Le président de l’Union populaire républicaine (UPR) et ancien candidat à l’élection présidentielle, François Asselineau, a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles sur deux de ses collaborateurs, selon Le Figaro. Cette décision judiciaire intervient près de six ans après les premières plaintes déposées en 2020, dans une affaire qui a connu plusieurs rebondissements judiciaires.
Ce qu'il faut retenir
- François Asselineau, 68 ans, doit répondre de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles par personne abusant de son autorité, sur deux collaborateurs différents.
- Le renvoi en correctionnelle fait suite à l’annulation, en avril 2026, d’un non-lieu obtenu par l’intéressé en décembre 2024.
- Les faits remontent à mai et juin 2020, période à laquelle deux collaborateurs ont déposé plainte contre l’homme politique.
- Asselineau avait été mis en examen dès 2021 avant de bénéficier d’un non-lieu, décision contestée par le parquet.
- L’avocat de François Asselineau, Me Pierre Darkanian, n’a pas souhaité réagir immédiatement après l’annonce de cette décision.
Une affaire judiciaire complexe aux multiples rebondissements
François Asselineau, figure politique connue pour ses prises de position souverainistes et son engagement au sein de l’UPR, avait été mis en examen en 2021 dans le cadre de cette procédure. À l’époque, les investigations portaient sur des allégations de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles commises sur deux collaborateurs au sein de son parti, selon les éléments rapportés par Le Figaro.
Après plusieurs années de procédures, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a rendu, le 7 avril 2026, un arrêt infirmant l’ordonnance de non-lieu prononcée en décembre 2024 par les juges d’instruction. Cette décision a finalement conduit à son renvoi devant le tribunal correctionnel, où il devra répondre des faits qui lui sont reprochés.
Les chefs d’accusation détaillés et les faits reprochés
Selon les informations judiciaires obtenues par l’Agence France-Presse (AFP), François Asselineau devra répondre devant la justice de deux chefs d’accusation distincts. D’une part, il est poursuivi pour harcèlement sexuel et agression sexuelle, les deux infractions étant aggravées par l’abus d’autorité lié à sa position de supérieur hiérarchique. D’autre part, une tentative d’agression sexuelle, également aggravée par l’abus d’autorité, est retenue à son encontre.
Les faits reprochés se seraient déroulés en mai et juin 2020. Deux collaborateurs de François Asselineau avaient alors déposé plainte contre lui, entraînant l’ouverture d’une enquête préliminaire. Ces procédures avaient abouti à sa mise en examen un an plus tard, avant que les juges d’instruction ne prononcent un non-lieu en fin d’année 2024, décision rapidement contestée par le parquet de Paris.
Un contexte politique marqué par la préparation de l’élection présidentielle de 2027
François Asselineau, qui fête ses 68 ans en 2026, a officiellement lancé sa campagne pour l’élection présidentielle de 2027 fin mars de cette année. À ce titre, il est l’un des premiers candidats à s’être déclarés en vue de ce scrutin, dans un paysage politique français déjà très concurrentiel. Son renvoi en correctionnelle intervient donc à un moment charnière, alors que son parti, l’UPR, tente de se repositionner sur l’échiquier politique.
Contacté mardi 19 mai 2026 par l’AFP, Me Pierre Darkanian, son avocat, s’est refusé à tout commentaire dans l’immédiat, confirmant ainsi que la défense n’avait pas encore pris position publiquement sur cette décision judiciaire. La stratégie juridique d’Asselineau reste donc à préciser dans les semaines à venir, alors que la procédure correctionnelle pourrait s’ouvrir dans les mois qui viennent.
Un parcours judiciaire déjà marqué par plusieurs retournements
Cette affaire illustre les difficultés rencontrées par les systèmes judiciaires lorsqu’ils traitent des plaintes pour agressions sexuelles, notamment dans un contexte où l’accusé occupe une position de pouvoir. Après une mise en examen en 2021, François Asselineau avait obtenu un non-lieu en décembre 2024, une décision qui avait suscité des réactions contrastées dans le milieu politique et associatif. Le parquet avait immédiatement fait appel de cette ordonnance, estimant que les éléments à charge justifiaient un procès.
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a donc infirmé ce non-lieu, considérant que les faits reprochés méritaient une audience publique. Cette décision rappelle que, dans les affaires de harcèlement et d’agressions sexuelles, les procédures peuvent être longues et complexes, entre enquêtes, expertises et recours juridiques successifs.
Sur le plan politique, cette affaire pourrait également avoir des répercussions sur la campagne d’Asselineau. Alors que son parti milite pour une ligne souverainiste et eurosceptique, cette procédure judiciaire pourrait influencer la perception de son image publique et, le cas échéant, ses alliances ou soutiens au sein de la droite ou de l’extrême droite. La stratégie de communication du candidat et de son équipe sera donc à suivre de près dans les prochains mois.
François Asselineau devra comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre des faits de harcèlement sexuel, d’agressions sexuelles et de tentative d’agression sexuelle qui lui sont reprochés. La date du procès n’a pas encore été fixée, mais il pourrait intervenir d’ici la fin 2026 ou début 2027. La défense disposera d’un délai pour préparer ses arguments avant l’audience.