations forfaitaires (consultations, examens).
  • L’ancien plafond n’avait pas été ajusté depuis 2005, soit plus de vingt ans.
  • Cette mesure est critiquée par des associations de consommateurs, qui dénoncent un impact sur les patients les plus fragiles, notamment les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques.
  • Le gouvernement invoque la nécessité de maîtriser les dépenses de santé pour justifier cette revalorisation.

Une hausse justifiée par l’inflation, mais contestée par les associations

Pour l’exécutif, la décision de porter le plafond à 140 euros s’explique par la prise en compte de l’inflation depuis la dernière révision en 2005. Comme le rapporte Franceinfo - Santé, cette hausse de 40 % reste modérée au regard de l’évolution des prix sur la période. Pourtant, cette mesure suscite des critiques, notamment de la part des associations de défense des consommateurs.

Éric Adachowsky, président de la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie), dénonce une « double punition » pour les patients les plus vulnérables. « Les gens que ça va pénaliser, ce sont des gens qui sont âgés parce qu’ils ont besoin de médicaments et des gens qui sont peut-être moins âgés mais qui ont des maladies longues et graves », a-t-il expliqué. « Non seulement ils sont malades, non seulement ils sont vieux, non seulement ils sont pauvres, mais en plus ils vont payer. »

Un impact réel pour les patients les plus dépendants des soins

À 83 ans, Suzanne Camus illustre le profil des patients concernés par cette mesure. Consommatrice régulière de médicaments, elle cumule depuis des années des franchises médicales et des participations forfaitaires. « Quand vous avez une retraite et que vous avez tout ça à payer, pour moi c’est un coup », confie-t-elle à Franceinfo - Santé. Pour elle, chaque euro compte, et cette augmentation représente une charge supplémentaire difficile à absorber.

Selon les calculs de l’association CLCV, les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques seront les premières touchées. Avec des revenus souvent modestes, ces patients devront arbitrer entre leurs besoins en santé et leurs autres dépenses vitales. Autant dire que pour certains, cette hausse ne sera pas neutre.

Les franchises médicales : de quoi parle-t-on exactement ?

Les franchises médicales désignent les montants restant à la charge des patients après remboursement de l’Assurance maladie. Elles s’appliquent notamment sur les médicaments, les actes paramédicaux (kinésithérapie, infirmiers) ou encore les transports sanitaires. De leur côté, les participations forfaitaires concernent les consultations chez le médecin, les examens ou certains actes médicaux.

Jusqu’ici, le plafond annuel de ces dépenses était fixé à 100 euros. Désormais, il sera porté à 140 euros, avec une répartition précise : 70 euros pour les franchises et 70 euros pour les participations forfaitaires. Cette distinction permet de mieux cibler les postes de dépenses concernés.

Une mesure dans la lignée des ajustements récents en santé

Cette revalorisation s’inscrit dans un contexte plus large de maîtrise des dépenses de santé. Depuis plusieurs années, l’État cherche à réduire le déficit de la Sécurité sociale en ajustant les mécanismes de participation des assurés. En 2025 déjà, des discussions avaient eu lieu pour réviser ces plafonds, mais la mesure avait été reportée.

Selon les estimations du gouvernement, cette hausse permettrait de générer des économies tout en maintenant un accès aux soins pour tous. Cependant, les associations rappellent que les patients les plus modestes pourraient être les premiers à réduire leurs dépenses de santé par nécessité, au risque de compromettre leur état de santé.

Et maintenant ?

Le décret officialisant cette mesure devrait être publié d’ici la fin de l’année 2026, pour une application au 1er janvier 2027. Aucune date précise n’a encore été communiquée, mais les associations de consommateurs ont d’ores et déjà annoncé qu’elles suivraient de près les répercussions de cette hausse sur les ménages. Des recours ou des propositions d’amendements pourraient émerger lors des débats parlementaires à venir.

En attendant, les patients concernés sont invités à anticiper cette augmentation en adaptant leur budget santé. Pour les plus précaires, des aides existent déjà, comme la Complémentaire santé solidaire, mais leur mobilisation dépendra de la connaissance qu’ils en ont.